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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 18:51

Bonjour les amis,

Parmi les archétypes de personnages qui font partie de notre vie quotidienne, il y a celui du bricoleur.

On pourrait presque séparer l' humanité en deux blocs bien distincts.Il y a:

1- Les bricoleurs

2- Ceux qui ne savent pas planter un clou

C' est très réducteur mais souvent c' est votre entourage direct vous classe de manière abusive et simplificatrice dans une de ces deux catégories ( moi ce serait plutôt la 2).

Quant aux bricoleurs, on peut les classer eux-mêmes en deux sous-catégories.

1-a) Il y a les bons bricoleurs appréciés par leur entourage car généralement ils sont très altruistes et toujours prêts à vous filer un coup de main pour réaliser une réparation ou installation un peu délicate.Ils sont d' un bon secours aussi quand vous vous retrouvez en plein désarroi avec plus de mille pièces sur le plancher en train d' essayer de monter un meuble IKEA.

1-b) Et puis il y a les mauvais bricoleurs, ceux qui sont pleins de bonne volonté mais pas nécessairement doués et dont la qualité des réparations ou installations laisse quelque peu à désirer.En espagnol, on a un mot pour désigner ces bricoleurs un peu trop " bricolos " qui bâclent le travail de manière négligée.On dit chapucero, prononcer "chapoucero"...se faire traiter de chapucero n' est évidemment pas un compliment.

Revenons aux bons bricoleurs.Ils ont tous un petit pêché mignon.Ils adorent installer des nouveaux accessoires mais généralement leur domicile n' offre pas suffisemment de volume de travail pour qu' ils puissent exercer leur passion à temps complet.

Du coup, ils ont tendance à vouloir changer trop vite dans la maison des aménagements qui n' ont pas encore vraiment vieilli , ou alors à suréquiper et surcharger leur habitat d' éléments techniques un peu superflus ou d' une utilité douteuse.

Dans les années 60-70 mon père a eu sa période bricoleur et comme il avait un sens de l' esthétique un peu discutable, ça donnait souvent lieu à des petits accrochages pas bien méchants avec ma mère.

Mon père avait un caractère très pacifique mais un peu tètu,et il finissait toujours, tôt ou tard, par mettre à éxécution ses idées de réformes dans notre logement.

Du coup, il m' arrivait souvent d' entendre maman chantonner de manière ironique dans la maisonnée:

" Mon Dieu quel malheur, mon Dieu quel malheur d' avoir un mari qui bricole

Mon Dieu quel malheur d' avoir un mari bricoleur"

C' est une chanson écrite par Brassens interprétée par Patachou et qui décrit de manière ironique les excès de zèle de certains maris bricoleurs...Notez au passage l' effet très drôle des choeurs masculins qui ponctuent les phrases de Patachou par " Boîte à outils".

Le refrain fredonné par ma mère ne gênait pas plus que ça mon père qui continuait imperturbablement ses petits travaux, complètement absorbé et concentré sur son objectif final.

Ce mois de Juillet je suis allé chez maman, et elle m' a fait une remarque qui m' a rappelé ces moments de la vie familiale où elle taquinait mon père et reprenait ces couplets de Brassens dans la maison ( avec un certain talent car elle a toujours eu un joli brin de voix).

Alors que nous étions sur la terrasse, ma mère me dit qu' elle va demander à un électricien de lui changer la position de l' interrupteur de la lumière.En effet lors de la réforme de la terrasse realisée par mon père ( bien avant son décès) il l' avait laissé un peu trop haut ce qui oblige ma mère à se hisser sur la pointe des pieds pour pouvoir l' actionner.

Maman me dit:

" Tu te rends compte...ton père savait que je mesure un mètre cinquante et il va me coller cet interrupteur la haut,à une hauteur presque inaccessible pour moi !!!

J' en ai marre, je vais le faire changer..."

On s' est tous marré évidemment, en pensant à la manière très particulière qu' avait papa de voir les choses de son point de vue, en oubliant certains détails évidents comme celui-ci.Ceci dit, et en y réfléchissant à deux fois, je me suis dit que la hauteur n' était pas si mal calculée car ma mère peut atteindre cet interrupteur en faisant de lègères tractions sur ses pieds. ce qui est, comme chacun sait, un excellent exercice quotidien pour les articulations et pour la circulation sanguine.

A mon avis, cet interrupteur il ne faudrait pas le changer mais je crois bien qu' à l' heure où j' écris ces lignes l' électricien est passé par là et l' a déjà réinstallé à une hauteur plus accessible.

Qu' il en soit ainsi donc, mais dans ce cas,qu' on me laisse au moins rendre un dernier hommage au génie bricoleur, non reconnu de son vivant et trop souvent sous-estimé, de mon Papa...

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 08:44

Bonjour les amis,

Quand on parle des caractéristiques vocales des grands chanteurs on se réfère avant toute chose à leur tessiture, à savoir l' étendue des notes qu' ils peuvent chanter de la plus grave à la plus aigüe.Si vous décidez un jour de prendre des cours de chant, la première chose que vérifiera votre professeur c' est l' étendue de votre tessiture ( ça lui prendra 5 minutes).

Bien évidemment de nombreux grands chanteurs comme Freddie Mercury ou Sting possèdent une tessiture assez étendue un peu hors-norme.Rosemar me rappelait que Ella Fitzgerald pouvait couvrir 3 octaves : c' est très impressionnant.

Voici les différentes catégories vocales représentées sur un clavier de piano

En général une voix normale peut couvrir 2 octaves

En général une voix normale peut couvrir 2 octaves

Le problème pour les hommes ( plus que pour les femmes) c' est que leur registre change au cours du temps.Il y a une voix AVANT la puberté et APRÈS la puberté...Les changements hormonaux et anatomiques feront que le registre baissera notablement.Il existait une tradition un peu " barbare" entre les XVI ème et XVIII ème siècle qui permettait de castrer les enfants qui avaient avait une voix extraordinaire afin qu' ils ne la perdent pas.Farinelli fut l' un des plus célèbres d' entre eux.

NB: contrairement à ce que pensent de nombreuses personnes la castration n' empêchait leurs victimes de pouvoir bander l' arc de Cupidon et d' avoir des rapports sexuels...

Donc je vous disais qu' à l' époque de la puberté la voix des hommes baisse, mais le phénomène ne s' arrête pas là en général.Avec l' âge de très nombreux chanteurs qui ont commencé comme ténor ou baryton baissent encore un peu.Le ténor finit presque baryton et le baryton finit chez les basses.

C' est exactement ce qui s' est produit pour moi mais avec des circonstances aggravantes. En effet,des excroissances amygdaliennes complètement atypiques ont étouffé ma voix peu à peu, et m' ont obligé à passer sur le billard en 1995 pour les enlever.

L' otorino qui m' a opéré, professeur de la faculté d' une cinquantaine d' années, m' avait dit que c' était les plus grosses excroissances qu' il avait jamais vu de sa carrière professionnelle.Triste record dont je me serais bien passé.A la suite de cette intervention qui a quand même nécessité une trachéotomie qui m' a fait respirer par un petit trou dans la gorge pendant 15 jours, mon registre a encore perdu davantage.Moralité, je me suis retrouvé comme un pinson à qui on a coupé le sifflet.J' ai entrepris il y quelques années une rééducation de ma voix avec cours de chant hebdomadaires, ce qui m' a permis de récupérer deux tons et demi, ce qui n' est pas mal quand même.Normalement en tant que Basse je devrais arriver à un MI mais à partir du RE dièse et parfois à partir du DO dièse je commence à souffrir.

Pour vous résumer mon itinéraire vocal un peu inhabituel disons qu' à la base quand j' avais onze ans, j' étais soliste de ma chorale avec une voix aigüe donc, et j' avais eu l' occasion de chanter le PETIT TAMBOUR ...sur le même registre que Nana.

Et que maintenant, je peux plutôt chanter ceci

Je vous précise que je n' ai quand même pas la technique impeccable de ce chanteur là

Avouez que le contraste entre les deux morceaux est saisissant !

Bien évidemment, en tant que fan de Bach, j' adore cette pièce du magnificat mais malheureusement pour moi, plus de 99% de ce que me plaît en général et que j' aimerais bien interpréter est devenu complètement hors d' atteinte ...

Un romantique comme moi vendrait son âme au diable rien que pour pouvoir interpréter par exemple " Una bella serenata" de Mozart dans son opéra COSI FAN TUTTE

Mais malheureusement c' est impossible, et du coup, je me retrouve un peu comme le BARBIER DE BELLEVILLE, ce barbier sympa mais un peu pathétique interprété par Reggiani.Souvenez-vous de cette chanson très drôle, en forme de clin d' oeil au brillant barbier de Séville de Rossini .

Et oui, ce barbier là rêve d' interpréter les plus beaux airs d' opéra. Il voudrait mais il ne peut pas...

Je m' identifie beaucoup à lui et je reprendrai juste une phrase de la chanson que je fais mienne à 100 %.

" Je fais un métier que j' adore

Mais je voudrais chanter toréador "

Je précise pour ceux qui ne me connaissent pas que je ne vis pas avec amertume cette frustration qui m' empêche d' aborder les répertoires classiques et rock que j' aime.Je chante toutes les semaines dans une chorale qui m' apporte beaucoup de bonheur et j' écoute toujours avec ravissement mes collègues qui peuvent atteindre des cimes inaccessibles pour moi.

Et puis quand on est un " barbier de Belleville" on est un grand chanteur d' opéra dans sa tête.On sait exactement comment on interprèterait certaines pièces si on disposait de l' organe nécessaire pour le faire.On chante mentalement et le rêve continue dans notre esprit.Bien souvent le rêve est aussi important que le réel.

JE M' IMAGINE DONC JE SUIS !

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 15:33

Rebonjour les amis,

Juste un petit coucou en passant.La plupart d' entre vous a sans doute déjà vu cette vidéo donc ce mini-post s' adresse surtout à ceux qui, comme moi, seraient passés à côté...

Une minute trente quatre secondes de pur bonheur...j' adore !

Que celui qui n' a jamais pompé le discours ou les idées d' un autre lui jette la première pierre !

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 07:43

Bonjour les amis,

Hier soir j' ai vu une petite info qui m' a mis de bonne humeur.

Felicia en a marre d’être jugée sur son apparence. La jeune femme de 20 ans à la longue chevelure blonde et à la poitrine 34DD a écrit un essai viral sur la perception des autres à l’égard de sa beauté.

L’étudiante de l’université Fordham, à New York, a partagé ses états d’âme dans un billet publié par Cosmopolitan.

«Être perçue comme une belle personne n’est pas facile, écrit-elle. C’est ainsi que les gens me perçoivent. Ils oublient ou ignorent ainsi tous mes accomplissements.»

Felicia explique qu’elle est une athlète douée intellectuellement et très ambitieuse. Par contre, les personnes qui croisent son chemin n’ont pas envie de mieux la connaître. Elle demeure toujours la «jolie fille blonde».

À l’adolescence, on lui a recommandé de cacher ses courbes sous des vêtements amples ou bien de se vanter de ses exploits en abordant les autres.

«J’ai tenté de changer mon apparence et ma personnalité pendant des années afin qu’on m’apprécie pour autre chose que ma beauté», raconte la jeune femme qui se fait harceler lors de ses déplacements dans la rue ou dans le métro. Certains individus vont jusqu'à lui dire ce qu'ils aimerait faire avec elle au lit, présice-t-elle.

Celle qui s’autoproclame une «fille très fille» remet toujours en question ses choix vestimentaires afin de ne pas être trop sexy, même si elle adore porter des chaussures à talons hauts et des jupes.

Pourtant, elle ne se considère pas comme une personne très attirante et elle ne croit pas que les hommes vont systématiquement se retourner sur son passage.

«Je ne demande qu’à être respectée, à la fois pour mon corps que pour mon esprit, car croyez-le ou non, il y a quelque chose au-delà de mon apparence», conclut-elle.

Pour les anglophones voici ses déclarations en VO.Jugez par vous-même:

“Imagine how it feels to have heads turn and all eyes on you when you are simply trying to get to where you need to be,”

“It doesn’t make me feel beautiful or sexy. It makes me feel like there’s something wrong with me. The scrutiny is never-ending.”

“People seemed to forget or simply ignore my accomplishments. They disregarded the fact that I’m an athlete, I’m intelligent, and I’m incredibly ambitious,”

“I demand to be respected, both my body and my mind, because believe it or not, there’s more to me than just my looks,” she said.

Inutile de vous dire mes amis que ces déclarations ont déchenché des dizaines de réactions hilares, moqueuses et irrévérencieuses sur les réseaux sociaux et que la pauvre Felicia en a pris plein la figure.

Tou d' abord , et pour mieux saisir le problème de Felicia, regardons quelques unes de ses photos, et là, prière de ne pas rire...un peu de respect svp pour les gens qui souffrent de leur beauté.

Au secours ! je suis trop belle...
Au secours ! je suis trop belle...
Au secours ! je suis trop belle...

Reprenons depuis le début Felicia.Je ne sais pas qui vous a dit que vous étiez belle mais comme disent certains internautes il vous reste encore du travail avant d' y arriver...J' ai pas dit non plus que vous étiez moche ( vous êtes très bien comme ça et surtout ne changez rien), mais sur l' ensemble des clichés que vous nous avez montré vous n' êtes pas le genre de fille sur laquelle les hommes se retournent en oubliant les règles élémentaires de savoir-vivre (à moins que vous ne passiez devant certains esquimaux qui viennent de souffrir trois mois de solitude sur la banquise avec des phoques pour seule compagnie...).

Il y a donc une sorte de problème d' auto-estime, d' ego surdimensionné, de perception erronée de vous-même, et ça , ça se traite plutôt chez un bon psy qui pourrait vous permettre de mieux vous resituer.

Malgré tout je tiens à vous remercier Felicia car , comme je l' ai dit en préambule, vous m' avez mis de bonne humeur( ce qui n' est pas très facile vue l' actualité du moment) car je suis sans cesse confronté à des jeunes filles qui ont juste le problème contraire au vôtre et qui tombent dans l' excès inverse.Elles sont sans cesse insatisfaites de leur physique.Oui, des jeunes filles obsédées par leur image et qui font une fixation sur certains aspects de leur anatomie.

Certaines ne sont pas satisfaites de leurs formes, de leurs fesses, de la taille de leur poitrine ( c' est un thème qui mériterait un billet à lui tout seul).Je précise que pour les hommes normalement constitués il n' y a pas qu' un seul type de poitrine qui ait leurs faveurs ( certaines petites poitrines ont plus d' attrait que d' autres à priori plus avantagées...tout est une question de silhouette).

D' autres font des fixations sur certaines petites imperfections de leur anatomie que personnellement je trouve ridicules et sans aucune importance.

Il y a une dictature de la mode qui crée des frustrations stupides chez des dizaines de millions de jeunes filles qui pourraient profiter de la vie dans leur bel état naturel tel quel le créateur les a conçues.

Si on donnait aux chirurgiens esthétiques la possibilité de remodeler l' ensemble de la population féminine, nous serions tous entourés de petites " Barbies" aussi excitantes qu' une armée de poupées gonflables...

Enfin sachez, chère Felicia, que les personnes qui sont vraiment belles, le savent et ne s' en plaignent pas.Elles utilisent souvent leur beauté et leur sensualité comme un pouvoir pour séduire ( voire manipuler) leur entourage.Le meilleur exemple étant sans doute la petite scène de décroisette de jambes de Sharon Stone dans BASIC INSTINCT.Une demi-seconde de décroisette qui arrive à annuler momentanément toutes les fonctions cérébrales analytiques chez l' homo sapiens sapiens moyen.La même scène exécutée par Josiane Balasko, Claire Chazal, Léa Salamé ou Florence Foresti ne produira pas le même effet.

Enfin, et pour vous remercier chère Felicia je vous dédie une petite chanson vieillote à l' humour un peu désuet certes, mais qui, à son époque aussi, m' avait mis de bonne humeur.

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 07:00

Bonjour les amis,

Cette fois-ci c' est Fabrice Luchini qui vient en remettre un couche sur l' image stéréotypée et détériorée de ma région natale à grands coups de déclarations polémiques.

Stéréotypes sur le Nord Pas-de-Calais ...ou quand Fabrice Luchini en remet une couche

Voici ce qu' il vient d' affirmer lors de la présentation du film "L' Hermine"

"C'est une région où la République a disparu. C'est un coin de misère sociale où les gens boivent beaucoup et votent Front national.C'est un pays abandonné par la France, un îlot de désespérance."

Bon là, il ne fait pas dans la dentelle le camarade Fabrice.Notons qu' avant lui Catherine Deneuve avait déclenché une autre polémique au sujet du dunkerquois.

Elle avait, dans une interview au magazine Elle, associé la ville du Nord à la tristesse, aux cigarettes et à l'alcool.

Cette affaire d' image c est une longue histoire qu' il faut reprendre à la base.Tout ça a commencé avec GERMINAL le chef d' oeuvre de ZOLA qu' on ne présente plus mais qui laissera une image profonde et misérabiliste du Nord gravée dans toute la mémoire collective du pays.

NB: pour la petite histoire sachez que je suis né dans le village qui a servi au tournage.La maison du Maheu qu' on voit à la 30 ème minute est collée à la maison d' une de mes tantes.

L' un des figurants du film ( celui qui prend à partie Renaud à 1 h 59 min 43 sec) est un ancien camarade de classe.

La majorité des films ultérieurs situés dans le Nord n' échapperont pas à ces clichés et continueront de véhiculer une image peu reluisante de ma région natale.J' en prends deux au hasard: le film de Maurice Pialat, PASSE TON BAC D' ABORD.

Ou alors, ÇA COMMENCE AUJOURD' HUI de Bertrand Tavernier.Tous mes collègues espagnols m' ont parlé de ce film tourné à Hernaing près de chez moi aussi.

Eux l' ont vu... mais pas moi.

Puis, d' un seul coup il y a eu le film de Dany Boon BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS qui, sur le ton de la comédie drôle remettait un peu les pendules à l' heure créant parfois une espèce d' engouement excessif pour ma région...J' avais forcément l' impression qu' on tombait d' un excès à l' autre mais bon, ça faisait du bien aussi...

Alors que penser de cette dernière déclaration de Luchini ?

Et bien je ne peux pas dire que son constat soit faux.Son ressenti est correct dans de nombreuses localités de la région.Bien évidemment la crise est passée par là depuis une trentaine d' années et a laissé toute une partie de cette population industrieuse dans le désoeuvrement et le désenchantement.J' ai travaillé un an à Hénin Beaumont et je n' ai pas été surpris par le score du front national: certaines causes produisent toujours les mêmes effets ( fort pourcentage immigré+ taux de chômage très élevé = xénophobie galopante).

Dans ma région du valenciennois pourtant assez dynamique, il y a des cités où la précarité et la misère se font sentir de manière bien " palpable".On peut parler aussi de misère morale de personnes sans vrai espoir qui ne survivent que grâce aux subsides de l' Etat.

Malgré tout, ce tableau est bien évidemment très réducteur.La région qui a subi de plein fouet la crise du charbon, du textile et de l' acier ( rien que ça !!!...) a su aussi se tourner vers l' avenir et se reconvertir en pariant sur les nouvelles technologies.La sidérurgie continue encore mais cette fois-ci avec des aciers très performants.TOYOTA a choisi Valenciennes pour produire les véhicules vendus dans toute l' Europe ( ils sont installés dans le village de ma maman, juste à Saint-Saulve qui est tout, sauf une ville triste).

Il y a aussi l' environnement qui n' est pas fait que de tristes agglomérations urbaines.

Je suis né près de la forêt de Wallers-Arenberg qui abrite un petit lac classé réserve ornithologique et je peux vous assurer que certains départements français entiers ne possèdent pas une seule forêt, je dis bien une seule forêt, qui lui soit comparable.

Forêt de Raismes

Forêt de Raismes

Forêt de Raismes

Forêt de Raismes

Il y a aussi un Nord rural avec des villes comme Le Quesnoy où il fait bon vivre, des villes qui peuvent parfaitement symboliser la douce France de Trenet.

Alors, pourquoi cette mauvaise image qui colle à la peau ?

Il y a le climat bien sûr, mais qui n' est pas pire que celui de l' Angleterre ou du Nord de l' Allemagne.En fait il ne fait pas vraiment froid et c' est plutôt un climat humide.J' adore l' automne dans le Nord avec ses paysages et ses horizons drapés dans des voiles de brumes grises et diaphanes.

Il y a aussi le fait que les nordistes sont peut-être les premiers à la véhiculer cette mauvaise image, trop habitués qu' ils sont à idéaliser un peu les autres régions.Il y a encore une fois un problème de haine de soi.Je le ressens parfois parmi mes potes du Nord qui aiment bien se moquer d' eux-mêmes, de leur patois,ou du simple fait d' être restés au pays et de ne pas avoir mis les bouts.

Je terminerai en disant que je suis allé dans le valenciennois il y a quelques semaines et que j' y ai passé un excellent séjour.J' ai pas trouvé les gens déprimés, au contraire, j' ai vu beaucoup de visages souriants.

Et puis vous dire aussi que le Nord me manque parfois et que je ressens le besoin régulier d' aller m' y ressourcer...Je suis un peu comme les saumons qui gardent gravés dans leur ADN leur lieu de naissance et sentent le besoin irrépressible d' y retourner.

Alors, que puis-je ajouter de plus aux propos excessifs de Luchini ?

Et bien j' ai l' impression qu' entre son tableau caricatural et celui faussement merveilleux d' Enrico Macias, il y a un juste milieu qu' on n' arrive pas à trouver,mais que les nordistes ne devraient pas se prêter à la polémique...Ces déclarations ne méritent pas de réponse.Tant qu' on se justifie et qu' on demande des rectifications ou des excuses, c' est qu' on fait une espèce de complexe d' infériorité...Il faut avoir confiance en la simple vérité qui n' est ni blanche ni noire mais quelque part entre gris clair et gris foncé.Venez dans le Nord et faites-vous vous même votre propre opinion sur la question.

Moi je n' ai ni honte, ni fierté d' être ch'ti...mais je suis CH' TI jusqu' à la moelle.

Bruce Sprinsgsteen chantait dans les années 80 " Born in the USA" et bien moi je pourrais scander avec le poing rageur levé bien haut " BORN IN BASSIN HOUILLER !!!! " Oh yeaaaaah !

PS: Je vous laisse sur un souvenir de la fin du repas de mariage de ma nièce célébré dans le Nord le 25 Juillet dernier.A 6 heures du mat' et après avoir dansé toute la nuit sur des musiques modernes, on a fait un grand cercle en se tenant la main bien haut, et en chantant, en nous balançant de droite à gauche:

" Au Nord, c' était les corons..."

Un beau moment de communion avec tous ces jeunes qui sont aujourd' hui éparpillés en France et dans le monde,cadres,ouvriers,fonctionnaires,professeurs,médecins, ingénieurs, techniciens mais qui n' ont pas oublié l' histoire de leurs parents.

Je resterai avec cette belle image, celle d' une jeunesse Nordiste qui se projette vers l' avenir de manière forte et confiante et qui n' oublie pas l' histoire et les sacrifices du passé.

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 07:29

Bonjour les amis,

Il est des chansons qui nous reviennent en tête de forme naturelle et récurrente, des chansons qu' on n' a même pas besoin de réécouter vraiment sur notre chaîne hi-fi car on les entend de manière intérieure et intime. On se les chantonne mentalement et notre esprit fait le reste.

Pour moi '74-'75 des CONNELL'S écrite en 1993 fait partie de ces chansons-là, mais écoutons d' abord, si vous le voulez bien, cette superbe ballade folk mélancolique.

Got no reason for coming to me in the rain running down.
Il n'y a aucune raison de venir me voir sous la pluie
There's no reason.
Il n'y a aucune raison.
And the same voice coming to me like it's all slowin down.
Et la même voix qui me revient comme si tout ralentissait
And believe me -
Et crois moi -

I was the one who let you know
J'étais le seul qui t'as fait savoir
I was your sorry-ever-after. '74-'75.
Pour toi j'aurai été celui qui était désolé après tout. '74-'75.

It's not easy, nothing to say 'cause it's already said.
Ce n'est pas facile, il n'y a rien à dire car tout a déjà été dit.
It's never easy.
Ce n'est jamais facile.
When I look on your eyes then I find that I'll do fine.
Quand je regarde dans tes yeux alors je me sens bien.
When I look on your eyes then I'll do better.
Quand je regarde ds tes yeux alors je me sens mieux.

I was the one who let you know
J'étais le seul qui t'as fait savoir
I was your sorry-ever-after. '74-'75.
Pour toi j'aurai été celui qui était désolé après tout. '74-'75.
Giving me more and I'll defy
Donne m'en plus et je défierai
'Cause you're really only after '74-'75.
Pour toi j'aurai été celui qui était désolé après tout. '74-'75.

Got no reason for coming to me in the rain running down.
Il n'y a pas de raison pour venir vers moi sous la pluie battante.
There's no reason.
Il n'y a aucune raison.
When I look on your eyes then I find that I'll do fine.
Quand je regarde dans tes yeux alors je trouve que je serais bien.
When I look on your eyes then I'll do better.
Quand je regarde dans tes yeux alors je serais meilleur.

I was the one who let you know
J'étais le seul qui t'as fait savoir
I was your sorry-ever-after. '74-'75.
Pour toi j'aurai été celui qui était désolé après tout. '74-'75.
Giving me more and I'll defy
Donne m'en plus et je défierai
'Cause you're really only after '74-'75.
Pour toi j'aurai été celui qui était désolé après tout. '74-'75.

I was the one who let you know
J'étais le seul qui t'as fait savoir
I was your sorry-ever-after. '74-'75.
Pour toi j'aurai été celui qui était désolé après tout. '74-'75.
Giving me more and I'll defy
Donne m'en plus et je défierai
'Cause you're really only after '74-'75.
Pour toi j'aurai été celui qui était désolé après tout. '74-'75.

'74-'75
'74-'75

'74-'75
'74-'75

'74-'75
'74-'75

Commençons par la musique.La chanson est construite sur 4 accords DO majeur-FA majeur-SOL majeur-La mineur

Tous les guitaristes reconnaitront la formule 1-4-5 que les musicos parisiens appellent dans leur jargon " anatole".C' est une progression harmonique hyperbateau sur laquelle 90 % des chansons de variété sont construites.Dave explicait à tata Fogiel que les trois quarts des chansons de l' Eurovision sont écrites sur des schémas de ce type...Presque tout Brassens,Béart, etc...est composé sur des anatoles.

Donc d' un point de vue harmonique on est sur une autoroute, quelque chose que notre oreille a entendu des milliers de fois...oui mais il se produit un petit miracle.D' abord la phrase d' intro à la guitare qui permet de lancer la mélodie: un beau riff à la Neil Young parfaitement efficace...Ensuite il y a la mélodie qui vient se greffer sur ce schéma harmonique.Une mélodie belle et mélancolique qui a des respirations naturelles.Par ailleurs les arrangements soignés apportent une autre dimension par rapport à la musique folk traditionnelle pure et dure.Les synthés créent une ambiance chorale qui donne de la profondeur et même un certain lyrisme tragique à la chanson surtout au moment où le chanteur dit : " I was the one who let you know....".Il se produit comme un frisson.

Passons au texte maintenant.

Je crois que c' est une chanson dont je n' ai jamais vraiment compris le sens précis des paroles mais justement, c' est cette indéfinition qui participe de son charme et de son magnétisme...Ce sont des phrases que j' arrive à coller sur plusieurs situations personnelles provoquées par la tristesse,la mélancolie, l' acceptation des choses telles qu' elles sont et qui ne seront jamais telles qu' on aimerait qu' elles soient.C' est une chanson où tout est dans le non-dit et la suggestion...un texte minimaliste qui parle de soi , de sa responsabilité et de la lucidité qu' on a de sa propre nature profonde...

J' y sens aussi le regret exprimé auprès de certaines personnes qui nous perçoivent d' une manière plus belle que ce que nous sommes réellement.

Il y a aussi la nostalgie du temps passé et qui ne sera plus jamais comme avant...la perte de l' innocence et de la naïveté.

On sent que l' auteur a dû provoquer une énorme déception ou souffrance chez un être qu' il a aimé et qui suscite en lui encore aujourd' hui des émotions profondes. Seulement voilà, reprendre l' histoire provoquerait les mêmes échecs...C' est une chanson qu' on pourrait intituler " On s' est trompé d' histoire d' amour" mais ce serait sans doute trop réducteur.

Quand on parle de cette chanson avec les personnes qui en sont fan, on se rend compte que chacun la comprend à sa manière et finalement c' est bien mieux comme ça.

PS: Comme il y a souvent des blocages de vidéos en France pour problèmes de droit je remets cette chanson sur une autre page.Deux précautions valent mieux qu' une...

PS nº2 :

74-75 ce sont aussi mes années lycée.De belles années fleur bleue...éternellement amoureux...avec de belles musiques, et notamment l' album HARVEST de Neil Young réécouté 50 millions de fois et qui a bercé toute une génération de babas cools.Quand on ne savait pas comment aborder une belle jeune fille dans une soirée, une nana migonne et sympa, à l'aise dans ses jeans délavés, sentant le patchouli et se roulant une cigarette avec du tabac Samson , il y avait toujours la question nulle et un peu bateau:

- T' aimes bien Neil Young ?

- Bin oui, évidemment mon con...Qui n' aime pas Neil Young ?

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Published by alea-jacta-est - dans musique chanson folk nostalgie
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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 09:43

Bonjour les amis,

Vous vous souvenez tous de cette chanson de Graeme Allwright.Qui a tué davy Moore ?

Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?

C' était une très bonne adaptation française d' une chanson de Dylan.A la fin du texte, on se rendait compte que finalement tout le monde ( ou presque) était coupable.

Aujourd' hui quand on se pose le même genre de question au sujet du drame syrien on n' a d' abord le sentiment d'un imbroglio inextricable.Une petite synthèse s' impose sur l' évolution du conflit depuis le printemps arabe de 2011.

Il y a plusieurs acteurs intérieurs:

- forces loyalistes

- forces rebelles elles-mêmes scindées en 2 mouvements dont l' un qui est kurde

- forces islamistes radicales scindées également en plusieurs mouvances

Et acteurs extérieurs:

- Les Etats-Unis et l' Europe qui ont appuyé les rebelles et pris le risque de destabiliser Bachar El Assad sans en mesurer vraiment tous les risques

- La Russie et la Chine qui soutiennent fidèlement le régime d'un allié historique

- Les pays voisins qui pour l' essentiel aident les forces radicales islamistes

Voici un document didactique qui explque tout en 5 minutes.Regardez-le, il en vaut la peine.

Ce qui est frappant sur ces 4 dernières années ce sont les louvoiements dangereux des américains et des européens.En effet, on a vu Obama soutenir les rebelles,brandir la menace d' une intervention et finalement faire marche arrière sous la pression des russes.On a vu la France proposer une intervention pour stopper le conflit mais qui s' est retrouvée toute seule abandonnée par les britanniques et les allemands.L' Europe, fidèle à elle-même, a démontré une fois de plus sa complète incapacité à définir une politique étrangère commune ( ça devient sa marque de fabrique depuis le conflit yougoslave...c' en est presque rassurant).

Donc on se retrouve en 2015, quatre ans plus tard, 250 000 morts plus tard, avec une situation humanitaire dramatique, et John Kerry , ainsi que de très nombreux diplomates européens comme le ministre espagnol Margallo, qui disent qu' il faut reprendre les négociations avec Bachar El Assad.

Sans vouloir faire de l' humour noir il semblerait que le dirigeant syrien soit redevenu notre interlocuteur privilégié pour la saison 2015-2016...

A la lumière des 4 dernières années,il devient évident que les principaux acteurs occidentaux ont commis des erreurs d' appréciation dramatiques.Je ne sais pas si Obama et quelques autres dorment bien la nuit...s' ils se considèrent avoir été à la hauteur de la situation.

Vous pourrez me répondre que c' est très facile de critiquer après coup, une fois qu' on connait toutes les conséquences de certaines décisions mais avouez, chers amis, que toutes les initiatives prises nous ont amené au pire des scénarios possibles.

On a envie de dire à l' ensemble de nos dirigeants: "Plus incompétent tu meurs..."

Lino Ventura disait dans l' armée des ombres: " Bande de jean-foutres..."

Quant à la question " Qui a tué Davy Moore ?" , ou plutôt dans le cas présent, Qui a tué le petit Aylan ? on sera tous bien d' accord pour affirmer que la réponse concerne pas mal de monde, notamment parmi ceux qui, en ce moment,s' érigent en donneurs de leçons...

Comme on ne peut pas remonter le temps et effacer les erreurs dramatiques du passé, j' espère bien évidemment que le chemin de la négociation apportera des débuts de solutions ( probablement armées) dans une zone où la situation est devenue infiniment plus compliquée qu' à l' époque du début du conflit.

PS: En marge de ce billet j' aimerais vous montrer un document SURRÉALISTE que je pourrais intituler de la manière suivante.

" Les cons ça ose tout...et les salauds aussi "

Il s' agit d' une reporter hongroise qui couvre la fuite de réfugiés syriens poursuivis par la police.

Elle fait un croc-en-jambe et fait tomber un père qui tente de s' enfuir avec sa fille dans les bras...Plus tard elle file des coups de pied à une réfugiée fuyarde...Hallucinant non, ce qui se passe en Hongrie ?

Même les reporters tapent sur les réfugiés...

Face à l' afflux de réactions indignées dans le monde, la reporter qui n' a pas été en mesure de justifier ses actes a été virée...Ouf ! Je n' aurais pas été autrement surpris si le premier ministre hongrois lui avait remis une médaille...

PS n º2: On me fait savoir que la vidéo des agressions commises par la reporter hongroise est bloquée en France.Je la remets donc sur le lien ci-dessous et vous pouvez la voir sur cet article de Rue 89.

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 09:15

Bonjour les amis,

Hier c' était la reprise du programme EL INTERMEDIO sur la chaîne espagnole SEXTA.Leur reporter Gonzo avait fait un magnifique travail sur l' odyssée des réfugiés syriens en allant les voir en Macédoine, en Serbie, lors du passage en Hongrie...voir aussi les heureux élus arrivés à la gare de Vienne.

L' émission nous proposait une plongée dans le quotidien de toutes ces familles brisées qui essaient de fuir l' enfer et de se recomposer de l' autre côté de la Méditerranée.Parmi les interviews les plus frappantes de Gonzo il y a une mère qui a fait la traversée sur un bateau en plastique avec ses deux enfants pour aller retrouver son mari ( à 43 minutes sur la vidéo...soyez patient avec la pub obligatoire).Elle raconte en anglais son quotidien heureux en Syrie avant la guerre.puis les bombes, sa maison par terre ( down), les explications données aux enfants pour justifier l' exil ( on va aller voir papa), la traversée très dangereuse,les conditions extrêmement difficiles une fois arrivés sur notre continent,etc...Elle garde un beau visage lisse. Son expression reste douce et digne malgré l' inhumanité de tout ce qu' elle a vécu.

L' espoir, toujours l' espoir...

Plus tard dans le reportage Gonzo est à Belgrade et interviewe un enfant.Il lui demande s' il a eu peur et celui-ci lui répond que la traversée en bateau était effrayante.Gonzo lui demande un petit secret " As-tu pleuré ? " et l' enfant lui répond spontanément que plusieurs fois sur le bateau... ( à 48 minutes).

Et puis au moment de se dire au revoir l' enfant qui sait que Gonzo est espagnol lui dit avec un grand sourire qu' il aimerait jouer au Real de Madrid et qu' il est un fan de Cristiano Ronaldo ( 51 min).

Et là, on se dit que les enfants ont une force extraordinaire, qu' ils ne sont pas enclin au pessimisme et à la dépression, qu' ils sont la vie, la force et l' espoir.

Voila un gosse qui vient de traverser mille dangers et qui est encore dans une situation plus que précaire mais qui n' a rien perdu de ses rêves: jouer au Réal à côté de champions comme Ronaldo...Là c' est trop fort.J' avais envie de le prendre dans mes bras et de l' embrasser.

L' humanité a encore une chance tant qu' elle respecte les rêves d' enfants.

Les dirigeants commencent enfin à prendre la mesure du drame.On voit fleurir un peu partout en Europe des WELCOME REFUGEES.Rajoy, tout comme de nombreux responsables étrangers, s' est dit traumatisé par les images d' exodes...Pour une fois, et sans faire d' angélisme, je ne doute pas de son émotion même s' il a été particulièrement insensible au sort des clandestins qui essayaient de passer la frontière de Ceuta et Melilla et à fait installer ces fameux barbelés concertinas avec des lames de rasoir.

Je me dis qu' on va peut-être s' attaquer au problème d' une autre manière en privilégiant d' abord l' urgence humanitaire.

En 68 Sartre disait aux ouvriers: " Ne desespère pas Billancourt" alors que la vie était un doux fleuve tranquille comparé aux nombreux drames qui secouent notre planète maintenant.

En 2015 on va essayer de ne pas desespérer de nos concitoyens et de notre humanité...Les ONG s' organisent activement et les responsables ressentent dans l' opinion publique un feed back qui permettra s' ils le désirent d' entreprendre une vraie politique de main tendue.

Voila, j' aimerais terminer ce billet en disant que la photo du petit Aylan était importante.Elle était une dramatique remise de pendules à l' heure pour tous ceux qui étaient restés insensibles.

L' image de ce jeune syrien fan de Ronaldo aussi est importante.Un enfant dans un camp de réfugiés qui dit avec un grand sourire:

" J' aimerais jouer au foot et être un grand champion"

Ne tuons pas les rêves de nos enfants...

L' espoir, toujours l' espoir...

PS: à L' Hatem qui comprend les sous-titres espagnols.

Je te conseille de voir le reportage qui commence à 34 minutes dans son intégralité , notamment l' histoire de cet étudiant ( 45 min) qui dit à des dirigeants comme le premier ministre hongrois: " On est des êtres humains qui ont fui la mort...Ne nous envoyez pas vers une autre mort".

Par ailleurs tous ceux qui comprennent l' anglais peuvent regarder l' ensemble du reportage ( notez au passage le bon niveau d' anglais même chez les enfants syriens )

L' espoir, toujours l' espoir...

PS nº 2: EL INTERMEDIO est un programme d' humour et qui traite de sujets graves. Gonzo qui est galicien répond en riant à l' enfant qu' il y a un meilleur joueur que Ronaldo au Celta de Vigo et qui s' appelle Nolito.Le présentateur qui est sur le plateau fait une private joke et charrie Gonzo ( qui est vraiment fan de Nolito) et lui dit qu' il n' y connait rien au foot et qu' il devrait avoir honte de profiter de l' ignorance du jeune syrien...

Précisons que l' enfant a expliqué préalablement à Gonzo qu' il voulait aller à l' université (et oui...y' a pas que le foot dans la vie)

PS nº 3: Tous mes amis qui sont allés en Syrie avant la guerre me disent avoir été frappés par la gentillesse, l' éducation et les qualités d' hospitalité du peuple syrien...ces qualités transparaissent aussi dans ce reportage.

PS nº 4: Certains de mes lecteurs me trouveront bien mièvre ces temps-ci, brassant des évidences et tirant un peu trop sur la corde facile des bons sentiments au sujet d' une situation que vous connaissez tous déjà. Mais ce billet touche aussi un thème qui me tient à coeur ( la souffrance des enfants ) et je ne pouvais laisser passer sans réagir l' interview si spontanée de ce gamin adorable qui m' a fait l' effet d' un électrochoc émotionnel...

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Published by alea-jacta-est - dans réfugiés Syrie Drame enfance
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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 08:10

Bonjour les amis,

Les micro-trottoirs sont souvent une façon un peu nulos de meubler les journaux télévisés.Quand on ne veut pas balancer soi-même des banalités ou des lieux communs, on les fait dire par des personnes prises au hasard dans la rue et d' un seul coup ça devient de l' info.

Malgré tout certains de ces micro-trottoirs sont parfois surprenants ou révélateurs.

En voici un qui date de 2011 que je vous laisse d' abord découvrir avant d' y aller moi-même de mes petits commentaires malicieux et irrespectueux....

Il y aurait beaucoup à dire sur ces 2 minutes d' interview assez surréalistes.

Tout d' abord il se dégage une sensation générale de malaise car le petit jeune frontiste est sans cesse à côté de la plaque et on souffre un peu pour lui...On a envie que l' interview ( et le supplice) s' abrège.En Espagne on a une belle expression pour traduire cela, on dit " tener vergüenza ajena" c' est à dire " avoir honte pour l' autre".

Par ailleurs, il s' en dégage un effet comique irrésistible car, tout en répondant systématiquement à côté, le p'tit jeune en dévoile énormément sur les idées nocives et toxiques qui polluent son esprit encore bien immature.Il nous fait du Coluche avec " l' histoire d' un mec"...rappelez-vous cette blague qui n' est pas drôle mais qui est racontée par quelqu' un qui n' arrête pas de balancer des énormités racistes.

Donc nous voici en train de voir, mais cette fois-ci dans la réalité, un mec qui nous fait du Coluche sans le savoir.

Revenons sur le rôle du journaliste qui a l' air de bien s' amuser de manière un peu perverse.

J' ai regardé le document deux fois et j' ai un doute.Il semble bien que l' interviewé ne sait vraiment pas ce qu' est réellement un skin-head, ce qui va amener systématiquement des réponses à côté de la plaque.

On voit bien un journaliste qui apparemment essaie de l' aider avec des explications complémentaires du type " ce sont des gens qui pensent comme vous" ou" ils forment une frange du Front National" mais on a quand même l' impression que le jeune ne connaît pas réellement la nature du mouvement skin-head.

J' imagine bien à quel point une telle séquence doit agacer les membres du Fn car, pour eux, elle est destinée à les faire tous passer pour des abrutis un peu ras du plafond.

Normalement le journaliste devrait éliminer cette scène car l' interviewé n' est pas un " bon client" vu qu' il ne comprend pas vraiment ni la question ni la problématique posée par l' éjection des skins de la manif.Il y a donc un petit problème de déontologie journalistique.

Si on regarde la vidéo avec un oeil de pédagogue, on se dit que le journaliste est un peu pervers, qu' il explique sans expliquer et qu' il prend un malin et malsain plaisir à ridiculiser ce pauvre militant.

C' est d' autant plus touchant que le jeune frontiste participe pour la première fois avec un enthousiasme euphorique à une telle concentration et que le journaliste lui gâche un peu son plaisir.

C' est comme si un jeune prenait un super pied d' enfer lors de son dépucelage et qu' au moment d' arriver à l' orgasme il y ait un observateur à côté qui lui balance:" Eh, fais gaffe mec... ta meuf a la chtouille..."

C' est pas sympa...et puis c' est pas beau de se moquer !

Alors mes amis, je vais vous poser une question qui est très à la mode en ce moment:

Fallait-il ou pas publier une telle interview qui est révélatrice certes, mais qui n' est pas honnête à 100 % ?

En effet , on peut considérer qu' au sein de nombreuses rédactions, ce genre d' interview ferait bien rigoler les collègues mais finalement ,on la balancerait à la poubelle pour vice de forme.

Par ailleurs mes amis, n' hésitez pas à y aller de vos petits commentaires qui peut-être contrediront certains des miens.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 10:31

Bonjour les amis,

la démagogie est omniprésente dans les discours politiques.On pourrait même dire que plus la crise est profonde et plus le discours tenu par certains responsables est populiste et démago.

Ce travers n' est cependant pas une exclusivité du langage politique et on en retrouve des traces depuis très longtemps dans les chansons de certains artistes.Ce phénomène était dénoncé avec pas mal d' humour par Jean-Jacques Goldman dans sa chanson " C' est pas vrai".

L' un des personnages de la chanson ( on imagine qu' il s' agit d' une jeune chanteuse en vogue) dit:

"I love you vous êtes vraiment super"... à 4 minutes 22 secondes

En fait, on imagine bien que ce qu' elle pense VRAIMENT serait plutôt: " Plus vous m' aimez et plus je vous trouve super..."

Alors faisons un petit tour rapide de la question avec ces artistes qui aiment flatter leur public ou une partie de celui-ci

Commençons par Enrico Macias dans les annés soixante qui passe la pommade aux " Gens du Nord".

Il chante notamment " si leurs maisons sont alignées, c' est par souci d' égalité"...Bon charrie pas trop, camarade Enrico: si les maisons sont alignées c' est surtout par souci d' optimisation des décideurs de l' époque...pareil pour les banlieues ouvrières anglaises...

En 1969 le festival de Woodstock a été aussi un festival de démagogie.Certains forceront un peu trop la note sur la case " bons sentiments".Il y aura entre autres John Sebastian qui sera parodié dans la rubrique à brac de Gotlib qui lui fait dire:" Vous êtes tous une super bande de chouettes copains".

Ça fera donc, si j' ai bien compté, plus de 500 000 super chouettes copains !

je n' ai pas retrouvé l' extrait le plus significatif du film Woodstock mais sur cette vidéo, il leur dit à tous" You are beautiful" à 3 minutes 10 secondes

Je me souviens avoir assister à une première partie d' Alvin Lee dans les années 70 à Cambrai.Le jeune chanteur dont j' ai oublié le nom avait dit en montant sur scène."Je dédie cette chanson à tous ceux qui sont derrière des barreaux" et tout le public l' avait applaiudi de manière" néphrétique" .Et bien non mon con, arrête tes conneries...il y a aussi d' authentiques monstres derrière les barreaux, des monstres dont il faut se protéger !

Je me souviens aussi d' un concert entre élèves de mon école en région parisienne.

L' un d' entre eux était monté sur scène en disant " Je suis breton" et tout le monde l' avait applaudi comme si c' était un mérite ou un titre dont il pouvait se glorifier...

L' artiste qui est passé sur scène derrière lui ne savait plus comment se présenter,alors il a dit d' un air un peu penaud:

" Moi je suis du centre..."

et alors du coup,un de mes copains un peu facétieux s' est levé dans le public en applaudissant bien fort et en criant:

" Ouaiiiis ..SUPER...Il est du centre...!!! " histoire d' amener un peu de dérision salutaire.

Il y a une chanson dont j' ai horreur:" Je suis Rital" de Claude Barzotti.

Bin justement moi aussi je suis rital et je ne supporte pas son " je suis rital et je le reste".Barzotti fait de gros clins d' oeil vulgaires à une partie de son public.Bin non, mon con, il faut être rital bien sûr et aussi savoir s' enrichir des autres.

D' ailleurs je ne vais pas mettre la vidéo car elle m' énerve trop. Sortez-moi ce clown de barzoto-pas-rigolo et remettez -moi Reggiani

Alors comment dire " Je vous aime" à son public avec classe et sans tomber dans la démagogie la plus vulgaire.

Réponse ci-dessous en 5 minutes

Magnifique déclaration d' amour de Barbara à son public

J' essayais aussi de réfléchir, par antithèse, aux artistes qui ne cherchent pas forcément à plaire à tout le monde.Parmi eux il y a Léo Ferré, le vieux lion, pour qui j' ai beaucoup de tendresse et d' affection et à qui je pardonne certaines outrances.

Leo Ferré, éternel révolté, qui semblait toujours en vouloir à la Terre toute entière...toujours prêt à faire un bras d' honneur.Voici 29 secondes d' imitation et de parodie...

Je ne suis pas fan de Le Luron mais là j'accepte quand même sa parodie.Et puis il faut savoir rire aussi de ceux qu' on aime...

Je terminerai ce petit billet sur ces chanteurs qui veulent plaire à tout le monde ou flatter leur public ( ou une partie de celui-ci) en disant que , même si je me moque un peu gentiment de leurs travers, je les préfère quand même , et de loin, à ces rappeurs qui ne véhiculent que des messages de haine, qui utilisent la langue française comme un marteau pilon et qui tabassent leurs bonnes femmes.

Et puis ajouter aussi que les chanteurs qui aiment VRAIMENT leur public sont généreux et donnent toute leur énergie sur scène et en ressortent lessivés.Edith Piaf avait dit à je ne me souviens plus quel artiste que s' il ne se sentait pas vidé à la fin d' un concert c' est qu' il n' avait pas bien chanté...Elle savait de quoi elle parlait la grande Edith.Elle savait se donner et TOUT donner à son public !

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