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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:36

Bonjour les amis,

Hier , je vous ai fait un petit topo sur  FRANTZ, le film de François Ozon qui parle d' amitiés et d' amours franco-allemandes.

J' ai été particulièrement sensible à cette histoire, et le film a provoqué un flash-back personnel, qui n'a rien à voir avec la première guerre mondiale, mais qui m' a replongé dans un épisode de ma vie affective...

C' était en 1981.Mitterrand venait d' être élu président et l' Europe entière s' interrogeait avec inquiétude sur son premier gouvernement dans lequel étaient entrés 6 ministres communistes ( j' étais moi-même affilié au PC à l' époque).

Je décide d' aller en Grande-Bretagne au mois de Juillet passer des vacances, avec une carte inter-rail qui me permettra de me déplacer librement, et gratuitement sur tout le territoire grand-breton.Mon idée c' était d' improviser mon voyage,sans route précise, et d' aller d' auberges de jeunesse en bed and breakfast, au gré de mes inspirations.

Donc, arrivé au mois de Juillet me voila embarqué vers la Grande -Bretagne.Premier arrêt à Londres où je passe deux ou trois jours et je décide ensuite d' aller vers l' Ecosse.

Dans le compartiment du train qui m' amène à Edimbourg, s' asseoit un jeune couple allemand.La jeune fille est très séduisante, de taille moyenne,au regard bleu clair,avec une jolie frimousse à la Claudia Schiffer, quelques tâches de rousseur,une chevelure blonde comme les blés coupée au carré, et des formes avantageuses et sensuelles qui ne pouvaient me laisser insensible.Une beauté très naturelle sans aucun artifice ni maquillage.

J' étais plongé dans la lecture de Perceval ou le conte du Graal.A l' époque le film EXCALIBUR de John Boorman triomphait sur tous les écrans et nous étions tous épris de légendes arthuriennes.

Pendant ma lecture, je sens que la jeune fille parle de moi en allemand à son ami qui semble approuver ce qu' elle dit.Puis, elle engage la conversation avec moi.Elle se présente.Elle s' appelle Petra, et son copain s' appelle Jürgen. Elle me demande si je suis en vacances, et puis, rapidement, au fil de la conversation elle me propose que nous découvrions Edimbourg ensemble tous les trois.J' accepte de bon gré l' invitation.

Dans les jours qui suivront, nous visiterons ensemble la ville et les alentours, irons dans les pubs ...On se raconte notre histoire personnelle, nos études, nos projets professionnels.

Nous parlons beaucoup de musique, de cinéma, de littérature, de politique avec la gauche qui vient d' arriver au pouvoir...J' apprends beaucoup de choses sur la culture allemande. Jürgen se sent obligé, à un moment donné de me parler de son père qui a été pilote dans l' aviation allemande durant la seconde guerre mondiale , ce qui lui a , entre autres, provoqué une surdité. Jürgen me dit que son père n' aime pas parler de cet épisode de sa vie.Je ressens parfaitement chez ce jeune couple l' envie de ne pas cacher, de ne pas occulter cet épisode obscur de l' histoire de leurs parents qu' ils se sentent obligés d' assumer.

Bien évidemment, au cours de nos conversations, je prends bien soin de leur faire comprendre que pour nous, il est hors de question de faire porter à la nouvelle génération allemande le poids des pêchés du nazisme.Et que, par ailleurs, nous ne confondons pas soldats allemands de la Wehrmacht et nazis.

Je me sentais très bien avec ce couple avec lequel s' était noué une sincère amitié. Seulement,il y avait un petit problème quand même.J' étais de plus en plus sous le charme de Petra qui était très séduisante, et je trouvais que la situation devenait de plus en plus fausse et  malsaine vis-à-vis de Jürgen.

Donc, je prends la décision de continuer le voyage seul vers les îles Orcades et de prendre congé de mes amis allemands.Nous échangeons nos adresses et nous promettons de maintenir le contact, une fois de retour à la maison.

Mon voyage continue donc sans eux.Je suis sous le charme de ces îles du Nord, et de l' immense sérénité et quiétude qui s' en dégagent.Je décide ensuite de redescendre l' Ecosse par la côte Ouest jusqu' à arriver à l' île de Sky où je fais de magnifiques balades en solitaire dans des paysages de montagnes.

Je prends la décision d' aller en Irlande, et quand j' arrive à la gare de Dublin... SURPRISE SURPRISE...J' entends la voix d' une fille qui crie mon prénom dans mon dos.

Je me retourne et qui vois-je ? Petra et Jürgen qui sont là également.

Alors là, les amis, j' aime autant vous dire que j' ai un vrai coup au coeur, et que j' y vois presque un signe du destin.

Nous n' avions convenu de rien, et nous nous retrouvons, PAR HASARD, dans un autre pays.

Nous nous congratulons de ces retrouvailles imprévues.Chacun raconte ce qu' il a vécu pendant la semaine antérieure, et puis nous reprenons naturellement notre voyage ensemble, et découvrons les mille et un trésors de l' Irlande et ses fabuleux paysages.

Nous ferons la traversée de retour en bateau vers l' Angleterre ensemble.Cela restera l' un des plus beaux souvenirs de ces vacances. Petra qui était rayonnante.Nous étions confortablement installés dans un salon du bar, avec vue sur une très belle mer, en dégustant du Whisky. Je me souviens même de la marque.C' était du Dimple.

C' était évident que je devenais de plus en plus amoureux de Petra, mais il était hors de question de trahir Jürgen, ou de le tenter.Ce mec était vraiment sympa, et la seule chose que je pouvais faire c' était de l' envier secrètement, sans rien en laisser paraître.

J' ai essayé de la jouer "classe"...

Nous nous sommes définitivement quittés quelques jours plus tard sur le quai de la gare à Calais.

Et puis, une fois de retour chez moi, je suis resté avec leur adresse sur ma table de chevet.

Je n'ai plus jamais repris contact avec eux.La raison en était simple.J' avais bien trop envie de revoir Petra qui s' était transformée, peu à peu, en mon idéal féminin...

Aujourd' hui, quand je repense à cette histoire j' ai envie de me donner des baffes.Comment peut-on être aussi sot !

Petra était une vraie petite princesse nordique.Elle m' enchantait, et c' est elle qui était venue vers moi.Que me fallait-il attendre de plus pour réagir ? 

Difficile de ne pas penser à ce que serait ma réaction si je revivais cette même situation mais avec mon état d' esprit actuel.Une chose est sûre.J' aurais peut-être respecté Jürgen mais je ne serais pas parti sans laisser un indice clair à Petra que mon coeur était libre, et qu' il ne tenait qu' à elle de s' en saisir.

Alors, pour revenir au film de François Ozon, il y a un moment-clé dans le film: une scène sur un quai de gare, où j' ai envie de baffer l' un des personnages...mais pour être complètement sincère, c' est moi-même que j' avais envie de baffer....quand moi aussi j' ai dit au revoir sur un quai de gare à Petra, sans oser lui envoyer un signal clair et pas équivoque.

Une histoire d' amour et d' amitié franco-allemande...
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Published by alea-jacta-est - dans amour Amitié Allemagne
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 16:16

Bonjour les amis,

Comme d' habitude j' ai un petit métro de retard, et je viens de voir cette semaine " Frantz" de François Ozon.

Voici un bref résumé de l' argument dramatique.

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

Ozon signe un film très académique, avec une reconstitution soignée de l' époque de l' immédiate après-première guerre mondiale,en utilisant de manière judicieuse le noir et blanc ( et en réservant l' usage de la couleur à certaines scènes).

Son film commence sur un mystère car on sent bien, dès le début, que le personnage d' Adrien n' est pas seulement qu' un ami de Frantz.

On se doute qu' il y a une situation fausse, ce qui génère un vrai malaise chez Adrien ( et aussi chez le spectateur).L' interprétation de Pierre Niney est assez époustouflante, tout en retenue, pleine de pudeur...Tout est dans le non-dit, dans le regard, dans les expressions. Ozon arrive à créer des ambiances tendues sans qu' il ne se passe pratiquement rien à l' écran.

Anna, la fiancée de Frantz essaie vainement de surmonter son deuil.Sa beauté suscite des convoitises dans le village. Paula Beer interprète avec beaucoup de justesse et de charisme la souffrance de cette jeune fiancée qui vient de perdre l' homme à qui elle s' était promise.Son visage rayonne et exprime à la fois la douleur,l' espoir et le désir de vivre.Elle est tout simplement sublime.

Dans la première partie du film, le spectateur souffre avec nos deux héros jusqu' à ce qu' Adrien finisse par libérer sa conscience.

Et à partir de ce moment-là,on quitte l' Allemagne et on revient en France où  le film s' engage dans une direction qui désoriente et intrigue le spectateur.

Adrien, sans le vouloir, a inversé une situation psychologique.Adrien est à la fois artiste, poète, et pacifiste tout comme Frantz l' était et il s' est produit une forme de transfert dont sera victime Anna.

Finalement c' est elle, Anna, la grande héroïne du film, elle qui va connaître deux grandes histoires d' amour complètement frustrées.

Quand le film se termine, on ressent un profond sentiment de déchirement...On est bouleversé.

Revenons à la facture de ce film.

Ozon a eu la bonne idée de faire des dialogues en allemand quand le film se déroule en  Allemagne , et en français lorsqu' il se déroule en France.C' est parfait et ça nous plonge de manière authentique dans chacun de ces deux pays.Au début du film, je trouvais que les dialogues allemands sonnaient un peu faux, froids et artificiels, mais ça s' arrange très vite dès que les liens entre Adrien et la famille de Frantz se resserrent.

Je n' insisterai pas sur les péripéties, et sur les autres personnages du film.

"Frantz" nous replonge dans une époque absurde de xénophobie, de patriotisme exacerbé,débile et criminel...

Le film dénonce les mensonges et les responsabilités des générations plus âgées qui ont envoyé leurs propres enfants à la grande boucherie.Mais tout ça, on le savait déjà...

Le film nous interpelle également sur le fait que deux pays qui sont culturellement si proches,  et qui ont tant de richesses artistiques à partager en sont venus à s' entre déchirer en sacrifiant leur jeunesse de la manière la plus absurde.

Mais ce qui émeut vraiment dans ce film c' est le personnage d'  Anna.C' est un magnifique rôle féminin qu' Ozon a offert à Paula Beer.

Anna, victime de la bêtise et de la barbarie humaine qui l' amputent de l' amour de sa vie...Anna qui se reprojette avec Adrien qui ne se rend pas compte qu' il est en train de provoquer des sentiments qui lui échappent.

Cette partie-là du film est la plus réussie de mon point de vue et nous rappelle des épisodes que nous avons tous vécu ou dont nous avons tous été témoin.

En effet, parfois, certaines personnes agissent comme Adrien,sont prostrées au fond de  leurs affres,ne voient plus qu' elles-mêmes, essaient de résoudre leurs graves dilemmes personnels et ne se rendent pas compte qu' elles sont en train de provoquer des bouleversements dans la  vie des autres.

Anna,c' est une héroïne magnifique,sensible,élégante,féminine,pudique,courageuse,forte et fragile,rayonnante,aimante,délicate et si belle ...C' est un personnage qui marque.C' est Anna qui permet à ce film d' être un grand film et qui lui donne un véritable souffle romantique.

 

 

 

 

 

A propos de "Frantz" de François Ozon
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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 23:32

Bonsoir les amis,

Je vais juste vous livrer quelques sensations à chaud après la qualification de l' équipe de France pour la finale de l' Euro.

C' est un match étonnant qu' ont fait les Bleus lors de cette demi finale qui les opposait au champion du Monde en titre.

D' abord un très bon début de partie avec un fort pressing français et Griezmann qui est sur le point de marquer très tôt.Ça démarre plutôt bien....

Puis très rapidement tout se dérègle, les français perdent systématiquement tous leurs duels et les allemands s' installent tranquillos dans la partie.

Les bleus,très crispés, sont incapables de remonter correctement des ballons et ratent des passes faciles.La possession du ballon est allemande pendant une longue demi-heure durant laquelle la défense française aura énormément de travail.Pendant cette très longue demi heure qui m' a parue interminable, j' ai trouvé l' équipe de France méconnaissable, une équipe jouant mal, et sur laquelle son adversaire est en train de prendre beaucoup d' ascendant.

J' ai du mal à croire ce que voient mes yeux, et qu' il y ait autant de déchet dans le jeu français.

Le stade vélodrome semble dangereusement penché et incliné avec des ballons qui reviennent systématiquement vers la cage de Lloris

Vraiment, à ce moment du match, je sens que c' est très mal parti et que les joueurs ne vont pas tarder à recevoir une correction...que ce n' est qu' une question de temps.

A quelques minutes de la fin de la première mi-temps les français se ressaisissent, et c' est à ce moment que Schweinsteiger qui est un joueur très expérimenté offre un pénalty improbable en repoussant le ballon de la main: une faute incroyable, contre le cours du jeu, et qui va changer la physionomie de la rencontre.

Les bleus mis en confiance , et avec un but d' avance, joueront nettement mieux la seconde mi-temps, et se créeront de nombreuses occasions face à des allemands obligés de se découvrir pour revenir au score.Giroud ratera une occasion en or alors qu' il était seul face à Neuer, le gardien allemand.

Griezmann, bien servi par un ballon mal repoussé de Neuer, viendra parachever la victoire.C' est lui l' homme du match qui a vraiment réussi à animer le jeu et à destabiliser la défense allemande.

Finalement ce sera une victoire indiscutable...et pourtant, on ne peut s' empêcher de penser à ce tournant incroyable du match lors du pénalty concédé par Schweinsteiger....comme un petit coup de pouce du destin...C' est ce but d' avance qui va vraiment libérer une équipe qui était très crispée, fébrile et qui commettait beaucoup d' erreurs.Une équipe que je voyais de plus en plus mal embarquée...

Comme quoi un match, ça tient parfois à pas grand chose.

Du côté allemand c' est la 2 ème fois que leurs joueurs offrent des pénaltys stupides à leur adversaires.

En effet , contre l' Italie, et alors que l' Allemagne menait au score Boateng a sauté comme un joueur de basket avec les deux bras bien levés qui ont touché le ballon.

C' est étonnant que ce soit des joueurs de la Mannshchaft qui commettent de telles bévues.Franchement on n' est pas habitué.

En attendant, on ne peut que savourer cette victoire.La dernière de la France en match officiel contre l' Allemagne datait de 1958, l' année où je suis né...Le pays était sous la présidence de René Coty !

La malédiction est rompue.

Et maintenant , en route vers la finale de dimanche contre le Portugal.

J' émets le souhait de ne plus y voir de telles périodes incompréhensibles de flottements comme la première mi-temps d' hier, et que les Bleus nous offrent uniquement le spectacle de la seconde.

Allemagne-France...ou comment les Bleus gagnent un match dans lequel ils étaient un peu mal embarqués...
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Published by alea-jacta-est - dans EURO 2016 France Allemagne football
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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 15:22

Bonjour les amis,

La situation humanitaire des réfugiés a pris une tournure étonnante le jour où Angela Merkel a sorti de sa manche un accord avec la Turquie qui permettait aux européens de ne pas respecter les droits d' asile des réfugiés et leurs statuts au sein de notre espace .

On sait par ailleurs que l' Allemagne oeuvre pour permettre d' accélérer l' entrée de la Turquie au sein de l' Union Européenne, même si ce pays ne respecte pas des droits aussi élémentaires que celui de la liberté d' expression, et notamment la liberté de la presse.

Aujoiurd' hui la chancelière se retrouve en situation d' arroseuse arrosée.

En effet, une simple chanson satirique passée sur la télévision publique allemande vient de créer un incident diplomatique entre la Turquie et l' Allemagne.

Ecoutez cette chanson.Les images parlent d' elles-mêmes et on comprend le contenu même sans connaître un seul mot de la langue de Goethe.

Voici un lien qui explique un peu mieux

Avouez que c' est le comble.....Que Erdogan exige d un pays de l' UE qu' il retire une chanson satirique d' un programme de la télévision publique !

Que vous faut-il de plus, amis européens, pour sentir le danger qui nous menace et qui frappe à nos portes?

Peut-on être plus clair ?

Avant-hier c' était Salman Rushdie

Hier c' était Charlie

Aujourd' hui ce sont les programmes d' humour satirique

Et demain ce sera quoi ?

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