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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 08:46

Bonjour les amis,

Ça fait depuis quelques années que j' essaie de réfléchir sur la question du MAL , sa nature, sa généalogie.

J' ai vite essayé d' échapper, durant le cours de ma vie, à la vision simpliste de notre enfance selon laquelle il y aurait des bons et des méchants, des anges et des démons.Peu à peu,en grandissant, je me suis dit que le bien et le mal font partie intrinsèque de chacun d' entre nous...que chez certaines personnes c' est le bien qui prédomine, et que chez d' autres c' est le mal, mais que , finalement nous possédons tous au fond de nous-mêmes une étrange alchimie unique et un mystérieux mélange des deux.

Il m' est arrivé même des moments où j' ai douté de l'existence du Mal, non pas dans ses effets bien réels, destructeurs et mesurables, mais dans sa réalité philosophique.

En effet, certains monstres de l' humanité peuvent souvent être considérés, non pas comme des manifestations du Mal absolu ou du Diable en personne, mais plutôt comme des malades mentaux, des tarés,et donc, en poussant le raisonnement jusqu' au bout comme des "victimes".

Bien évidemment, certains monstres sont très intelligents, lucides et conscients du MAL qu' ils font et peuvent donc être considérés comme parfaitement responsables de leurs actes.

J' ai vu la semaine dernière une interview du président Rodrigo Duterte qui racontait ( avant qu' il ne soit élu président mais il était déjà maire ) à une jeune journaliste qu' il aimait tuer lui-même et que quelques semaines auparavant, il était parti tout seul en moto et qu' il avait éxécuté 3 personnes dans la rue...Je n' ai pas retrouvé sur le net cette déclaration surréaliste mais en voici une autre qui est du même tonneau.

 

Dans son cas, quand il se compare à Hitler, il ne faut pas le prendre à la rigolade mais plutôt au pied de la lettre...

Avant-hier, nous avions donc une conversation sur ce thème du MAL en salle des profs , et puis, de fil en aiguille nous avons embrayé sur l' actualité avec l' attentat de Berlin et puis  l' un de mes collègues d' histoire-géo m' a parlé d' un reportage où on voit un père présenter ses 2 enfants de 4 et 9 ans avant qu' ils n' aillent commettre un attentat-suicide...

Alors, moi, je regarde très peu la télé. Je n' aime pas non plus les reportages un peu trop voyeuristes mais là, ça m' a interpellé, et j' ai quand même fait des recherches pour retrouver ce document dont m' a parlé le collègue.

Ce reportage, le voici sur ce lien.

Alors quand même, on a beau être blasé, revenu de tout, on a beau dire que plus rien ne nous étonne, ni ne sous surprend, il y a quand même une espèce de vertige qui nous saisit en voyant ça.

On se dit que malheureusement la fameuse phrase d' Einstein selon laquelle les deux seules choses infinies seraient la taille de l' univers, et la stupidité humaine, tout en rappelant qu' au sujet de la première il n' en avait pas acquis la certitude, se confirme chaque jour que Dieu fait ( ou défait).

On peut résumer l' aphorisme d' Einstein de manière plus vulgaire et prosaïque en disant que si l' intelligence a des limites, la connerie n' en a pas...

On se dit que la raison et l' intelligence sont sans doute les seuls vaccins efficaces contre autant de monstruosité destructrice mais il n' empêche que le MAL arrive toujours à réapparaître et à franchir une étape supplémentaire dans l' horreur et la barbarie.

On se dit que même les pires nazis, les pires anges exterminateurs de l' humanité n' ont pas utilisé leurs propres enfants comme des bombes humaines pour semer la mort et le chaos.

Face à autant d' horreur et d' ignominie,face à tant de surenchère,face à une violence qui se réínvente et qui ne semble pas connaître de limite infranchissable,  on se demande:

Ce sera quoi la prochaine étape ?

Saturne dévorant un de ses fils.GOYA

Saturne dévorant un de ses fils.GOYA

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 12:01
Chanter c' est pas vivre mais c' est l' espérer...

Bonjour les amis,

J' ai eu l' occasion de voir François Béranger à la fête de l' huma à la fin des années 70.J' ai même pu le croiser et il m' a dédicacé l' un de ses albums.

Je n' ai jamais été un inconditionnel de ses productions qui étaient de qualité variable, mais il a écrit certains morceaux qui sortent vraiment du lot et que je n' oublie pas. Commençons par JOUE PAS AVEC MES NERFS.

Cette chanson très rock est un cri de révolte de quelqu' un profondément exaspéré de voir que l' humanité ne s' améliore pas, qu' elle est incapable de faire disparaître la barbarie de la face de notre planète.Les paroles ont été écrites dans un contexte international dur à la fin des années 70 lors de la première révolution islamique en Iran.Béranger est sidéré de voir qu' un personnage issu du moyen-âge puisse commander une nation entière.

Le Shah se fait virer

par un vieux puritain

sorti du moyen-âge

lançant des anathèmes

Plus loin il poursuit:

Pourtant ça comntinue

c'est ça qui est fantastique

Ça fait des millénaires qu' on respire le même air

Qu' on se tire dessus

comme des élastiques

Enfin il s' interroge:

J' pourrais être l' enfant

J' pourrais être le nazi

Quel est le Dieu vicieux

bien planqué dans les cieux

qui décide de tout ça

Qu' on lui tire la barbe...

Vous le voyez le contexte historique a changé mais la barbarie n' a pas été erradiquée, au contraire !

Pauvre Béranger qui serait sidéré s' il voyait les ravages commis par Daesh aujourd' hui.

Il nous a lancé un cri de desespoir, il a tenté de réveiller nos consciences mais il semblerait que tout reste à faire.Malheureusement en 2016 il m' arrive encore de fredonner ses vers rageurs.

" Joue pas avec mes nerfs.J' ai un flip de travers, une arête dans le gosier,J' peux plus respirer"

Sa chanson est restée d' une dramatique actualité...

Béranger nous a legué également un très beau texte d' une grande simplicité sur les chansons populaires.

"Tous ces mots terribles qui font des chansons" et qui sont comme la vie...pleines de tristesse, de mélancolie mais aussi d' espoir sans cesse renouvellé.

"Chanter c' est pas vivre mais c' est l' espérer..."

Et puis je vous laisserai avec une chanson d' une incroyable tendresse qu' on pourrait dédier à toutes les grands-mères qui nous ont tant aimés sans jamais rien attendre en retour...Magnifique texte et musique de Béranger qui, à travers un hommage à sa grand-mère, nous livre une chanson universelle.

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