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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 18:29

Rebonjour les amis,

J' écris ce très très bref billet à chaud sur mon ressenti après le débat d' hier.
Il me semble que le grand bénéficiaire est FILLON qui y est apparu au dessus de la mêlée et qui regardait ses adversaires, avec un oeil amusé et qui les traitait comme de doux rêveurs qui ne savent pas faire leurs comptes dans un pays endetté à hauteur de 100% de son PIB.
Il est apparu comme le seul ayant le sens de la realpolitik, le seul à avoir la stature d' un vrai chef d' Etat.Il les a écrasé avec un petit sourire narquois, en disant que les propositons de ses adversaires étaient bien belles mais qu' elles ne pourraient jamais être appliquées.
Fillon s' est remis en selle hier soir...

C' est lui qui avait le plus à gagner, et ses adversaires le plus à perdre dans cette confrontation qui sera très commentée dans vos médias.

J' attends de voir dans les jours qui viennent si ce débat aura une influence sur les intentions de vote des français.

Evidemment, il y a eu des moments forts de part et d' autres ( Mélenchon a été assez percutant parfois) mais pour moi une chose est claire: FILLON est sans doute celui qui aura le plus bénéficié de sa prestation auprès de son électorat potentiel...Hier il a peut-être repris une partie de son retard sur son électorat.

NB: vous aurez bien compris que ces considérations sur le débat n' ont rien à voir avec ce que je pense personnellement de Fillon et de son projet économique pour la France.Je parle de la manière naturelle avec laquelle il s' est placé au dessus de la mêlée, et a su séduire son électorat...

Grand débat: le grand bénéficiaire est François Fillon...
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 17:50

Bonjour les amis,

En 1967 j' avais 9 ans et je me souviens très bien d' une belle chanson de Michel Fugain dont les paroles m' avaient marquées. 

Il s' agit de JE N' AURAIS PAS LE TEMPS. 

 

Alors, quand on a 9 ans la question du temps qui file entre les doigts n' est pas à l' ordre du jour: on a toute la vie devant soi.

Mais quand on arrive à mon âge, il n' en va plus de même.

On sait qu' on ne pourra pas tout voir, ni tout découvrir.Pour tout dire ça ne me dérange absolument pas car mes yeux ont déjà admiré de telles merveilles qu' il ne m' est pas difficile d' imaginer celles que je n' ai pas vues.Je ne ressens aucune frustration de ne pouvoir tout voir.

Le problème du manque de temps ne se pose pas pour moi pour les voyages comme pour le protagoniste de la chanson qui se désespère de ne pouvoir  courir et contempler tout l' univers.

Pour moi, le problème du temps commence à se poser cruellement pour la lecture.

Si je fais un état des lieux,je me dis que j' ai déjà lu beaucoup d' auteurs mais pas le millième de ce j' aimerais lire, notamment en littérature,romans,romans policiers, essais historiques , essais philosophiques,poésie, divulgation scientifique, essais économiques, etc...

J' ai les yeux plus gros que le ventre.

Que faire ? Comment gérer le temps qui reste en sachant que je n' arriverai pas à tout lire ?

Quand j' étais jeune et que je lisais un livre  que finalement je trouvais décevant j' allais jusqu' au bout quand même, mais aujourd' hui c' est terminé.Cette vie est trop courte et il y a tant d' auteurs intéressants que je ne peux perdre mon temps avec ceux qui ne le sont pas vraiment...

Pareil pour les auteurs qui manquent d' originalité.Dès qu' un roman ou un essai me fait penser à un autre,ou tombe dans les lieux communs, je laisse vite tomber.

Il faut que je trouve rapidement ce que Rabelais appelait la substantifique moelle.

Donc je suis devenu un lecteur impatient.

Or c' est un travers dangereux aussi car il faut se prendre le temps de lire calmement et avec patience certaines pages qui le méritent.S' imprégner avec plaisir de l' univers de certains auteurs.Ne pas tout lire dans l' urgence !

Du coup,j' ai une vitesse de lecture en dents de scie.J' accélère avec certains textes et je m' oblige à me freiner sur d' autres, en me disant que ce qui compte ce n' est pas la quantité mais la qualité.

 

 

 

 

Les yeux plus gros que le ventre...

Toujours est-il que mon problème de base n' est pas résolu car les livres s' empilent sur mon bureau en attendant que j' ai un moment pour les lire.Certains attendent 6 mois, un an, deux ans...et d' autres sont finalement rangés dans la bibliothèque sans avoir été lus, pour " y faire beau"...

Avant-hier je suis resté quelques heures dans l' indécision entre 2 ouvrages qui m' attendent depuis longtemps..

Que fais-je ? Que vais-je lire en premier ?

L' énorme essai de 640 pages de Naomi Klein sur l' avenir de notre planète face à la catastrophe climatique et les possibles solutions qui s' offrent à nous pour en minorer les effets tant qu' il est encore temps ?

Les yeux plus gros que le ventre...

Ou alors,dans un registre qui n' a rien à voir, lire un pavé romanesque de 716 pages intitulé LE GANG DES RÊVES de Luca di Fulvio ?

Les yeux plus gros que le ventre...

En fait, je n' ai pas vraiment choisi mais j' ai finalement commencé LE GANG DES RÊVES dont les premières lignes sont prometteuses:une histoire d' émigrés italiens arrivant en Amérique au début du siècle dernier.Une sorte de  IL ETAIT UNE FOIS L' AMERIQUE littéraire...Et je vais sans doute me prendre le temps de ne pas le lire trop vite.

A suivre donc....Je ferai un billet sur ce roman s' il tient ses promesses.

En attendant, le bouquin de Naomi Klein, et quelques dizaines d' autres m' attendent patiemment sur ma table de chevet.

Je terminerai sur une note humoristique du film AMADEUS quand Mozart essaie plusieurs perruques et ne sait laquelle choisir  car elles lui plaisent toutes.

Il s'exclame: " Pourquoi n' ai je pas trois têtes? " avec son rire haut-perché si particulier...

Et bien, je me sens un peu comme lui...Pourquoi n' ai-je pas 3 ou 4 têtes pour lire en même temps des ouvrages d' histoire, d' économie, de science. de littérature, etc....etc...

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 06:09

Bonjour les amis,

Quand on aime bien une chanson et qu' on n' a pas le registre nécessaire pour se la chanter , on a toujours la possibilité de recourir au sifflement.

Votre serviteur est capable de tout vous siffler, la 5 ème de Beethoven, l' air de la Traviata ou les Noces de Figaro...

Mais on oublie souvent que le sifflement peut faire partie intégrante d' un morceau ou d' une chanson.

Dans les années 70 on a eu un artiste qui était le Roi incontesté du sifflement.C' était Roger Whitakker. On se souvient tous de son morceau qu' on a entendu des millions de fois sur les ondes.Le voici sur ce document plus récent interprétant son grand tube de l' époque.

Ecoutez bien ce morceau, et si ça ne vous met pas de bonne humeur c' est que je ne peux plus rien faire pour vous...

 

Il y a eu FERRAT avec ses Belles étangères...l' une des plus belles réussites sifflées.

Les Mamas & the papas avec Cass Elliot à qui j' avais consacré un billet.

Mike and the Mechanics qui est un  groupe que j' affectionne beaucoup.

Un air des SCORPIONS qu' on n' a pas oublié...

Celui-ci j' ai failli ne pas le mettre car on l' a trop entendu...il est devenu Kripsant...

LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAI en hommage à mon oncle Angelo.Celui-ci, passionné d' animaux avait passé des heures à apprendre à son merle à siffler l' air de ce film. 

Un autre air très connu...qui peut énerver aussi car trop entendu dans les pubs...

Je n' ai pas arrêté de siffler cet air-ci dans les années 70...

Un générique plein d' entrain et de bonne humeur qu' on a tous en tête.

Et enfin, de manière plus récente, cet air qui apparaît dans LA LA LAND.Si cet extrait ne vous donne pas envie de voir le film, c' est désespéré...

Alors je reviens sur le titre de mon article.Pourquoi un tel titre ?

Et bien, c' est très simple.J' avais une très belle voix dans mon enfance ( j' étais le soliste de ma chorale) , et aujourd' hui, même si je chante encore dans un choeur, je ne peux plus aborder les airs qui sont dans les registres des ténors ....alors, il ne me reste plus qu' à les siffler...

 

Vous chantiez ? ...Eh bien !  Sifflez maintenant.

Je terminerai ce billet qui j' espère vous aura mis de bonne humeur avec un petit hommage à Joe Dassin  qui, dans sa chanson, se fait mener en bateau par une charmante demoiselle espiègle et un peu perverse.On s' est tous pris des râteaux dans la vie mais en sifflotant c' est finalement plus agréable...

PS: Hors-sujet.

C' était la semaine de la francophonie alors je vous propose une petite citation de Léo Campion construite sur une troublante juxtaposition...

Vous chantiez ? ...Eh bien !  Sifflez maintenant.
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 13:46

Bonjour les amis,

Je viens de découvrir MAINTENANT un sketche de Pierre Palmade qui a déjà 6 ans.

Je suis mort de rire ( avec 6 ans de retard) et je trouve que ce sketche n' a rien perdu de son actualité.

D' ailleurs je pense qu' un certain candidat dont le nom commence par MA et finit par CRON s' en est largement inspiré.

Le voici...for the fun...

Et puis je vous fait deux cadeaux pour le prix d' un.

Voici un petit aphorisme croustillant de Gilles Deleuze.

Moi, président !

Bon dimanche les amis...

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 06:50

Bonjour les amis,

Je continue de vous faire visiter les années 70 à travers de grands artistes qui les ont marqués.

Cette fois-ci je vais vous parler d' un disque inconnu du grand public  qu' on se passait sous le manteau, un disque qui n' a jamais cartonné dans les hit-parades mais que de très nombreux baba cools de mon époque connaissaient.

Il s' agit de l' album de TIA BLAKE une jeune artiste géorgienne.Un album unique sorti sous label français dans des conditions improbables.

Pour en savoir plus sur cette artiste je vous invite à lire cet article paru dans TELERAMA:

Alors moi je vais surtout vous parler d' une seule chanson, de celle qui m' a le plus marqué et qu' il m' arrive de fredonner ( ou de siffler) encore aujourd' hui.

C' est une ballade irlandaise révolutionnaire bien connue intitulée THE RISING OF THE MOON.

J' en ai entendu plusieurs versions dans ma vie mais je peux vous assurer que ma préférée est de loin celle de TIA BLAKE...

Ecoutez ce morceau d' abord.

J' adore dans cette version la façon minimaliste avec laquelle TIA interprète cette chanson.Sa voix douce, fragile comme un oiseau blessé, nous touche profondément.Théoriquement c' est une chanson révolutionnaire mais Blake la chante avec tristesse et mélancolie, comme si l' issue tragique du combat inégal contre les anglais en était connue d' avance.

Notez les accompagnements guitare qui sont délicats et du plus joli effet (j' adore la petite descente harmonique à 35 secondes puis à 1 min 26 secondes...).

Alors ce disque on l' a passé des dizaines de fois à l' époque mais on n' a plus jamais rien su de TIA BLAKE par la suite...comme ça arrivait fréquemment avec beaucoup d' artistes dans ces années-là.Artiste d' une chanson ou artiste d' un seul album.

Alors si vous voulez écouter le reste cet ALBUM-CULTE, c' est ici, sur le lien youtube:

1. Betty and Dupree (00:00)
2. Black Is the Color (03:25)
3. Wish I Was a Single Girl Again (05:50)
4. I Am a Man of Constant Sorrow (08:22)
5. Jane Jane (11:08)
6. Lost Jimmi Whalen (14:40)
7. The Rising of the Moon (16:58)
8. Hangman (20:50)
9. Turtle Dove (24:07)
10. Plastic Jesus (27:02)
11. Polly Vaughn (29:33)

 

TIA BLAKE cette belle étoile filante du folk-song qui est passée dans le ciel parisien en 1971...
TIA BLAKE cette belle étoile filante du folk-song qui est passée dans le ciel parisien en 1971...

TIA BLAKE fut une étoile filante qui passa dans le ciel parisien....une étoile que je n' ai jamais oubliée.Sa version de THE RISING OF THE MOON est restée gravée au fond de mon coeur.

And come tell me Sean O'Farrell, tell me why you hurry so
Hush a bhuachaill, hush and listen and his cheeks were all aglow
I bear orders from the captain, get you ready quick and soon
For the pikes must be together at the rising of the moon
At the rising of the moon, at the rising of the moon
For the pikes must be together at the rising of the moon
And come tell me Sean O'Farrell, where the gathering is to be
At the old spot by the river quite well known to you and me
One more word for signal token, whistle out the marching tune
With your pike upon your shoulder at the rising of the moon
At the rising of the moon, at the rising of the moon
With your pike upon your shoulder at the rising of the moon

Les paroles ont été écrites par John Keegan Casey (1846-1870), le " Fenian poète".Elles ont été mises en circulation en 1865.La ballade se réfère à la rébellion de 1798 des Irlandais Unis.L' air d' espoir et d' optimisme associé à la rébellion, en fin de compte condamnée,était destiné à servir d' inspiration pour les rebelles dans leur lutte contre l' occupant anglais.

Voici une traduction très approximative faite par moi-même.

 

Viens et dis-moi Sean O'Farrell, dis-moi pourquoi tu te dépêches ainsi
Tais-toi gamin, tais-toi et écoute, et ses joues s' étaient embrasées
Je reçois les ordres du capitaine,  prépare-toi vite et bientôt
Car les piques doivent être ensemble au lever de la lune
Au lever de la lune, au lever de la lune
Car les piques doivent être ensemble au lever de la lune
Viens et dis-moi Sean O'Farrell, où le rassemblement doit être ?
À l'ancien endroit près de la rivière assez bien connu par toi et moi
Un mot de plus pour indiquer le signal: sifflez la mélodie de la marche
Avec ta pique sur l' épaule au lever de la lune
Au lever de la lune, au lever de la lune
Avec ta pique sur l' épaule épaule au lever de la lune

Nota:bhuachail= jeune irlandais

La chanson originale était plus longue et contenait d' autres couplets

 

Alors je vous ai dit au début de l' article que la version de TIA BLAKE était ma préférée.Ecoutez par exemple celle de Peter, Paul and Mary qui étaient d' immenses artistes.

C' est très très bien ce qu' ils font et leur ton plus vindicatif est plus dans l' esprit de la chanson originale...oui, mais la version simple, minimaliste et délicate de TIA BLAKE me touche davantage et me met la chair de poule...

TIA BLAKE c' est toute une époque pour moi.Elle représentait la liberté, la beauté...ces belles jeunes filles aux cheveux longs, mystérieuses,libres et indépendantes, rencontrées au coin des terrasses de cafés sous le soleil d' un joli mois de Mai, qui portaient des jeans délavés, qui sentaient bon le patchouli, qui nous charmaient et nous envoûtaient.

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 12:12

Bonjour les amis,

en surfant sur le net, je suis tombé sur des images réjouissantes d' un flashmob réalisé dans un centre commercial à Istambul.

Les musiciens et les chanteurs sont éparpillés un peu partout, disséminés dans la foule...et d' un seul coup surprise...surprise....

 

Alors moi, les amis, de telles images m' émeuvent et me laissent rêveur.Le trompettiste qui arrive par l' escalator, les choristes qui se lèvent des tables de café,La tête des gens émerveillés...c' est vraiment top cette mise en scène.

Je vis à 3 minutes d' un grand centre commercial qui serait un endroit idéal pour faire un truc pareil.Quel bonheur ce serait de faire un flashmob comme celui-là, et de faire retentir l' hymne de la ligue des champions  à une heure de grande affluence.Quelle émotion ce serait !

 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 07:43

Bonjour les amis,

Au fur et à mesure que nous avançons dans la vie, la mort  des êtres proches nous frappe tous de manière singulière, aléatoire et chacun essaie de les appréhender, de vivre sa solitude, en gardant un sens à sa propre vie.

E la nave và...le navire de la vie continue.

Aujourd' hui, je viens de lire dans EL PAIS un court billet de Fernando Savater ( un philosophe espagnol que j' aime beaucoup) qui est particulièrement sombre, un billet écrit pour le deuxième anniversaire de la disparition de son épouse.

On pouvait s' attendre à ce que philosophe armé de sa seule sagesse acquise au cours d' une longue vie accepte de manière stoïque les durs aléas du destin.Mais son billet paru aujourd' hui a une autre teneur.

Le voici d' abord en espagnol, suivi d' une traduction que j' ai faite en français, assez imparfaite, mais qui en résume le contenu.

 

De Emanuel Swedenborg, al que Kant llamó “visionario”, cuenta Borges que “hablaba con los ángeles por las calles de Londres”. Aunque fue un científico notable (hizo los planos de un avión y un submarino, descubrió el funcionamiento de las glándulas endocrinas, lanzó la hipótesis de la formación nebulosa del Sistema Solar, etcétera...), su verdadera especialidad fue el Mas Allá, la posvida en el Cielo y el Infierno. Explicó que al comienzo los condenados no son conscientes de su muerte y creen que continúan en su esfera cotidiana: les rodean los muebles y utensilios familiares, los paisajes conocidos. Poco a poco, van produciéndose desapariciones —la butaca favorita, el piano, una ventana, las flores del jardín...— y luego surgen en lugar de lo desvanecido formas equivocadas o amenazadoras. Por fin se dan cuenta de que no están en casa sino en el Infierno y empieza su eterna condena.

Creo poder confirmar esta tesis de Swedenborg. Hace tiempo que las cosas de mi mundo se van difuminando, pierden sustancia. Los libros siguen presentes y tentadores, pero al abrirlos algo ha drenado su savia hasta dejarlos huecos, exánimes. Las películas nuevas son peores que las antiguas, las antiguas peores de lo que las recordaba: sentado ante el televisor con desasosiego ya no siento la expectativa feliz porque ahora nadie apoya sus pies en mi regazo. Se fue el disfrute... Y los sitios que recorrimos juntos están hoy cubiertos de sudarios, como esas sábanas que tapan las formas incómodas de los muebles en una casa abandonada. Los platos más sabrosos, crujientes, aromáticos... comienzan a deleitarme la boca pero luego adquieren insipidez y amargura de ceniza. Llega el infierno y se revela mi condena, la más atroz: creer que estoy vivo y que es ella la que ha muerto. Hoy hace ya dos años.

D' Emanuel Swedenborg, que Kant appella le «visionnaire», Borges raconte qu' il « parlait avec les anges dans les rues de Londres." Bien qu'il fut un scientifique remarquable (il a imaginé des plans d'un avion et d' un sous-marin,  découvert le fonctionnement des glandes endocrines,  lancé l'hypothèse de la nébuleuse formation du système solaire, etc ...), sa vraie spécialité était l'au-delà, et la post-vie au ciel et en enfer. Il a expliqué que les condamnés commencent par ne pas être conscients de leur mort et continuent de croire en leur sphère quotidienne: les meubles autour d'eux et les ustensiles de la famille, des paysages connus. Peu à peu, ils se produit des disparitions: la chaise préférée, le piano, la fenêtre, les fleurs de jardin ...- puis émergent plutôt que des dissipations des formes fausses ou menaçantes . Enfin, ils se rendent compte qu'ils ne sont pas à la maison, mais en enfer et commence leur damnation éternelle.

Je pense que je peux confirmer cette thèse Swedenborg. Ça fait longtemps que les choses de mon monde sont devenues floues, perdent de leur substance. Les livres sont toujours présents et tentants, mais lorsqu'ils sont ouverts quelque chose a drainé leur sève jusqu'à ce qu'ils ne deviennent creux, sans vie. Les nouveaux films sont pires que les anciens, et les anciens pires que le souvenir que j' en gardais: regarder la télévision en ne ressentant plus l'anticipation heureuse de ta présence à mes côtés me met mal à l' aise. Le plaisir s' en est allé ... Et nous avons marché ensemble dans des sites qui sont maintenant couverts  de linceuls, comme ces draps qui couvrent les formes encombrantes de meubles dans une maison abandonnée. Le plus savoureux, croustillant, aromatique des plats commence par ravir le palais puis acquiert la fadeur et l'amertume de cendres.Mon enfer est arrivé et ma condamnation la plus atroce est révélée: je crois que je suis en vie et que c'est elle qui est morte. Aujourd'hui, il y a deux ans.

Quand la sève se retire de l' arbre...

Savater reprend la métaphore de Swedenborg pour nous peindre une vision cauchemardesque de l' absence de l' autre et de la solitude.

Chacun a sa propre histoire, et j' espère que la mienne ne se paraîtra jamais à celle-ci, que je ne connaitrai jamais ce sentiment de dévastation.

Le souvenir des être aimés et perdus m' alimente encore, me réchauffe le coeur, m' aide à vivre.

Et j' espère rester vivant jusqu' à la dernière seconde.

Il paraît que François Mitterrand, déjà très malade, aimait se promener en respirant profondément l' air frais des matins clairs, en s' exclamant: " Que c'est bon ! "

Cette semaine, j' ai appris la disparition du père d' une de mes amies, à l' âge de 93 ans, sur son motoculteur.

Vous imaginez ça ? mourir en cultivant la Terre...Quel don du ciel !...Quelle bénédiction..! 

Ce monsieur avait connu la douleur de perdre son épouse quelques années auparavant, mais il a continué à travailler la terre.Et si c' était lui le vrai philosophe ?

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 23:27

Bonjour les amis,

Vous avez remarqué que depuis quelques semaines je vous propose de revisiter l' activité musicale des années 70 qui furent particulièrement fécondes et dont nombre de jeunes gens d' aujourd' hui n' ont pas encore capté tout l'héritage important pour le patrimoine universel de la Musique.

Dans ces années-là, le Rock cherchait ses lettres de noblesse,voulait échapper à l' étiquette de musique de divertissement, et tendre parfois des ponts avec la Musique contemporaine qui bénéficie d' un grand prestige culturel.

Evidemment, pour entrer dans le monde fermé de la musique contemporaine il faut montrer patte blanche et être capable de composer des oeuvres qui aient un minimum de facture musicale et qui dénotent d' une richesse et d' une connaissance harmonique qui ne sont pas dans les cordes de compositeurs qui n' auraient pas reçu de solide formation d' harmonie orchestrale.

Je vous rappelle que , par exemple, tous les grands titres des Beatles étaient arrangés par Georges Martin le 5 ème Beatles, qui lui, savait écrire pour orchestre, ce qui n' était absolument pas le cas de Mc Cartney , ni de Lennon qui étaient de bons mélodistes.

A cette époque, la musique de Pink Floyd rencontrait un vif succès dans le monde des cadres supérieurs qui aimaient se relaxer et déstresser en écoutant de la musique planante après une longue journée de travail harassant.

Cette musique était très soignée, avec des arrangements peaufinés de grande qualité plastique grâce au travail de Rick Wright. Elle contenait aussi beaucoup d' éléments empruntés à la musique contemporaine, notamment avec l' usage de très nombreuses percussions, mais la base harmonique des créations de Pink Floyd était surtout empruntée au Blues et au Jazz.

Les solos de Gilmour sont presque tous construits sur des gammes pentatoniques, et certains morceaux de Wright ( même s' ils ont reçu "un habillage rock") sont en réalité construits sur des accords de Jazz.

Mais en 1970, le groupe va se lancer dans un projet musical qui proposera une fusion improbable entre le Rock et la musique contemporaine en collaborant avec Ron Geesin, un compositeur écossais très original et avant-gardiste.

Cela donnera l' album ATOM HEART MOTHER dont voici la pochette ci-dessous.

 

Atom Heart Mother au Châtelet ...un concert extraordinaire avec Ron Geesin !
Atom Heart Mother au Châtelet ...un concert extraordinaire avec Ron Geesin !

Sur ce 33 tours figure le morceau Atom Heart Mother de 24 minutes qui donne le nom à l' album.

Un morceau, composé de plusieurs parties, dans lequel apparaîtront des instruments d' orchestres (avec une grosse section de cuivres, violoncelles, etc...), des bruitages ( dont notamment le bruit du moteur d' une moto qui accélère, des bombardements, etc...), une chorale, les claviers et synthétiseurs modernes, et les instruments classiques du Rock ( guitares, basse, batteries).

Ce fut un pari fou, mais un pari parfaitement réussi et gagné qui enthousiasma les auditeurs.

Alors, j' ai appris grâce à un ami internaute qu' il y avait eu un concert au Châtelet avec Ron Geesin au piano et l' Orchestre de Radio France en 2012.

C' est une excellente initiative que je ne peux que saluer.En effet, de la même manière qu' on réinterprète aujourd' hui des oeuvres de Bartok ou de Ravel, j' estime que certains chefs d' ouevre du Rock méritent d' être réinterprétés comme des classiques.

Si j' avais été à Paris à l' époque je n' aurais pas raté ce concert-là ! Heureusement pour moi, je peux disposer sur youtube du magnifique témoignage audiovisuel que j' ai mis en lien ci-dessous !

Avant de passer ce morceau, je conseillerais à ceux qui ne connaissent pas l' oeuvre de ne pas l' écouter en diagonale et de manière superficielle.Elle est riche et mérite un autre traitement.Prenez vous 23 minutes et savourez-en chaque instant. Elle le mérite.

Voici quelques points de repère.

2 min 17 sec: exposition du thème musical après une intro très contemporaine, brillante, avec de belles tensions harmoniques

3 min 58 sec: solo de violoncelle

5 min 20 sec:  solo de guitare avec emploi du bottle neck

6 min 54 sec: entrée du choeur

11 min 24 sec: passage instrumental + choeurs

17 min : retour du thème principal

 

 

Alors après ce disque certains utiliseront pour le progressive rock le terme de ROCK SYMPHONIQUE qui est une étiquette que je n' aime pas.

ATOM HEART MOTHER reste un disque à part.C' est une parfaite réussite mais il n' y aura pas d' épidémie de disques de rock symphonique.Il y en aura d' autres dont je parlerai un jour, mais on peut les compter sur les doigts de la main.

Enfin pour les fans qui auraient été séduits par ce concert, je vous propose l' original studio des années 70 avec des arrangements très " chiadés"...Je l' ai écouté quelques milliers de fois sur ma platine DUAL des années 70...J' en connais la moindre note car , au cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte, je suis un grand fan de la première heure de la musique de  Pink Floyd. 

PS: Pour la petite histoire sachez que Stanley Kubrick, très emballé par ce morceau avait demandé au groupe Pink Floyd d ' en utiliser des passages dans son film ORANGE MÉCANIQUE, et que ceux-ci avaient refusé poliment...Plus tard, en se rendant compte que ce film était un pur chef d' oeuvre, les musiciens ont un regretté leur refus initial, mais il était un peu  tard...

Atom Heart Mother au Châtelet ...un concert extraordinaire avec Ron Geesin !
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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 14:10

Bonjour les amis,

Il y a deux jours je vous parlais de Frida Boccara et j' avais mis en lien l' une de ses chansons inspirée d' une Aria de la Passion selon Saint Mathieu de J.S. Bach, et intitulée Cent mille chansons.

Alors cette chanson m' a replongé dans un épisode très précis de mon histoire personnelle:

 le jour où J.S. BACH est entré DÉFINITIVEMENT dans ma vie.

C' était dans les années 80. Je prenais des vacances dans le Nord de l' Italie et je me baladais dans Florence à la nuit tombée.Je me dirigeais vers mon hôtel quand j' aperçus un attroupement de personnes devant la Basilique San Lorenzo.

C' était complètement inhabituel car à cette heure tardive les églises sont fermées.Je m' approche du groupe et demande à un vieux monsieur italien le motif de cet attroupement, et celui-ci m' explique qu' il va y avoir un concert de musique sacrée.Il s' agit d' un grand choeur bavarois accompagné de tout un orchestre qui vont interpréter la Passion selon Saint Mathieu de J. S. BACH.

Il me précise que l' ensemble orchestral allemand est de grande qualité technique et que le samedi suivant ils doivent interpréter cette même Passion au Vatican devant le Pape Jean-Paul II.

Je sympathise avec ce charmant mélomane italien qui m' explique qu' il est tout seul,que je peux voir le concert avec lui et qu' il en profitera pour m' exposer les grandes lignes de l' oeuvre, et comment elle s' articule.Bien évidemment j' accepte son invitation sans la moindre hésitation.

Je ne connaissais presque rien de J. S. BACH à l' époque mais j' ai tout de suite été emballé par le fait de pouvoir assister, de manière complètement improvisée, à l' exécution d' une oeuvre d' une telle envergure.

Nous sommes entrés dans l' Eglise.J' ai pris un des carnets à disposition du public avec le texte original de l' oeuvre traduit en 4 langues.Mon ami transalpin s' installa près du choeur sur la gauche.Nous étions très bien placés.

 

 

Le jour où J.S. BACH est entré dans ma vie...
Le jour où J.S. BACH est entré dans ma vie...

Quand le concert commença, mes amis, ce fut tout de suite LE CHOC !

Ecoutez les 3 premières minutes...

Pendant que vous entendez le début de cette oeuvre sur vos enceintes dites vous que dans une église, avec la réverbération naturelle qu' il y a,l' effet est très impressionnant: vous êtes subitement projeté dans la 5 ème dimension....Et dès que le choeur entre à 2 minutes trente secondes on en attrape la chair de poule.

Je me sens littéralement transporté par l' ampleur et la profondeur de cette oeuvre imposante et magistrale.Au fil des minutes, je m' installe peu à peu dans cette Passion en suivant sur le carnet la traduction des parties chantées pour ne pas en perdre une miette.

Puis arrivent les parties pour soliste, dont notamment le fameux ERBARME DICH, MEIN GOTT.

L' une des plus belles pièces jamais composées.Si vous n' êtes pas ému c' est que vous n' êtes pas complètement  humain...

 

Le " Mache dich mein herze rein"...( qui fut réadapté par Frida).

 

L' oeuvre durera près de 3 heures, et quand arrivera la partie finale avec le choeur, je serai au bord des larmes.

Je n' avais jamais entendu rien de tel...J' étais soufflé !

Ce concert, ça a été un vrai choc, une révélation.Dès que je suis rentré à Paris je me suis précipité  à la Fnac pour acheter le disque.Comme je n' y connaissais rien, j' ai commencé avec Karajan.Plus tard j' écouterai d' autres versions sur instruments anciens. Harnoncourt, Herreweghe, etc...

Je pris durant la même semaine la décision de m' inscrire à l' école de musique Paul Beuscher ( cours de solfège et de piano, alors que j' avais 26 ans).

Je dirai à mon professeur de piano: " Il faut que vous m' appreniez à jouer du Bach..."

Celui-ci sourira et me fera remarquer que le piano n' existait pas à son époque...Peu importe !

Oui ce concert avait définitivement changé ma vie.Bach ne me quittera plus jamais.

je travaillerai sur ses préludes et fugues avec acharnement pendant des dizaines d'  heures.

Plus tard, je découvrirai l' étendue de son oeuvre orchestrale et instrumentale.Un véritable puits sans fond...Une production qui donne le vertige.

L' artiste le plus fécond et le plus universel de toute l' humanité.

Je lirai avec avidité sa biographie très dense écrite par Roland de Candé.

 

Le jour où J.S. BACH est entré dans ma vie...

Un certain nombre d' années plus tard j' intègrerai une chorale qui me permettra d' interpréter certaines de ses oeuvres comme le Jesu Bleibet, meine freunde.

Non, Bach ne me quittera plus jamais.

Il est le seul artiste ( avec Mozart) qui m' a fait douté de la non-existence de Dieu car, quand on interprète ses oeuvres Dieu n' est jamais loin.

C' est le seul compositeur dont je ne me suis jamais lassé.Jamais !

Bien sûr, je continuerai de me passionner pour des tas d'autres compositeurs, des tas d' autres musiques, mais Bach m' accompagnera toujours et de manière définitive.Comme un bon ami toujours présent dans les meilleurs moments comme dans les pires.

Et vous savez quoi ?

Si on m' abandonnait sur une île déserte avec la possibilité d ' emmener toutes les oeuvres d' UN SEUL compositeur, d' après vous, lequel choisirais-je ?

Le jour où J.S. BACH est entré dans ma vie...

Alors pour revenir à la chanson de Frida Boccara. Elle y parle de cent mille  chansons, de cent mille saisons.

Comment ne pas penser à Bach qui fût tout cela ! 

Cent mille  chansons, cent mille saisons .CENT MILLE SOLEILS RADIEUX !

Bach, d' une fécondité prodigieuse, qui ne se répétait jamais,et qui composait le Bonheur, tout simplement.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 09:08

Bonjour les amis,

Quand j' étais môme, j' étais fan  de tous les films et séries SF des années 50-60.J' adorais les histoires de martiens qui attaquent.Les soucoupes volantes et les robots aussi m' épataient et m' inquiétaient.

Certains de ces films me firent forte impression comme LA PLANÈTE INTERDITE par exemple  dont l' histoire recelait un très beau mythe: celui du monstre qui se nourrit de l' énergie que déploient ses ennemis contre lui.Plus on l' attaque et plus il devient puissant et monstrueux ( mythe adaptable aujourd' hui au FN par exemple...).

Je me souviens qu' il y avait un robot qui m' avait fait une très forte impression dans LE JOUR OÙ LA TERRE S' ARRÊTA.Quand il ouvrait sa visière pour projeter un rayon laser destructeur et mortel, j' étais pétrifié d' angoisse et de peur...

 

Fais-moi peur Freddy !

Certains de ces films ont alimenté mon imaginaire, mais quand on en revoit d' autres aujourd' hui on a plutôt envie de sourire.Les effets spéciaux ( si on peut les appeler comme ça ) sont tellement rudimentaires qu' on a tout simplement envie d' éclater de rire.

Voici un bel exemple avec THE GIANT CLAW de Fred F Sears qui date de 1957.

Alors allons-y .... Fais-moi peur Freddy...Je suis prêt...

 

Fais-moi peur Freddy !

Ecartez les enfants de votre PC et regardez les images de cet abominable monstre...

Fais-moi peur Freddy !

Un gros plan insoutenable

Fais-moi peur Freddy !

Mon Dieu ! Le pilote arrivera t' il à échapper aux griffes de l' abominable volatile ? 

Pour avoir la réponse à cette question angoissante il vous faudra aller voir le film...

Fais-moi peur Freddy !

Histoire de vous mettre l' eau à la bouche voici la bande-annonce.

Âmes sensibles s' abstenir...

Alors, on a beau savoir qu' on était en 1957, on se dit que, même à l' époque,et avec un minimum de budget, on pouvait offrir autre chose au public que cette énorme dinde en carton-pâte.Je n' ai pas fait de recherches mais je crois bien que des films de SF série B ( ou C) avec des créatures comme celle-là , il y a dû y en avoir des centaines dans ces années-là.

J' essaierai de vous offrir un florilège un de ces jours.

En attendant , je dédie ce petit billet à Basile de Césarée qui a partagé sur Facebook cet extrait hilarant de film de science fiction.

PS: Puisqu' on parle de monstres je vous propose une devinette que j' ai déjà dû vous soumettre mais qui me fait toujours rire...

Quelle est la différence entre un abominable homme des neiges et une abominable femme des neiges?

Réponse sur le lien ci-dessous

https://www.humour.com/blagues/quelle-est-la-difference-entre-un-abominable-homme.htm

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