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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 19:10

Bonjour les amis,

Hier j' indiquais à Rosemar dans un commentaire que j' aurais probablement 36º dans les salles de classe ainsi qu' un degré d' humidité très élévé.

Aujourd' hui je confirme ce pronostic qui n' était pas difficile.

La différence entre cette année et la précédente, c' est que commence la réforme scolaire du ministre Ignacio WERT( la LOMQE), et qu' elle prévoit, entre autres une rentrée 15 jours plus tôt ( même si toutes les régions n' ont pas encore accepté de l' appliquer tout de suite, comme la Navarre par exemple).

Ce qui pourrait sembler une bonne idée au Nord du 43 ème parallèle peut se révéler d' une grande bêtise au Sud de celui-ci.

En effet, il faut imaginer des classes surchargées dans une atmosphère moite à couper au couteau avec des élèves qui n' arrêtent pas de se ventiler au bord de la syncope parfois.D' ailleurs il y a eu dans ma région des cas d'évanouissements, de nausées et de migraines violentes chez nombre d' élèves.Dans la région d' Alicante certains collèges ont pris la décision de " déloger" les élèves et de les emmener dans la cour de récré.

Voici deux articles pour ceux qui comprennent un peu l' espagnol.


http://ccaa.elpais.com/ccaa/2014/09/04/valencia/1409832530_810527.html

 

 

http://www.diarioinformacion.com/alicante/2014/09/03/elevada-temperatura-amenaza-suspender-clases/1541097.html


Dans mon bahut certaines élèves viennent dans des tenues vestimentaires, comment dirais-je, très très légères, bien adaptées pour la plage mais peu conformes avec ce qu' on est en droit d' exiger dans un cadre scolaire ( les jeunes filles n' ont plus grand chose à cacher et les jeunes garçons ont un peu de mal à garder leur concentration...).

 Ce matin, je pensais à Francis Huster, dans EQUATEUR le film de Gainsbourg quand il s' exclamait " L' Afrique, bordel ! l' Afrique..."

Mon syndicat a dénoncé aujourd' hui ces conditions de travail pour les élèves qui sont théoriquement illégales mais pour l'instant nous n' avons aucun signal retour du rectorat.

Je pense aussi à mon fils Alex, qui doit heureusement reprendre le 12 et dont je ne sais pas si, dans les conditions actuelles, je l' enverrais au Lycée...pas sûr que  je jouerais avec sa santé à cause de responsables incompétents...

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L' une des solutions aurait été de se donner une année pour équiper les salles de classe avec de l' air conditionné mais ce serait extrêmement coûteux d' une part, et inutilement très énergivore d' autre part.Bref ça serait une connerie !

Alors, en attendant que les responsables politiques de ma région daignent se pencher sérieusement sur ce problème , je leur dédie cette petite chanson de Gainsbourg.

 

 

PS: encore une fois les parents d' élèves ne se sont pas bougés le cul , trop heureux qu' on fasse travailler un peu plus tôt ces fainéants de profs, sans penser une seule seconde que les premières victimes seraient leurs enfants qui viennent aussi animés et actifs que des zombies.Nous on tient le coup, ce sont eux qui sont  au bord de la syncope...

PS nº 2: la tradition dans un pays comme l' Espagne c' était de revenir à l' école à la fin de la période des travaux agricoles...la tradition n' a pas que du mauvais...parfois elle fait appel tout simplement au bon sens...en attendant, là on en prend pour grosso-modo 3 semaines de chaleurs...à suivre...


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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 18:34

Bonjour les amis,

Suis débordé aujourd' hui car demain matin je démarre avec 4 groupes et je suis en train de peaufiner mes premiers cours.

Vous savez tous que l' entrée en matière pour un prof est assez importante.Il faut donner le ton dès le départ, et ne pas se rater, sinon on court vite à la cata.

Vous pourriez croire que ma première leçon de l' année  ressemble à ça !

 

 

 

 

Ça, ça marchait encore jusqu' à la fin du XX ème siècle mais ce n' est plus pensable aujourd' hui...J' avais un collègue un peu comme ça au lycée de Vincennes dans les annés 80...J' ai subi un peu ça aussi au Lycée Villars de Valenciennes mais c' est vraiment du passé.

N' y pensons plus donc.

Moi je fais dans le simple, et dans le sobre, et j' utilise le langage musical pour être sûr de bien me faire comprendre.

Allez, je vous livre une part de mes trucs pédagogiques mais n' allez pas le répéter. Voici ma première leçon:je la projette sur mon beau tableau digital 

stu4260_2110933239125046602_n.jpg

 

Pour ceux qui ne comprennent pas tout de suite la leçon nº1 et qui continuent de parler, ma réaction est celle-ci

leon-Papel-en-blanco.jpg

 

Enfin, puisque j' en suis à livrer des petits trucs de professionnel, je vous montre une photo de mon dernier cours de l' année quand l' ambiance de travail a été bonne avec le groupe.

 meme-profesor.jpg

 

Ce qui veut dire:

"Vous m' en serez reconnaissant.....UN DE CES JOURS !!! "

Bonne fin de journée les amis

PS: petite devinette:

Quelle est la phrase qu' AJE ne supporte pas d' entendre de la part de ses collègues en début d' année ?

Réponse: il ne supporte pas de les entendre dire: " Les élèves sont nuls...."

Cette phrase est d' autant plus agaçante que, d' une part elle est fausse , et d' autre part, si tel était le cas, notre boulot, à la base, consisterait justement à faire qu' ils ne le soient pas...

Cette phrase m' a valu plus d' une prise de becs avec certains collègues mais avec le temps, je l' entends de moins en moins...


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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 09:59

Bonjour les amis,

Nous sommes à la veiile d' une consultation importante et dans quelques jours l' Ecosse décidera si elle se séparera "à l' amiable" du Royaume-uni ou pas. D' autres régions de l' Europe comme les Flandres, et surtout la Catalogne suivent avec beaucoup d' attention l' organisation de ce référendum, avec une énorme envie d' embrayer le pas des écossais.Il y a une forte tension en Espagne où les autorités régionales catalanes veulent déjà organiser un référendum pour le 9 Novembre qui déciderait de la volonté du peuple catalan de rester, ou non, au sein de l' Espagne.

La première réflexion qui vient à l' esprit c' est que ce type e consultation est forcément faussé par des arguments d' ordre économique.Ce n' est quand même pas par hasard que ce sont des régions dites " riches" qui veulent se séparer du reste de leur communauté nationale.Par ailleurs organiser un référendum en temps de crise c' est nécessairement donner un avantage sérieux au camp séparatiste.

Le gouvernement régional catalan qui est déjà entré en campagne alors que la consultation n' est pour l' instant pas adoptée ( car anticonstitutionnelle) a fait savoir à sa population qu' en cas d' indépendance la nouvelle nation aurait un taux de chômage ramené à 10% en se basant sur les résultats du voisin basque ( ce qui est un argument plus que discutable).

Il y aussi dans ces attitudes l' illusion entretenue que la crise sera plus facilement surmontable si la région gère elle-même ses propres intérêts alors que la crise économique est globale,d' abord dûe à la nature du libéralisme, de la dette, à la création de l' Euro et au fonctionnement même des instances financières de l' UE.

Curieusement les partis qui se déclarent pour l' indépendance affichent une grande europhilie...ils sont convaincus qu' une Europe des régions sera plus efficace qu' une Europe des Etats-nations.

La chancelière Angela Merkel soutient officiellement, sans aucune faille,la position des Etats membres qui s' opposent au morcellement de leur pays, en brandissant la menace que tout nouvel Etat devra faire la queue pour entrer dans le club,que ça prendra de longues années et qu' il perdra dans l' immédiat tous les avantages( subventions) dont il bénéficiait.

La position de l' Allemagne n' est donc pas criticable et apparemment loyale vis-à-vis des Etats membres,mais malgré tout, rien ne m' empêchera de penser que l' éclatement des partenaires en micro-états est une bonne nouvelle pour la chancelière et ne peut que renforcer l' hégémonie actuelle de l' Allemagne.

La recette est vieille comme le Monde et toujours aussi efficace : " Diviser pour mieux régner"

Qui peut croire qu' une Europe Kosovarisée aura plus de poids pour freiner les exigences Merkeliennes que l' actuelle UE ?

Il y a beaucoup de fausse naïveté dans la position des indépendantistes mais malgré tout force est de constater que le discours " passe"...Je dirais même plus : il y a autour de ce thème comme une euphorie, une énorme attente au sein des populations.J' ai l' impression qu' en Catalogne on n' aura pas la paix sociale tant que ce référendum ne sera pas organisé, ce qui m' amène à penser que malheureusement les indépendantistes ont déjà gagné la première manche. " pas de paix sociale sans ce reférendum".C' est devenu, non pas un objet de négociation, mais un préalable à toute négociation...Rajoy a laissé pourrir une situation qu' il est incapable de gérer avec habileté maintenant.

La France jacobine et l' Allemagne réunifiée sont à mille lieux de ces problèmes et c' est tant mieux pour elles...mais pour moi qui vit en Espagne c' est une très mauvaise nouvelle, et pour l' Europe en général cette dérive a de quoi inquiéter...

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 07:20

Bonjour les amis,

Mon article polémique est paru sur agora et, comme je l' avais prévu, je me fais taillé en pièces.Pas grave, je crois que j' aime ça  oui encore  et encore ..fais-moi mal Johnny (la chanson très rigolote de Boris Vian).

Rien d' étonnant donc à ce tir de barrage car la nature du titre accusateur et culpabilisateur de l' article ne pouvait générer d' autres réactions.

J' aurais pu intituler ce billet:

"Piquons les bonnes idées de nos voisins tout en continuant de protéger notre modèle" et le rédiger dans cet esprit.

Titre moins accrocheur et j' aurais sans doute recueilli un certain consensus, mais ce n' était pas le but.

 

J' avais envie de fustiger la germanophobie gauloise,un peu facile parfois.


J' oubliais en même temps ce que m' a indiqué Fatizo, à savoir que la classe ouvrière française est sans cesse pointée du doigt et culpabilisée par le patronnat, et une partie de la classe politique.J' imagine à quel point mes propos qui ne leur était pas destinés ont dû en agacer plus d' un, à juste titre.

Indépendamment du thème traité,l' ensemble des réactions m' a indiqué à quel point l' Europe est en crise.Agora n' est pas un miroir fidèle car si tous les courants de pensée s' y expriment, ce n' et sans doute pas dans les mêmes proportions que dans la population réelle.L' échantillon n' est pas représentatif donc...pas représentatif, certes, mais en même temps, on sent bien à quel point l' Euro et l' Europe sont désignés comme les grands coupables de notre situation actuelle par de nombreux courants de pensée différents.

Cette impression est complètement confirmée par le taux d' abstention record ainsi que par le score du FN lors des dernières européennes.

Moralité: en lançant un pavé dans la mare ( justifié ou pas) on recueille un tsunami de réactions courroucées qui témoignent d' une énorme frustration.Rien qui ne présage de bon...la colère gronde...J' imagine que les responsables eurocrates sont bien conscients du changement des mentalités à leur égard et de l' énorme défiance que leur mauvaise gestion a généré au sein des populations.

Deuxième point:

je viens de demander à ma frangine de me faire parvenir le livre de Guillaume Duval, sur les bons conseils avisés de l' ami Fatizo que je remercie pour l' ensemble de ses réactions et de suggestions:

 

Made in Germany
modèle allemand au-delà des mythes

Guillaume Duval

Date de parution 24/01/2013

Essais (H.C.)

240 pages - 17.00 € TTC

1358934022 Made in Germany zoom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que ne lit-on et n’entend-on pas en France sur le modèle allemand ? On fait en particulier très régulièrement l’éloge de la rigueur budgétaire allemande, et de la capacité de nos voisins à accepter de lourds sacrifices pour restaurer la compétitivité de leur industrie.

Or, explique Guillaume Duval, ce ne sont pas là les véritables raisons des succès actuels de l’économie allemande. Cette réussite est due surtout aux points forts traditionnels du pays : un système de relations sociales très structuré, un monde du travail où le diplôme ne fait pas tout, un pays où l’entreprise n’appartient pas aux actionnaires, une forte spécialisation dans les biens d’équipement et les technologies vertes, une longue tradition de décentralisation qui permet de disposer partout d’un capital financier, culturel, social, humain suffisant pour innover et entreprendre, etc. Au cours de la dernière décennie, le boom des pays émergents a permis à l’industrie allemande de profiter pleinement de ces atouts.

Au contraire, la profonde remise en cause de l’État social, menée au début des années 2000 par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, a probablement fragilisé le modèle allemand : le développement spectaculaire de la pauvreté et des inégalités menace son avenir.

On l’aura compris, ce qu’il faudrait copier ce sont plutôt les caractéristiques traditionnelles du modèle allemand que les réformes récentes qui y ont été apportées. Il n’est cependant jamais aisé de transposer les éléments d’un modèle national lié à une histoire particulière. Une meilleure compréhension de la société et de l’économie allemandes par les Français est en revanche indispensable pour réussir à imaginer ensemble un avenir pour l’Europe.


Guillaume Duval est rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques. Ingénieur de formation, il a travaillé pendant plusieurs années dans l’industrie allemande. Il est l’auteur de Sommes-nous des paresseux ? 30 autres questions sur la France et les Français (Le Seuil, 2008) et de La France d’après. Rebondir après la crise (Les Petits Matins, 2011).

 

Il y a une petite phrase qui  a tout de suite attiré mon attention dans cette présentation au sujet de l' Allemagne car elle touche mon domaine:

"...un monde du travail où le diplôme ne fait pas tout..."


Et moi, j' ai presque envie de la rectifier un peu:

" Un monde où le PREMIER diplôme ne fait pas tout"

L' Allemagne ( y compris l' ex-Allemagne le l' Est) a sans doute un système scolaire où les relations entre l' industrie et l' école ont été au coeur de leurs préoccupations et où il reste sans doute de bonnes idées à piocher.Et si j' étais dans la peau de la nouvelle ministre de l' éducation je demanderai un rapport circonstancié sur ce sujet à mon chef de cabinet....

Bon mardi les amis...
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 10:52

Bonjour les amis,

Suite à mon article d' hier j' ai reçu une longue réponse de mon ami patron d' une PME travaillant pour plus de 90% à l' exportation dans un domaine assez pointu et concurrencé.

Je vous livre donc sa réponse, et vous pouvez bien évidemment en commenter le contenu et

je vous incite même à le faire, histoire d' enrichir le débat.

Simplement je ne répondrai pas aux com' s car je ne peux pas quand même pas le faire à sa place...

Voici donc sa réponse ( j' ai simplement enlevé certains noms précis  par discrétion pour les intéressés):

 

Me revoilà l' ami.

Je viens de me mettre à jour avec la lecture de l’article sur le « décrochage de la France » et les échanges que vous avez eu sur ce sujet.

Je ne revendique pas non plus de mon côté une véritable expertise économique. Simplement quelques convictions (fortes !) liées à l’observation du fonctionnement économique de la planète et de son évolution sur plus de 30 ans de vie professionnelle, en particulier en tant qu’entrepreneur depuis près de 10 ans, qui plus est  pour une entreprise dont la survie ne dépend que de son positionnement à l’international.

En ce qui concerne les écarts constatés avec l’Allemagne, Je pense qu’il faut effectivement distinguer les causes majeures et les  éléments aggravants, comme le souligne assez bien l’article de JF Pelletier. C’est cette distinction qui fait souvent défaut dans les débats (cf vos échanges avec Rosemar)

 

Le goût pour l’innovation et la présence à l’international font partie des causes majeures. JF Pelletier développe assez bien ce phénomène avec notamment une présence d‘experts allemands dans tous les domaines auprès des pays en développement, expertise qui ouvrira forcément les portes aux entreprises qui vont ensuite exporter. Nous les avons aussi ces experts en France. Pourquoi ne sont-ils pas sur ce marché. Pas plus tard que le mois dernier, j’ai échangé avec  X. Il est professeur chercheur à l’université de Y dans le domaine de l’urbanisme. Il dirige une équipe de plus de 20 personnes (enseignants et élèves chercheurs). Je ne doute pas qu’on ce genre de département existe dans plusieurs universités françaises et donc au bout du compte, ça fait un paquet d’experts qui cherchent dans un domaine finalement assez spécifique .  Mais à la question qui m’est venue rapidement de savoir à qui profitait tout ce travail (couteux !), j’ai eu une réponse assez vague qui m’a laissé un peu sur ma faim. Or, on pourrait penser que ces questions d’urbanisme ont un caractère universel pour lequel ce genre d’expertise est exportable, non ? choix politique possible , non ?

 

Dans les causes ,sinon mineures, mais en tout cas plus secondaires, on va effectivement trouver les écarts de compétitivité mainte fois commentés (charges sociales, cout main d’œuvre , etc…) sur lesquelles je ne reviendrai pas. On peut également mettre dans cette catégorie les incitations qui sont également dans les mains du monde politique et du pouvoir de l’état, à travers divers forme d’aide et de loi.

Incitation à la recherche, à l’exportation. Loi en faveur de la participation des salariés aux résultats de l’entreprise ou de leur contribution à l’innovation comme mentionné dans l’article.

 

On voit bien que dans les 2 catégories, le rôle des  politiques et les options prises sur le long terme sont importants. Ils ont là un vrai pouvoir d’agir sur l’avenir d’un pays. Il faut juste , comme souvent dans ces cas-là, une vraie vision , un courage politique et ….une certaine distance par rapport aux préoccupations électorales qui nous pourrissent , en France en particulier, la vie au quotidien.

 

Mais en dehors de ces éléments d’ordre politique, il ne faut pas exonérer le chef d’entreprise de ses propres responsabilités :

·         Il a le devoir de donner à la recherche et l’innovation la place qui leur revient, même si il juge les aides de l’état insuffisantes.

·          Il a le pouvoir de récompenser significativement les employés qui trouvent et innovent.

·         Il a le pouvoir de faire profiter le personnel de la réussite de l’entreprise si celle-ci est au RDV.

 

Ces points sont trop souvent considérés comme optionnels en France par les chefs d’entreprise alors qu’il s’agit là de leviers majeurs dans le développement et la pérennité de notre économie.

L’innovation, subventionnée ou pas,  est très souvent récompensées par un succès sur les marchés , j’ai des exemples personnels. La participation financière du personnel au succès de l’entreprise est immédiatement récompensés par une meilleure productivité et l’adhésion au projet global du chef d’entreprise et , là aussi, j’ai des exemples personnels.

 

Je terminerai sur un exemple précis pour illustrer à la fois le pouvoir respectif du chef d’entreprise et le rôle de l’état pour infléchir significativement la tendance dans un des domaines cités.

 

Je crois que c’est De Gaulle (Charles de son prénom) qui avait instauré sous forme de loi la « participation financière des salariés » aux résultats de l’entreprise. Il s’agissait, par un calcul assez compliqué déjà à l’époque, de redistribuer une partie des bénéfices de l’entreprise aux salariés. Bien entendu, le système a été décrié en son temps par la majorité des entreprises avec le soucis de trouver rapidement des parades pour minimiser les effets de cette loi « anticapitaliste ».

Depuis, le système a fait son chemin et les entrepreneurs les plus lucides ont vite compris le caractère motivant que pouvait avoir ce dispositif de complément de salaire. Sans entrer dans le détail des modalités de calcul, disons simplement qu’il permettait de distribuer 100 dans les poches du salarié pour un cout de 100 pour l’entreprise. En gros, pas de charges sociales et pas d’impôts pour cette « cerise sur le gâteau » qui pouvait prendre des proportions plus que significatives. Pour mémoire, je rappelle ici que , en ce qui concerne les salaires nous étions dans les années 70  à une dépense de 125 pour l’entreprise pour un net de 90 pour les employés (avant impôts) et que nous sommes aujourd’hui dans un rapport affolant de 145 / 78 !!!!.

Plus que jamais, « la participation » s’avére donc être un outil particulièrement intéressant qui combine la volonté du chef d’entreprise et une démarche incitative de l’état. Je l’ai moi-même développé à plusieurs reprises, y compris évidemment chez PMX où j’ai certaines années distribué des sommes plus que significatives qui ont évidemment produit leur effet motivant au fil du temps.

Seulement voilà, c’était trop beau et l’état, dans sa quête d’argent « au plus simple » a progressivement rogné sur cet avantage qui profitait à tous et à l’économie en général et nous sommes maintenant dans un rapport 120 / 90 (au lieu des 100 / 100 d’origine) pour cette forme d’intéressement. Nous nous rapprochons donc progressivement du système en place pour les salaires jusqu’à tuer très probablement à terme cet belle idée de participation .

 

J’aime bien cet exemple qui  résume assez bien le rôle amplificateur que peut avoir l’état à partir du moment où  la volonté d’entreprendre est là …où l’inverse .

 

La poule et l’œuf …on n’en sort pas finalement

 

Voilà donc ma contribution du jour.

A bientôt l’ami et au plaisir de te lire

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 18:47

Bonjour les amis je vous communique un article que j' ai proposé sur agora, suite à un échange parfois vif avec Rosemar et auquel Fatizo m' a répondu également par mail, avec pour tous les deux des points de vue comme toujours intéressants.Cher Fatizo je n' ai pas osé publier ta réponse mais bien évidemment je t' incite à le faire dans les commentaires.

 

Le gros débat en France sur le changement de politique attendu me fait sourire tristement.La France est en plein décrochage face à son puissant voisin allemand avec un déficit commercial record.Croire qu' on peut infléchir la politique de l' Allemagne , et par exemple l' obliger à mettre la question sociale au centre des débats est un leurre tant que nous serons aussi faibles et dépendants...Peut-on imaginer que les mexicains puissent obliger les américains à injecter du social dans leur politique ?...Et bien, toutes proportions gardées c' est ce qui risque de nous arriver...au rythme où vont les choses dans 10 ou 15 ans nous ( et les autres pays du sud et de l' Est de l' union européenne) serons les mexicains de l' Allemagne.La chancelière se balade en Europe en distribuant des bons points à droite et à gauche comme durant le dernier sommet Merkel-Rajoy de la semaine dernière dans une position de suprématie inimaginable il y a 30 ans encore.La création de l' Euro tant désirée par Mitterrand était censée nous prémunir de tout cela, et l' échec est complet.
Lisez l' article ci-joint de Benjamin Pelletier très instructif sur les raisons de notre manque de pénétration sur les marchés et qui vous fera comprendre que toutes les batailles sémantiques autour de l' esprit de la gauche perdu ou à reconquérir sont vaines quand on est devenu aussi faible.

http://gestion-des-risques-intercul...

 Balances-commerciales-All-et-Fr-4.png

 

 

Seuls des programmes stratégiques ambitieux capables de reconquérir des marchés pourront à terme nous permettre de reprendre notre place et de défendre les valeurs humaines et sociales auxquelles nous sommes tant attachés.Si la France n' est pas capable de rééquilibrer ou de freiner son déclin l' idée même d' une Europe sera remise en question...Pour l' instant les allemands peuvent dormir tranquilles:la France est un bon client qui vit dans le déni de son propre déclin,et qui paie plutôt bien...et en plus ils sont tellement orgueilleux et plein d' amour-propre qu' ils ne reconnaissent même pas l' étendue de leur désastre et du fossé qui les sépare de leur puissant voisin.Il y en a qui mettent les motifs de la suprématie allemande sur le compte de leurs faibles coûts salariaux, des mini-jobs, de la main d' oeuvre bon marché venue de l' Est et de leur natalité:tout cela est vrai bien évidemment mais n' explique pas pourquoi ils sont de loin les premiers en termes d' innovations technologiques, de qualité et de pénétration des marchés à l' extérieur...Ça fait 60 ans qu' ils nous dament le pìon ( si c' était une finale de foot, je dirais que pendant que nous, nous mettons un but ils nous en claquent 10) .En France j' entends souvent de arguments de mauvaise foi à la limite du chauvinisme.Notre pays au lieu de se fixer sur les gros vilains défauts de son voisin devrait s' attacher à comprendre ce que celui-ci fait mieux qu' elle, et pourquoi en Allemagne on produit des choses qu' en France on ne sait pas faire.L' article que j' ai joint donne quelques pistes sur ce sujet et explique que rien n' est dû au hasard, et qu' il existe outre-Rhin des puissants leviers en amont qui permettent à la technologie allemande de bien s' exporter et aussi de fortes incitations financières à l' innovation technique.

A chaque fois qu' il m' arrive de parler des excellents résultats de l' économie allemande à des français, la réponse commence toujours par " Oui, mais....oui, mais" et ça devient forcément extrêmement agaçant.

A force de vouloir minimiser systématiquement les qualités de son adversaire/partenaire, on prend le risque de devenir un peu idiot, de se laisser distancer et de glisser lentement mais sûrement vers un déclin inéluctable.Cet orgueil franchouillard doit faire sourire beaucoup de monde en Allemagne ou en Suisse.

Enfin quand on analyse l' énorme déséquilibre du commerce avec l' Allemagne il ne faut pas perdre de vue que celle-ci fait encore pire avec le reste de ses partenaires notamment du Sud ou de l' Est...Et là, inévtablement se pose la question du futur même de l' Europe : la France est le pays le mieux placé pour mettre un coup d' arrêt à cette dérive.Le seul pays pour qui les préoccupations sociales de bien-être sont aussi importantes que les performances économiques.Mais que se passe t' il ? Au lieu d' identifier un danger énorme qui risque de l' engloutir et d' essayer de s' en prémunir au plus tôt, la France vit dans le déni...fière de sa gloire et de sa grandeur passée, et ne soupçonnant pas que celle-ci se réduit comme une peau de chagrin...

Moi qui n' ait jamais voté à droite je pense beaucoup à De Gaulle ces temps-ci.Qu' est-ce que le grand Charles penserait de tout ça s' il revenait en 2014 ? que dirait-il des dirigeants successifs qui ont gouverné la France ?

Je me hasarderai à donner sa réponse...la même que donne l' ingénieur Lino Ventura dans" l' armée des ombres" au sujet des responsables de l' armée française lors de la débâcle de 40 :

" Des Jean-foutres ! "

NB:Pour éviter de me faire taper dessus inutilement l' auteur signale aimablement à ses gentils lecteurs qu' il n' a aucune connaissance spécifique en économie, qu' il est né sur le sol français, qu' il est d' origine italienne et que maintenant il vit en Espagne.L' auteur suit de loin l' actualité française et est préoccupé de voir son pays natal se laisser distancer par la puissante Allemagne tout en continuant ses petites guerres des chefs intestines et médiocres qui ne font que l' enfoncer chaque jour un peu davantage...le complexe d' ASTÉRIX en quelque sorte.

Bonne fin de journée les amis...c' était mon coup de gueule de la semaine 

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 09:22

Bonjour les amis,

Me voici rentré de mon séjour en pays le Loire.Une semaine exceptionnelle de beau temps qui m' a permis de visiter dans les meilleures conditions possibles Amboise et le manoir du Clos-Lucé ( merci Lapine de tes sages conseils), Chenonceau,Chambord, Blois, les bords de Loire,une maison troglodyte où nous fûmes invités à passer une soirée très conviviale entre petits mets et bons vins, Tours et sa magnifique cathédrale ainsi que sa vieille ville...En même temps j' ai eu l' impression de vivre dans une autre France plus radieuse, souriante et tournée avec optimisme vers son avenir: impression probablement trompeuse mais c' est exactement le genre de sensations que je recherchais et dont j' avais besoin pour ces vacances très courtes.Il fallait me régénerer les neurones et oublier toute la m.... que nos journaux télévisés balancent du soir au matin.

Je repensais à l'article de Rosemar: la France est vraiment un beau pays avec une variété et une grande richesse de paysages...et aussi je retrouvais un peu de cette France havre de paix et de prospérité que j' ai quitté en 89 et qui continue de vivre parfois plus dans mon esprit que dans la réalité.

Un dernier commentaire:je suis toujours aussi surpris d' entendre parler certains jeunes arabes qui sont nés sur le territoire français avec l' accent de leurs parents ou plutôt de leurs arrière-grands parents.Sur ce point, je donne raison à Alain Glucksman: il y a là quelque chose de vraiment pas normal qui a de quoi interpeller...ça me paraît aussi incongru que si moi j' avais maintenu l' accent italien de mon père alors que je suis né sur le sol français...Bien évidemment il ne faut pas généraliser mais je constate in-situ que le phénomène perdure, dirais-je...

 

A l' aller, je me suis arrêté à Biriatou en territoire basque français, et au retour à Hondarribia en territoire basque espagnol.Deux régions magnifiques également, et là, mes amis on sent tout de suite la différence.En France tout le monde parle français alors que de l'autre côté de la frontière la langue basque est omniprésente dans les conversations qu' on entend ici ou là, dans la rue ou dans les bars:bien évidemment la langue basque a un caractère officiel en EUSKADI ( et obligatoire pour ceux qui veulent être fonctionnaires par exemple...un peu comme en Suisse avec ses 4 langues)...Le pays basque est sans doute la région espagnole qui se porte le mieux économiquement, et, là encore, il n'y a a pas de hasard car cette société est plus dynamique, mieux gérée et moins tournée vers les activités spéculatives que le reste de la péninsule. Au pays basque c' est la richesse industrielle et l' économie " réelle" qui prévalent...Par ailleurs,il n' y a presque aucun scandale connu de corruption chez les basques alors que dans le reste du pays,je sors mon joker....Comme me dit une bonne amie, "le basque a un caractère noble" !

 

Enfin retour chez moi, dans le levante espagnol, où une copine m'a envoyé via le net un petit documentaire génial qui me transporte au coeur des traditions populaires, des danses ( saltarellas et tarentelles) et musiques du Sud de l' Italie...

Un documentaire de 10 minutes de bonheur qui m' ont rappellé les baptêmes, communions et mariages de mon enfance où, tôt ou tard, on se mettait à danser la tarentelle...des souvenirs de fêtes familiales en Calabre également.

Bref un document qui m' a plongé dans l' Italie de mon coeur sans que je m' en rende compte, une sorte de madeleine de Proust qui m' est remonté à la gorge sans prévenir et qui m' a presque mis les larmes aux yeux ( c' est l' âge me direz-vous, c' est normal, je deviens nostalgique...).

Je vous présente donc ce document d' une rare authenticité:malheureusement il est sous-titré seulement en italien ( en activant le menu) mais vous arriverez à en comprendre un peu le sens général,notamment quand le vieux papi raconte que ces traditions populaires étaient presque disparues et puis, que les jeunes générations ont finalement pris le relais...

 

 


 

 

 

 

PS nº1 : j' ai oublié de citer La Rochelle où je me suis arrêté sur la route du retour...un détour qui valait la peine bien évidemment...encore une fois, le beau temps accompagnait !

PS nº2: La visite des châteaux m' a donné envie de me lancer dans la saga des FORTUNE DE FRANCE de Robert Merle...mais encore une fois j' ai beaucoup de lectures en retard et je me disperse énormément....

PS nº 3: j' ai oublié de m' acheter un beau béret basque à Hondarribia...je m' en veux...mais je m' en veux  !!!

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 17:16

Les temps changent et ne sont plus ce qu' ils étaient.La mafia a toujours été connue pour son extrême discrétion.Elle n' aimait pas s' afficher : on revoit tous cette scène du film " Le parrain" quand Barzini envoie l' un de ses sbires arracher un appareil photo des mains d' un photographe indélicat pour détruire lui-même de ses propres mains ( sans mauvais jeu de mots) la pellicule.

Dans la réalité on se souvient également du capo sicilien Bernard Provenzano dont la police ne possédait aucune photo depuis plus de 44 ans... C' était devenu comme un personnage mythique..y' en a qui l' avaient vu , d' autres pas...Une espèce de fantôme qui régnait de manière occulte sur l' île.Il fut finalement arrêté le 11 Avril 2006.

Ce silence, cettte discrétion, cette omertá, c' était l' essence même de l' "honorable société" dont tout le monde supposait qu' elle tirait bien des ficelles mais sans la moindre ostentation. Finalement, la seule chose qui confirmait l' existence d' une société délinquante et organisée c' était le nombre de cadavres laissés ici ou là de manière régulière et sans la moindre explication pour les profanes.

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Mais maintenant les temps changent, et les jeunes mafieux palermitains aiment utiliser les réseaux sociaux tels que facebook, instagram,tweet, etc ...pour s' afficher de manière très ostentatoire avec leurs yachts, leurs petites amies de luxe, leurs petits copains, leurs tatouages et leurs lunettes de soleil.

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Par exemple l' un d' entre eux, petit scarface des périphéries de Palerme, cheveux noirs et gominés, pectoraux bien dépilés, fréquentant les gymnases s' est amusé à mettre en ligne une vidéo de la fête qui le consacrait chef local de son quartier l' arennella de Palerme.

Il avait même écrit " Bienheureux ceux qui sont poursuivis par la justice car le royaume des cieux leur appartient"...Personnellement,je les soupçonne d' avoir regardé en boucle un peu trop longtemps Samuel Jackson dans Pulp fiction.

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Ils profitent des réseaux pour intimider de manière à peine codée ceux qui ne veulent pas se soumettre, et pour faire étalage de leur pouvoir.Ils sont bien évidemment extrêmement dangereux sous leurs airs de beaux gosses mal élevés.

Ce manque de précautions élémentaires est une aubaine pour les carabiniers qui peuvent suivre sur la toile, leurs affinités,leurs tensions et leurs rivalités....

Malgré tout on ne peut qu' être sidéré par tant de fanfarronnerie affichée.On a l' impression que la seule chose qui leur manque c' est de pouvoir tourner dans les clips musicaux de Pittbull ou dans les films de Tarantino.

Je ne peux m' empêcher de penser au juge Giovanni Falcone qui doit se retourner dans la tombe, et qui dans ses pires cauchemars, n' avait jamais dû penser qu' une telle dérive serait un jour possible.

Finalement c' est un juste retour des choses : le cinéma s' est tellement inspiré des voyous que tôt ou tard ceux-ci s' inspireraient du cinoche...

Pour ceux qui veulent en savoir plus je conseille la lecture de cet article un peu plus documenté d' EL PAIS et qui a servi à la rédaction de ce petit billet

http://elpais.com/elpais/2014/08/08...

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 13:38

      Notre capitaine s' en est allé...


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O Captain! My Captain!
O Captain! My Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather'd every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring
But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red,
Where on the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.

 

O Captain! My Captain! rise up and hear the bells;
Rise up — for you the flag is flung — for you the bugle trills;
For you bouquets and ribbon'd wreaths — for you the shores a-crowding;
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning
Here Captain! dear father!
This arm beneath your head;
It is some dream that on the deck,
You've fallen cold and dead.

 

My Captain does not answer, his lips are pale and still;
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will;
The ship is anchor'd safe and sound, its voyage closed and done;
From fearful trip the victor ship comes in with object won
Exult, O shores, and ring, O bells!
But I with mournful tread,
Walk the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.







Ô Capitaine ! Mon Capitaine !
Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre voyage effroyable est terminé
Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense recherchée est gagnée
Le port est proche, j'entends les cloches, la foule qui exulte,
Pendant que les yeux suivent la quille franche, le vaisseau lugubre et audacieux.
Mais ô cœur ! cœur ! cœur !
Ô les gouttes rouges qui saignent
Sur le pont où gît mon Capitaine,
Étendu, froid et sans vie.

 

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les cloches.
Lève-toi: pour toi le drapeau est hissé, pour toi le clairon trille,
Pour toi les bouquets et guirlandes enrubannées, pour toi les rives noires de monde,
Elle appelle vers toi, la masse ondulante, leurs visages passionnés se tournent:
Ici, Capitaine ! Cher père !
Ce bras passé sous ta tête,
C'est un rêve que sur le pont
Tu es étendu, froid et sans vie.

 

Mon Capitaine ne répond pas, ses lèvres sont livides et immobiles;
Mon père ne sent pas mon bras, il n'a plus pouls ni volonté.
Le navire est ancré sain et sauf, son périple clos et conclu.
De l'effrayante traversée le navire rentre victorieux avec son trophée.
Ô rives, exultez, et sonnez, ô cloches !
Mais moi d'un pas lugubre,
J'arpente le pont où gît mon capitaine,
Étendu, froid et sans vie.


J' aimerais juste ajouter quelques vers de Ferré

Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s´ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes




La poésie contemporaine ne chante plus, elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction
Elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore
On ne prend les mots qu´avec des gants
À menstruel, on préfère périodique
Et l´on va répétant qu´il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires et du codex

Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n´employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu´ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baise-main
Ce n´est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baise-main qui fait la tendresse
Ce n´est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s´ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes

Le poète d´aujourd´hui doit être d´une caste, d´un parti ou du Tout-Paris
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé

La poésie est une clameur
Elle doit être entendue comme la musique
Toute poésie destinée à n´être que lue et enfermée dans sa typographie n´est pas finie
Elle ne prend son sexe qu´avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l´archet qui le touche

L´embrigadement est un signe des temps, de notre temps
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes
Les sociétés littéraires, c´est encore la société
La pensée mise en commun est une pensée commune

Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes
Renoir avait les doigts crochus de rhumatisme
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d´un coup toute sa musique
Beethoven était sourd
Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok
Rutebeuf avait faim
Villon volait pour manger
Tout le monde s´en fout!
L´art n´est pas un bureau d´anthropométrie
La lumière ne se fait que sur les tombes

Nous vivons une époque épique
Et nous n´avons plus rien d´épique
La musique se vend comme le savon à barbe
Pour que le désespoir même se vende, il ne reste qu´à en trouver la formule
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle
Qui donc inventera le désespoir?

Avec nos avions qui dament le pion au soleil
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces voix qui se sont tues
Avec nos âmes en rades au milieu des rues
Nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions

N´oubliez jamais que ce qu´il y a d´encombrant dans la morale, c´est que c´est toujours la morale des autres

Les plus beaux chants sont des chants de revendication

Le vers doit faire l´amour dans la tête des populations
À l´école de la poésie, on n´apprend pas!
On se bat!



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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 11:03

Bonjour les amis,

Mon père est né le 13 août 1940, se prénommait Fiore et il aurait eu 74 ans aujourd' hui.

Il adorait la France mais, comme beaucoup d' expatriés de son pays,il était resté italien jusqu' au bout des ongles.

Il aimait la vie,l' amour, l' amitié, les plaisirs de la table, les vins, les chansons et...Pavarotti.

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Il y a une petite anecdote au sujet de Pavarotti.Une fois, papa était allé accompagner avec son bus des gens du valenciennois pour les amener voir le programme de Jacques Martin au théâtre de l' Empire à Paris.Le programme passait en direct à la télé, avec entre autres ce jour-là Luciano Pavarotti.Et du coup mon père a pu en profiter pour voir et entendre sur scène son idole favorite en direct-live.Il était extrêmement ému et lorsque Pavarotti a profité de son passage sur scène pour saluer au micro de Jacques Martin tous les italiens qui sont en France, mon père qui était dans le public lui a crié spontanément " anche in sala" , ce qui veut dire: " et dans la salle également !".

Ma mère qui, à 200 km de là, suivait le programme à la télé, a bien entendu ce cri mais sans toutefois savoir qu' il s' agissait de son mari qui s' exclamait de cette façon.

Aujourd' hui encore j' ai fait des recherches sur le net pour essayer de retrouver ce programme car je suis sûr qu' on y entendrait la réaction enthousiaste de mon père.

Cette petite histoire m' a été racontée par ma mère d' un côté...et par mon père de l' autre, mais, finalement, moi je ne l' ai jamais entendu ce cri d' enthousiasme...Je l' imagine simplement.Je l' imagine vraiment bien !!!

Ça lui ressemblait tellement ! Pour lui ce jour-là, ça a dû être une overdose d' émotions...

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