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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 17:52

Bonjour les amis,

Je viens de terminer cette semaine la lecture de LOLA BENSKY de Lily Brett prix Médicis étranger 2014.

Un livre en grande partie autobiographique ( qui m' a été offert par une bonne amie) et qui m' a fait plonger avec délice au coeur des années pop et rock durant les années 60 en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Voici un résumé:

Londres 1967 : Lola Bensky, jeune journaliste pour le magazine australien Rock-Out, n a que 19 ans quand elle se retrouve au coeur de la scène musicale la plus excitante du moment !
Sans diplôme mais douée, trop grosse et toujours au régime, trop sage pour les sixties, quelles questions cette drôle de fille qui ne connaît rien au rock, n a jamais étudié le journalisme et dont le seul bagage et pas des moindres est d être l enfant de deux survivants d Auschwitz, va-t-elle bien pouvoir poser à ces rock stars en devenir ?
Armée de son magnétophone et tartinée de fond de teint, Lola observe, écoute, écrit. À Londres, elle parle bigoudis avec Jimi Hendrix et sexe avec Mick Jagger. À Monterey, elle échange avec Mama Cass sur leurs régimes respectifs et aborde l amour entre filles, la drogue et l alcool avec Janis Joplin. Un jour, elle prête même ses faux-cils à Cher...
Subtiles, drôles, personnelles, les questions s enchaînent, dévoilant des portraits inattendus de ces dieux du rock, mais révélant surtout la quête identitaire que Lola mène inconsciemment. Épouse, mère, aut
eure reconnue, Lola Bensky continue à s interroger sur ce qui fait la force d un être humain.

La deuxième mort de Mama Cass...

Voici ce qu' en dit une internaute:

Nous sommes dans les années 60. Lola Bensky est une jeune journaliste qui travaille pour le magazine Rock-Out, un magazine de musique australien. Née juste après la guerre dans un camp de transit allemand, Lola a vécu et a été élevée en Australie. Elle est la fille d'Edek et Renia, deux juifs polonais, survivants d'Auschwitz.
Elle n'a pas eu une enfance comme les autres...et tout la ramène à ces terribles événements qui ont rendu muets ses parents et troublé son enfance.
Renia et Edek ne lui ont pourtant pas épargné certains de leurs souvenirs : à quatre ans elle savait déjà précisément ce qui se passait dans les chambres à gaz, à tel point que le jour de l'appel à l'école, elle court se cacher...
A 19 ans à peine elle interviewe les groupes les plus connus du moment à Londres mais aussi à New York, Los Angeles : Jimi Hendrix, Mick Jagger,Cat Stevens, Janis Joplin, Sonny and Cher, Jim Morrison...
Ils ne l'impressionnent pas vraiment car ils ont le même âge ! Elle les questionne avec candeur sur leur enfance, leur rapport avec leurs parents, leur vie quotidienne et pas vraiment leur musique. Car sans diplôme particulier et n'ayant jamais eu d'expérience journalistique, elle ne sait pas que leur poser comme question car, en plus, elle n'y connaît rien en musique rock !
Complexée par son poids, elle se met constamment au régime et se cache sous un maquillage trop abondant et maladroit (et des faux-cils très à la mode à l'époque !). Elle n'en est pas moins craquante...
Armée de son magnétophone, elle écoute ces rock-stars en devenir, parler de leurs problèmes et de leur vision du monde, de musique, de drogue, de sexe et nous raconte en détails ses interviews...
On les découvre sous un autre visage, plus humain.
Mais pour Lola, la confrontation avec ce monde composé uniquement d'hommes est une véritable révolution. Elle se surprend à leur parler d'elle-même, de son sur-poids et de ses régimes, de son enfance, de ses parents et des camps.
Ils lui donnent leurs avis sur la question d'une manière toujours très honnête, la taquinent souvent, et la draguent parfois...
Peu à peu elle reconstitue les pièces du puzzle qu'elle avait commencé à assembler durant son enfance, reconstituant les pièces manquantes de sa vie familiale, peuplée des fantômes de ses dix parents disparus (oncles et tantes), tous victimes de la Shoah...une famille entière.
Comment vivre en portant ainsi les souffrances de ses parents et leur culpabilité d'avoir survécu à leur famille ?
Alors Lola, pour avancer dans la vie, fait des listes, de régimes à suivre ou des membres de sa famille disparue, c'est selon...
Le roman est un constant va-et-vient entre l'enfance de Lola, les sorties en famille, la vie quotidienne de ses parents, avec les amis ou connaissances de la famille, leurs silences ou les bribes de souvenirs des camps.
Puis le roman revient vers les interviews et les découvertes de Lola sur les stars, leur maison ou leur vie et enfin, elle nous raconte quelques instants passés avec ses amies journalistes ...
Malgré le drame présent en toile de fond tout au long du roman, c'est un livre pudique, empli de bienveillance et d'humanité, qui vous fera aussi beaucoup rire, tant l'héroïne est d'une naïveté désarmante et touchante.
Le rire est le penchant du drame, la légèreté de la gravité et c'est ce qui fait la force de ce roman.
Car finalement Lola ne sait pas comment vivre avec tout ça enfoui au fond d'elle. Elle questionne les autres pour y voir plus clair en elle-même...
Elle a beau se faire draguer par des chanteurs qui deviendront populaires, se lier d'amitié avec Cher, elle n'en est pas moins très mal dans sa peau, se trouve trop grosse (surtout aux yeux d
e sa mère pour qui la grosseur est synonyme de "corruption") et n'y connaît rien au sexe.
Des années après, elle va souffrir de crises d'angoisse voire de panique, de vertiges paralysants, d'insomnies, d'agoraphobie et toujours faire de fréquents cauchemars.
Elle va souvent avoir des fantasmes éveillés où elle sauve quelqu'un de proche, ou un parfait inconnu, d'un accident, arrête une hémorragie, soigne des plaies...et se retrouve félicitée par les proches.
Ce roman, bouleversant est largement autobiographique.
C'est une petite merveille qui se lit toute
seule.
Pour en savoir plus...

http://www.babelio.com/livres/Brett-Lola-Bensky/607703​

A la fin du roman Lily Brett raconte une anecdote terrible au sujet de Cass Elliott, la chanteuse de Mamas & the papas qui souffrait d'une obésité, dûe très sans doute à un dérèglement hormonal contre lequel il n' y avait pas de vraie solution.

La deuxième mort de Mama Cass...

Mama Cass, fera contre mauvaise fortune bon coeur et saura traiter avec humour cet énorme handicap durant toute sa vie...un handicap qui lui aura fait perdre des opportunités professionnelles dans sa jeunesse.Elle compensera cette injustice grâce à son talent qui s' imposera...

En 1974, elle meurt d'une crise cardiaque à Mayfair à Londres, après deux semaines de représentations à guichets fermés au Palladium. Quatre ans plus tard, le batteur des WHO Keith Moon meurt dans la chambre où Cass Elliot avait succombé, lui aussi à l'âge de 32 ans.

Des mauvaises langues, apprenant son décès, firent courir le bruit qu’elle s’était étouffée avec un sandwich : la police, en effet, en avait retrouvé un, à moitié mangé, dans sa chambre ; or, à l’autopsie, aucune espèce de nourriture ne fut retrouvée dans la trachée. Plus prosaïquement, on raconte qu’elle fut victime dans son sommeil d’une crise cardiaque. En réalité elle mourut d’athérosclérose (ou artériosclérose), une affection liée à son problème de poids.

Et là, les amis, on se dit que la vie est terriblement injuste.Non seulement Mama Cass a souffert toute sa vie d' une maladie qui faisait sourire son public, mais, en plus, même au moment de sa mort, il y aura des rumeurs humiliantes sur les motifs du décès...Rumeurs qui seront répercutées également par Zappa dans une de ses chansons et par Austin Powers dans l' un de ses films parodiques...

On pleure la mort d' Hendricks. de Brian Jones, de Janis Joplin, de Keith Moon, etc...mais on continue de railler les gros et les grosses même quand le destin les frappe durement.

On les humilie même quand ils ne sont plus là pour rectifier des rumeurs infondées.

C' est , comme disait Jean Yanne, tout simplement dégueulasse...

Qui plus est, on sous-entend de façon pernicieuse que le destin a frappé Mama Cass , de manière biblique et divine: punie par là où elle a pêchée.C' est tout simplement révoltant !

Alors, oublions la médisance imbécile de ceux qui ont la chance de ne pas savoir ce que c' est que de souffrir d' une maladie ou d' une injustice génétique qui affecte l' apparence physique, et réécoutons Mama Cass et sa voix extraordinaire.

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commentaires

fatizo 16/05/2016 18:32

Je ne connais pas cette Lola Bensky .Mais par contre j'avais entendu parlé de la mort de Mama Cass du à des problèmes de poids.
Je crois qu'il n'y a plus qu'un seul membre du groupe en vie, la seconde fille.
Quant au surpoids, nous vivons dans la société du paraître; il ne fait pas bon être différent .
Bonne soirée l'ami.

alea-jacta-est 16/05/2016 19:50

C' est un roman qui sent le vécu comme on dit.Lily Brett nous replonge bien dans l' ambiance de ces années.Quand elle rencontre Janis Joplin, celle-ci lui demande quelles sont ses gouts en matière sexuelle, et Lily est tellement inhibée qu' elle n' avait jamais envisagé que le sexe puisse être " une affaire de gouts"..Elle décrit bien l' ambiance du Monterey pop festival et, pendant la lecture, je me suis amusé à aller revoir les clips disponibles sur le net.
Enfin, durant ces années-là nait une certaine dorme de dandysme, de gout pour les fringues extravagantes, alors pour ceux qui avaient un physique hors-norme ce n' était pas simple de percer...A cette époque les problèmes poids commencent à devenir une obsession pour les femmes.Pas de gros ou de grosses sur les pochettes de disque.Ça ne fait pas vendre !
Bonne fin de soirée l'ami

L. Hatem 14/05/2016 01:01

En faite, l'artériosclérose existe chez l'obèse et chez le maigre... Cest un problème de dépôts de graisse (cholestérol) sur la paroi interne des artères, ce qui va diminuer la lumière du tuyau progressivement jusquà l'occlusion... Si ça arrive dans une artère coronaire, ça donne un infarctus (crise cardiaque)... Ça peut arriver dans n'importe quelle artère, au cerveau, au cou (les carotides) aux jambes, aux artères qui irriguent les différents organes (infarctus intestinal)... Et souvent à plusieurs endroits en même temps.
Dommage pour tous ces talents morts en pleine jeunesse après avoir brillé un instant pour notre bonheur. Il reste leurs enregistrements pour l'éternité.

alea-jacta-est 14/05/2016 07:32

Merci pour toutes ces précisions
Les maigres ne sont pas à l' abri mais malgré tout c' est bien l' obésité qui tuera Mama Cass.Le rapport du médecin légiste indique:
Official Cause of Death: Fatty Myocardial Degeneration due to Obesity. Natural Causes.
Par ailleurs on sait que l' espérance de vie d' une personne comme elle qui pèsera au pire moment 130 kg est considérablement réduite.
Mama Cass, conmme toutes les stars du rock de son époque, n' avait probablement pas une vie saine mais ce n' est certainement pas son appétit qui était la cause de son obésité.
Bon samedi l' ami

L. Hatem 14/05/2016 01:59

Dans toutes les facs de médecine ont raconte la même anecdote aux externes... Que lors de la guerre du Vietnam, on a autopsié des soldats de moins de 20 ans et on a trouvé des athéromes (bouchons de graisse) dans leurs arthères... produit de la mal bouffe depuis petit en occident.

rosemar 13/05/2016 19:35

Une magnifique chanteuse, une voix pleine de sensibilité et d'émotion... Dans nos sociétés du paraître, il ne fait pas bon d'être gros, en effet... La beauté passe par une minceur considérée comme élégante, et les gros sont souvent ostracisés. C'est encore une injustice, une de plus...

Belle soirée, AJE

alea-jacta-est 13/05/2016 20:09

Le livre de Lily Brett, est largement autobiographique car elle a réellement rencontré les personnages dont elle parle.Elle les a rencontrés plusieurs fois à Londres et aux Etats-unis( notamment au Monterey pop festival), au début de leur carrière et quand celle-ci est déjà bien lancée.Par ailleurs l' auteure vit ses problèmes de poids comme une obsession qui la culpabilise aux yeux de sa mère rescapée des camps.Lily Brett a de longues converstaions dans le roman avec Mama Cass au sujet de leurs régimes respectifs...alors, quand elle balance l' anecdote réelle de la rumeur du sandwich à la fin du roman, on ressent un vrai malaise.

Les gros font rire même quand ils meurent...

Bonne fin de soirée l' amie