Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 19:05

Bonjour les amis

 

Suite à toutes les critiques dithyrambiques au sujet du dernier film de Tarantino, je n' ai bien évidemment pas pu m' empêcher d' aller vérifier par moi-même si ce dernier opus était digne d' autant d' éloges.

 

Avant de parler de Django, j' aimerais revenir sur Inglorious Bastards qui était un faux-film de guerre très décevant, qui commençait par un mauvais pastiche de western-spaghetti pour finir dans un délire aussi violent qu' invraisemblable..

Dès les premières images de Django on voit tout de suite les références au western-spaghetti, et on se rend compte immédiatement queTarantino nous refait le coup d' inglorious Bastards, mais cette fois-ci, les méchants nazis sont remplacés par les méchants racistes du Sud des Etats-Unis en 1858.

 

Je ne vais pas vour raconter l' histoire, mais simplement vous dire que le récit est très bien mené, de main de maître, de manière linéaire, que le film est très drôle et plein des scènes d' humour très décalé et très tarantinesques jusqu' à la dernière minute.Le rythme et l' intérêt sont maintenus pendant les 2h et 45 minutes et on peut saluer la perdormance de l' auteur.

Beaucoup d' humour décalé, disais-je.....ça c' est le meilleur.

 

Le problème c' est que rapidement, pendant la projection, un autre sentiment de gêne et de malaise prédominent également.

 

Tout d' abord parlons de la psychologie des personnages.Là, Tarantino ne fait pas dans la dentelle: on a droit à des caractères très stéreotypés avec des méchants bien méchants  et des renégats absolument odieux.Tarantino nous sert des personnages entiers  comme dans KILL BILL qui n' ont que très peu d' épaisseur psychologique..

 

Par ailleurs il utilise une ficelle un peu grosse qu' on retrouve dans beaucoup de films américains plein de bonnes intentions comme par exemple  celui de Taylor" la couleur des sentiments": il inclut dans un contexte historique du passé, avec des mentalités arriérées,un personnage "moderne" qui pense comme un spectateur de notre époque et qui aurait la même sensibilité que lui...outre l' invraisemblance dudit personnage et des situations, c' est une manière un peu facile et peu rigoureuse de défendre son propos antiraciste...reconnaissons malgré tout que cette astuce dont les metteurs en scène abusent a le mérite d' amener 99% des "décalages" et des scènes drôles... 

 

Tarantino ne peut s' empêcher de faire 50 000 références à d' autres oeuvres, et là, on imagine bien que tous ceux qui ont une culture cinématographique seront ravis de bien capter les LOURDS clins d' oeil, mais , en même temps, on ne peut s' empêcher de penser qu' à force de citations, il finit par oublier lui-même de travailler la propre originalité de son oeuvre...Cela devient du cinéma au second degré...un film qui parle d' autres films...une espèce de "métalangage "cinématographique...Comme si dans une symphonie de Beethoven on n' arrêtait pas de retrouver des formules de Bach et de Mozart.

De plus Tarantino utilise les bonnes recettes de ses anciens films (ses fans les reconnaîtront), et d' une certaine manière, il se plagie lui-même...là, on commence à tourner en rond ( je pense notamment au personnage raciste interprété par Dennis Hooper dans True Romance produit par Tarantino et celui de di Caprio dans Django). 

 

Enfin, il y a un aspect du film qui est plus qu' agaçant encore.A force de vouloir être démonstratif, Tarantino invente d' horribles scènes et, notamment des épouvantables combats à mort de " gladiateurs noirs" au service des blancs..et là, sur un sujet aussi grave on se dit qu' il n' a pas le droit de ne pas respecter la véracité historique des faits.

De tels combats n' ont jamais existé.Voici un lien sur ce sujet ( mandingo fights):

Les blancs esclavagistes ont suffisamment de crimes sur la conscience pour ne pas en inventer d' autres qui n' ont jamais existé...ça ne fait que décrédibiliser le propos...et cela donne aussi l' occasion au metteur en scène de succomber à l' un de ses pêchés mignons favoris: la violence gratuite qui n' amène ABSOLUMENT RIEN à l' intérêt du film.

 

Donc, et malgré ces quelques réserves, je conseillerai malgré tout à ceux qui me lisent d' aller voir ce film qui est quand même bien meilleur et bien plus riche qu' inglorious bastards ...

 

Bon, je vous laisse les amis, car je vais voir LINCOLN sur les bons conseils de notre ami Fatizo.A demain donc...

 

django-20unchained-20tarantino.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by alea-jacta-est
commenter cet article

commentaires

rosemar 10/02/2013 18:15


Je n'apprécie pas le côté violent et gratuit d'un certain cinéma américain : de l'action à tout prix, du sang, des combats..Pour les reste, je ne suis pas fan de Tarentino et de ce type
de cinéma...le côté manichéen, s'il ne débouche pas sur un message est gênant aussi...


Belle soirée AJE

alea-jacta-est 10/02/2013 18:53



Bonjour Rosemar


Tarantino a réussi à créer un genre à lui tout seul, et sa violence stylisée fait partie de son esthétique( on notera comme l' a fait remarquer LH que le sang gicle de plus en plus fort...mais ça
c' est plutôt rigolo).Par ailleurs Tarantino a réussi le tour de force de porter les films de série B au plus haut niveau..il leurs a rendu leurs lettres de noblesse.


Les quelques réserves pas bien méchantes que j' émets sur DJANGO ne doivent pas faire oublier que c' est un film d' une incroyable drôlerie,magnifiquement interprété
et servi par d' excellents dialogues ...le tout sur un rythme échevelé..avec un très bon équilibre entre les les scènes parlées et les scènes d' action..


Sans vouloir te raconter l' histoire, Tarantino se permet le luxe de réadapter le mythe de Siegfried dans le sud profond des Etats-unis...Fallait oser ! Son imagination et sa verve sans limites
sont déchaînées...Rien que pour ça DJANGO mérite le détour.Même avec ses défauts, c' est un film INCONTOURNABLE.


En fait,depuis hier, j' ai conseillé à tous les amis de mon entourage d' aller le voir...sauf aux âmes vraiment trop sensibles qui ne supportent absolument pas l'
hémoglobine.


Alors, tu pourrais me demander, pourquoi as-tu écrit un tel billet? C' est simple: je suis tellement fan de Tarantino que j' attends de sa part qu' il se renouvelle complètement ,qu' il me
surprenne et qu' il me serve un film complètement original...Je voudrais qu' il tente un truc à la KUBRICK..un film absolument imprévisible et qui n' ait rien à voir avec toutes les productions
antérieures.


Bonne fin de soirée Rosemar


 



L. HATEM 09/02/2013 22:21


Bonsoir AJE,


J'ai bcp aimé ce film, sauf lorsque le sang jicle loin... ça c'est pas naturel !


Waltz je l'adore dans tous ses films, et il joue toujours des personnages d'un cynisme... !!!


Bon WE l'ami

alea-jacta-est 10/02/2013 00:19



Al le sang qui gicle ! C' est devenu une marque de fabrique...c' est ce qui permet à Tarantino de donner un côté kitsch à sa violence et de la styliser comme dans une BD.Notons qu' à la fin
du film il y a une scène très drôle avec Django qui se réfugie pendant une fusillade derrière un corps qui est à terre et qui reçoit tous les tirs...et donc , à chaque impact le sang gicle une
fois, deux fois, trois fois, quatre fois etc..et à chaque fois avec de grosses quantités d' hémoglobine projetées en l' air.


Tarantino fait une brève apparition tout comme Hitchcock le faisait dans ses propres films( encore un clin d' oeil)..et se fait sauter à la dynamite!! encore une fois , on est en pleine rigolade
et dérision tarantinesque


Tous les acteurs sont très bons et , effectivement l' interprétation de Christoph Waltz est excellente ( tout comme dans inglorious bastards).C' est surtout lui qui amème l' humour décalé dont je
parle dans le billet.


Bon dimanche à toi



fatizo 09/02/2013 09:26


C'est drôle AJE, mais il y a quelques semaines j'ai lu une critique du film, et du cinéma de Tarantino en général, dans Marianne je crois, qui était proche de la tienne, mais encore plus sévère .
Le critique faisait les mêmes réserves que toi sur ce film . 


Perso, je ne suis pas très ammateur de son cinéma, je ne peux donc être un critique très objectif, ayant beaucoup de mal à rentrer dans son univers .


J'espère juste ne pas t'avoir mené sur une mauvaise piste avec Lincoln .


Bonne séance et bon WE à toi .

alea-jacta-est 09/02/2013 11:56



Tu as écrit un excellent papier sur LINCOLN auquel je ne peux que souscrire.C' est une formidable leçon de " real-politique"...Impossible de guider une grande nation sans parfois mettre les mains
dans le cambouis...Le matheux que je suis a bien apprécié la petite référence géniale au principe Euclidien d' égalité...


Enfin, je me suis découvert un point commun avec LINCOLN: lui comme moi adoront les anecdotes dont j' abuse parfois dans mes cours..Je vais revisionner ce film quand il sortira en DVD pour le
voir en VO et ne pas en perdre une miette...


Bon WE fatizo et bravo pour ton article


PS: Moi je suis fan de Tarantino comme Mary mais si je pouvais lui parler je lui proposerai un défi.Je lui dirais:


" Quentin, essaie de faire un film où il n' y a pas un seul coup de feu, ni la moindre goutte de sang, et où on entend pas une seule fois le mot Fuck ! Je suis sûr que tu es capable de faire un
chef d' oeuvre qui satisfasse les 3 conditions préalables que j' ai énoncées....Relève le défi Quentin !!!"



Mary Blue 09/02/2013 01:07


Bonsoir AJE, 


j'ai bien aimé Django, avec ses outrances, la scène terrible des molosses ...


et le combat des  mandingues horrible aussi,  mais quant à  lui reprocher des


"arrangements" avec le réel, je ne vois pas qu'on puisse lui en faire grief, vu  


qu'il ne fait pas un film historique ...   donc il  peut s'autoriser des


invraisemblances


et aussi 


 sans ça son scénar deviendrait  bancal,


puisque la recherche d'un combattant lui sert d'alibi pour masquer son intention


réelle  !


Bonsoir AJE, j'espère que le Lincoln t'as plu, je suis comme Fatizo j'ai aimé aussi


et son article est superbe, 


bon dimanche @+Mary

alea-jacta-est 09/02/2013 11:46



Bonjour Mary


Moi j' adore Tarantino, et c' est le motif pour lequel il m' agace un peu quand il se laisse aller à la facilité.Tarantino est un surdoué qui parfois gâche un peu son talent.Pour moi son scénario
est invraisemblable de la première jusqu' à la dernière minute de son film, mais on l' aime pour d' autres qualités qui ont été abondamment commentées dans toute la presse.


Quant à la véracité historique, là c' est le prof un peu rébarbatif qui va te répondre:des personnes comme toi ou moi savent parfaitement faire la part des choses et séparer ce qui est le réel de
ce qui est le délire tarantinien, mais c' est n' est pas le cas de mes élèves adoslescents qui prennent beaucoup de choses au premier degré et à qui il faut resituer les faits et
les mettre en perspective.Le mensonge sur la fin d' Hitler d' inglorious bastards est sans conséquence, vu que tout le monde sait parfaitement que celui-ci est mort dans son bunker et , par
ailleurs ça ne change pas la perception qu' on a d' Hiler, mais ce n' est pas le cas avec les mandingo fights...Je n'ose pas imaginer comment le film pourrait être perçu par les jeunes blacks et
les jeunes blancs aux etats-unis...Tous les blancs étaient racistes à l' époque, mais tous n' étaient pas des monstres sadiques et pervers considérant les noirs comme moins que des
chiens..C' était des blancs capitalistes qui utilisaient les noirs pour leur force de production et qui étaient convaincus que ceux-ci étaient des être inférieurs créés et voulus comme tel
par Dieu..


Ce qui me permet de faire le lien avec LINCOLN qui est est absolument magistral...l' interprétation de Day-Lewis est aussi hallucinante de mimétisme et de vérité que celle de l'acteur qui a
interprété Gainsbourg..


Bon WE Mary