Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 06:33

Bonjour les amis,

J' avais écrit il y a quelques mois une critique de LA COLERE D' UN HOMME PATIENT de Raul Alevaro.

Ce film est aujourd' hui sur vos écrans, et j' en profite donc ( et de manière très exceptionnelle) pour  republier mon article sur le lien ci-dessous afin de vous donner envie d' aller le voir maintenant que vous en avez la possibilité.

Le film a reçu une bonne critique en France également.On salue sa rigueur, sa tension dramatique et aussi son originalité ( l' ambivalence du héros  dont on n' est plus très sûr qu' il en est un).

J' aimerais juste ajouter au billet que j' avais fait que des histoires de vengeance vous en avez tous vu déjà 50 000, mais l' éclairage d' Arevalo est original dans la seconde partie du film.

En effet, tous les films sont souvent construit sur un schéma.

Un héros qui va vivre une situation extrêmement cruelle et  injuste dans une première partie et auquel le public s' identifiera quand sonnera l' heure de la vengeance: le schéma du comte de Monte Cristo.

Ce schéma est hérité du théâtre grec et de sa fonction cathartique: le public qui souffre avec un héros et purge sa peine à travers une représentation sur scène.

Mais cette fois-ci le spectateur va prendre de la distance par rapport au héros, et s' interrogera sur le sens d' une vengeance qui 8 ans plus tard vient frapper des personnages qui, pour certains d' entre eux, ont opéré une telle transformation qu' on se demande si celle-ci n' est tout simplement pas absurde, vide de sens, voire monstrueuse.

Une belle réflexion que nous propose ce film, sans discours, ni morale, mais simplement en nous projetant dans des situations réalistes,extrêmement dures, moches et violentes et en nous laissant juges de savoir si ce que nous voyons possède encore du sens.

Alors ce qui est assez intéressant, c' est que lorsque je parle de ce film avec ceux qui l' ont déjà vu, j' ai des retours à la fois unanimes et très différents.

Tous ont aimé le film et chacun en a une perception assez personnelle.

Preuve que le cinéma d' Arevalo est subtil....et n' est pas coincé dans des schémas binaires et manichéens.

 

 

A voir sur vos écrans: LA COLERE D' UN HOMME PATIENT de Raul Alevaro

A lire également, cette critique assez pertinente chez les inrocks

PS:Hors-sujet. Je continue mon journal de campagne.

Hier soir J.L Mélenchon est venu expliquer sur tf1 son positionnement pour les futures législatives et a maintenu son appel à ne pas voter LE PEN, mais toujours en se refusant de faire un appel personnel à voter Macron au 2 ème tour.

Chacun appréciera ses contorsions intellectuelles dans un moment aussi grave.

Il s' estime victime d' attaques vulgaires,et n' admet pas qu' on tente de lui tordre le bras.

Alors, il est libre de faire ce qu' il veut le camarade Mélenchon qui est fort d' un résultat très méritoire de 7 millions de voix.

Moi, je ne lui donne pas de leçons.Je l' écoute justement par respect pour ces 7 millions de voix qui m' intéressent et je prends acte de ce qu' il dit.Je suis allé sur son site facebook écouter patiemment  32 minutes d' explications qui sont intéressantes et instructives mais au bout desquelles il ne m' a pas convaincu sur ce point précis du non-appel.Voici le lien.Je vous engage à l' écouter vous aussi: ça vaut la peine pour comprendre son positionnement et comment il envisage le futur des insoumis et de la gauche.

https://www.youtube.com/watch?v=HcMV4Fa51Cs

Alors face à Mélenchon et ses louvoiements, j' ai trouvé une très belle réponse de Thomas Piketty pleine de bon sens, et avec un message clair.

Plus le vote MACRON sera massif au 2 ème tour et moins ce sera un bulletin d' adhésion à son programme , mais simplement une riposte citoyenne et républicaine contre la montée du FN, y compris pour les législatives à venir.

PS nº 2. Hier Bernard Tapie est venu expliquer sur BFM TV que la classe politique ne savait pas répondre de manière adaptée au risque LE PEN.

Il s' est enfermé dans un discours vasouilleux expliquant que les leaders politiques victimes du dégagisme ne peuvent être aujourd' hui ceux qui appellent à faire barrage contre le FN car ils n' auraient plus le crédit moral pour le faire et qu' ils devraient laisser ce travail-là à d' autres.

Pas d' accord Bernie.Les victimes du dégagisme doivent faire leur mea culpa, reconnaître qu' elles sont responsables de la montée du FN, mais ne peuvent éluder leur responsabilité et ne pas  émettre un appel clair à voter Macron.On ne leur demande pas de défiler dans la rue, ni d' en faire des tonnes, mais au moins d' accomplir cette formalité citoyenne comme l' a fait immédiatement Fillon, par exemple.

Hier,en écoutant Tapie je me se demandais pourquoi il n' appliquait pas à lui-même ce silence qu' il préconise pour les autres. J' avais justement envie de lui rappeler qu' il fait partie de ceux qui ont perverti l' esprit de la gauche dans les années 80 et qui l' ont amenée dans l' état de décrépitude actuelle, mais ça, c' est une autre histoire.

PS nº 3 Pour terminer sur une note d' humour, je donnerai un dernier conseil à mes lecteurs.

Faites gaffe où vous garez votre porsche le jour du 1 er Mai

Repost 0
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 09:08

Bonjour les amis,

Quand j' étais môme, j' étais fan  de tous les films et séries SF des années 50-60.J' adorais les histoires de martiens qui attaquent.Les soucoupes volantes et les robots aussi m' épataient et m' inquiétaient.

Certains de ces films me firent forte impression comme LA PLANÈTE INTERDITE par exemple  dont l' histoire recelait un très beau mythe: celui du monstre qui se nourrit de l' énergie que déploient ses ennemis contre lui.Plus on l' attaque et plus il devient puissant et monstrueux ( mythe adaptable aujourd' hui au FN par exemple...).

Je me souviens qu' il y avait un robot qui m' avait fait une très forte impression dans LE JOUR OÙ LA TERRE S' ARRÊTA.Quand il ouvrait sa visière pour projeter un rayon laser destructeur et mortel, j' étais pétrifié d' angoisse et de peur...

 

Fais-moi peur Freddy !

Certains de ces films ont alimenté mon imaginaire, mais quand on en revoit d' autres aujourd' hui on a plutôt envie de sourire.Les effets spéciaux ( si on peut les appeler comme ça ) sont tellement rudimentaires qu' on a tout simplement envie d' éclater de rire.

Voici un bel exemple avec THE GIANT CLAW de Fred F Sears qui date de 1957.

Alors allons-y .... Fais-moi peur Freddy...Je suis prêt...

 

Fais-moi peur Freddy !

Ecartez les enfants de votre PC et regardez les images de cet abominable monstre...

Fais-moi peur Freddy !

Un gros plan insoutenable

Fais-moi peur Freddy !

Mon Dieu ! Le pilote arrivera t' il à échapper aux griffes de l' abominable volatile ? 

Pour avoir la réponse à cette question angoissante il vous faudra aller voir le film...

Fais-moi peur Freddy !

Histoire de vous mettre l' eau à la bouche voici la bande-annonce.

Âmes sensibles s' abstenir...

Alors, on a beau savoir qu' on était en 1957, on se dit que, même à l' époque,et avec un minimum de budget, on pouvait offrir autre chose au public que cette énorme dinde en carton-pâte.Je n' ai pas fait de recherches mais je crois bien que des films de SF série B ( ou C) avec des créatures comme celle-là , il y a dû y en avoir des centaines dans ces années-là.

J' essaierai de vous offrir un florilège un de ces jours.

En attendant , je dédie ce petit billet à Basile de Césarée qui a partagé sur Facebook cet extrait hilarant de film de science fiction.

PS: Puisqu' on parle de monstres je vous propose une devinette que j' ai déjà dû vous soumettre mais qui me fait toujours rire...

Quelle est la différence entre un abominable homme des neiges et une abominable femme des neiges?

Réponse sur le lien ci-dessous

https://www.humour.com/blagues/quelle-est-la-difference-entre-un-abominable-homme.htm

Repost 0
13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 11:22

Bonjour les amis,

Je viens de voir American Sniper de Clint Eastwood sorti en 2015.Comme d' habitude je ne suis pas pressé et j' aime me prendre le temps de voir certains films.

Pour être tout à fait sincère, c' est après avoir vu le récent  UNE JOURNÉE DANS LA VIE DE BILLY LYNN que j' ai beaucoup aimé que je me suis laissé tenter par cet opus du vieux Clint.

http://alea-jacta-est.ex-posteur.over-blog.com/2017/02/quand-les-critiques-de-cinema-poussent-le-bouchon-un-peu-loin.html

Alors pour traiter d' un thème aussi grave que celui de la guerre d' Irak, on peut s' y prendre de mille manières et de mille points de vue.

Clint Eastwood a choisi de nous raconter l' histoire vraie de Chris Kyle, le meilleur sniper américain de tous les temps, surnommé LA LÉGENDE.

Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Encore une fois, on peut faire confiance à Clint Eastwood pour raconter une histoire qui scotche pendant plus de 2 heures le spectateur.

Mais cette fois-ci le film a été reçu et perçu de deux façons différentes, et les spectateurs et les critiques pourraient se classer en gros dans deux camps bien différenciés:

1.Ceux qui trouvent que le film est très patriotique et justifie d' une certaine manière l' intervention US.

2.Les autres qui pensent que Clint est plus subtil que ça, et que son film n' est pas une justification de la guerre.

Je pourrais vous mettre des dizaines d' exemples de critiques de chaque bord et j' en ai sélectionné juste deux parfaitement représentatives.

D' abord l' Express

American Sniper prend-il fait et cause pour la guerre ? Jamais. Ce n'est même pas le sujet. American Sniper dresse-t-il des lauriers à Chris Kyle ? Pas plus. L'accuse-t-il de tous les maux, lui qui s'enorgueillit de buter de l'ennemi comme il avalait un burger ? Non plus. Eastwood, plus que jamais fils de John Huston, raconte, comme d'habitude, un perdant flamboyant, légende vivante bientôt bouffée par les vers ou homme de la rue en passe de perdre ses illusions. Ses héros, tous ses héros, sont les symboles d'une Amérique qui se cherche à force d'être de moins en moins glorieuse.  

Et celle-ci sur METRO

Tout du long, Eastwood avance masqué, fait un pas en avant, vers la condamnation, pour trois pas en arrière, vers le patriotisme le plus dégoulinant. Voilà qui est bien dommage, car, cinématographiquement, "American Sniper" est riche.

 

American Sniper...ou quand Clint Eastwood envoie un cow-boy sur le divan du psy.

Alors, après avoir pu juger par moi-même, je peux dire que Clint eastwood a fait un film où chacun trouvera ce qu' il y cherche.Les patriotes purs et durs y verront un héros, un vrai cow-boy qui, même s' il est plongé dans d' horribles affres et dilemmes moraux, ne doute jamais du bien fondé de l' objectif final de sa mission, à savoir protéger les américains de la barbarie intégriste.

D' autres y verront un héros tourmenté par l' extrême violence des actes qu' il a commis et qui n' arrive plus à reprendre une vie normale, une fois de retour à la maison.

Clint Eastwood, est finalement assez démago et sert à manger à tout le monde.Tout le monde y trouve son compte.

On perçoit quand même dans son film le message sous-jacent suivant.

Les guerres sont horribles, mais une fois qu' on y est, autant les gagner.Personne n' en sortira indemne mais les intégristes sont du côté des barbares et les occidentaux défendent la liberté et l' humanité.Il y a un parti pris évident dans le film. Même si certains des militaires américains qui apparaissent disent " Foutons le camp d' ici.Nous n' avons rien à y faire " .

Eastwood ne fait pas de référence au fait que la guerre d' Irak a été declenchée sur un gros mensonge.Ça lui aurait pris juste 30 secondes dans le film mais ça n' apparaît pas.

Son héros est un bon gars, un mec sain qui se pose des questions, et s' il finit pas avoir des troubles psychiques c' est parce qu' il a dû s' affronter à des barbares qui l' ont obligé à commettre des actes terribles.

Enfin, et en marge du parti pris évident de Clint Eastwood,  j' aimerais juste ajouter un petit reproche à son film (qui par ailleurs a plein de qualités).

Les premiers retours en famille de Chris Kyle sont très conventionnels, et les scènes d' attentes exaspérées  de son épouse terriblement stéréotypées et pleine de clichés.Il aurait pu nous éviter ça et les mentionner de manière bien plus rapide.Il n' y a qu' à la fin du film, où on aborde vraiment le malaise profond du héros quand il est de retour à la maison, mais là encore, c' est fait de manière superficielle.Chris Kyle souffre, vit à côté de ses pompes, mais s' exprime très peu.Clint ne veut pas trahir la mémoire de son héros.Au lieu de cela, il préfère botter en touche, et finir son film en nous proposant des images réelles d' archives...

Je terminerai avec un extrait d' une critique qui cite Desproges, le grand Desproges qui savait toujours trouver des formules qui mettent le doigt sur l' absurdité de certains de nos concepts.

Desproges avait un mot drôle – enfin, il en avait plusieurs, mais celui-ci l’était particulièrement :

« L’ennemi est bête. Il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui ! »

Ce qui est inquiétant, c’est quand on se rend compte que cette blague, sans second degré, pourrait être érigée en mot d’ordre pour certains.

 

Repost 0
Published by alea-jacta-est - dans Cinéma Clint Eastwood Guerre Iral
commenter cet article
3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 16:15

Bonjour les amis,

Après avoir vu LA LA LAND que j' ai beaucoup aimé, c' est très logiquement que j' ai voulu voir aussi MOONLIGHT qui lui a raflé l' oscar du meilleur film.

http://alea-jacta-est.ex-posteur.over-blog.com/2017/02/la-la-land.html

Vous connaissez tous la mini polémique politiquement incorrecte qui sous-entendrait que l' attribution de l' Oscar par l' académie était une forme de compenser le palmarès de l' année antérieure jugé " trop blanc" au goût de certains.

Alors ? MOONLIGHT méritait-il davantage le prix que LA LA LAND ?

La question mérite d' être posée, et le moins qu' on puisse dire c' est qu' il est difficile de trancher de manière immédiate entre deux films qui appartiennent à des catégories si différentes.Drame social cruel d' un côté, comédie musicale de l' autre.

Alors, parlons un peu de MOONLIGHT qui est une comédie dramatique qui montre les difficultés de Chiron,  un jeune afro-américain vivant dans un quartier marginal, dont la mère est droguée et qui est davantage attiré par les garçons que par les filles.

 

 

Les film se présente en trois tableaux successifs qui correspondent à 3 âges de Chiron ( enfance, adolescence et âge adulte) interprétés par 3 acteurs différents ( bons interprètes tous les trois mais le dernier est le plus impressionnant).

Le film nous raconte avec sensibilité les déboires du jeune Chiron, et la vraie difficulté d' être noir dans un quartier populaire d' une part, et de surplus, d' être marginalisé dans sa propre communauté ( disons qu' il y a un gros sous- problème dans le problème...comme dirait un prof de maths).

Toute cette problématique douloureuse et cruelle est bien relatée dans le film mais n' est pas exempte de nombreux clichés:

- l' enfant silencieux, taciturne presque muet ( impossible de faire plus court en dialogues)

- la peinture sociale du milieu des dealers: le portrait est très juste,réaliste, authentique,sans en rajouter...mais moi je me suis dit que bon nombre d' afro américains doivent aussi saturer de cette image stéréotypée qu' on projette d' eux.

- le mentor dealer charismatique qui montre à Chiron le chemin de la vérité et de la liberté

-  la mère droguée incapable d' assurer une éducation normale à son fils

- les camarades de classe qui harcèlent Chiron de manière très violente, etc...

Le film n' est pas exempt de longueurs bien inutiles non plus.

Je suis désolé mais tout ce que raconte MOONLIGHT est finalement assez rebattu, et la seule originalité du récit proviendra de l' homosexualité du héros qui ne peut exprimer ses émotions intimes dans le monde hyper machiste des habitants des quartiers populaires de Miami.

Le réalisateur nous sert un dernier chapitre qui récompense le spectateur patient.La métamorphose du héros est troublante.Là, on se prend une claque !

On sent la tension émotionnelle et sexuelle que Chiron porte en lui de manière puissante et contenue.Il en émane un véritable magnétisme.Le personnage métamorphosé qu' il est devenu nous trouble vraiment...Un Chiron inquiétant, étonnament honnête, qui ne se la joue pas et qui n' a pas peur de montrer ( malgré sa présence physique imposante) son côté le plus fragile et vulnérable.Les dernières scènes sont psychologiquement intenses...Elles m' ont fait penser aux westerns-spaghetti de Sergio Leone et à ces scènes interminables où tout se passe dans les yeux.La caméra de Jenkins n' arrête pas de faire des allers et venues entre le regard de Chiron et celui de son copain pendant à peu près 20 minutes.

Je n' en dirai pas plus...Le scénario pourrait se résumer en 4 lignes...Et franchement, même si je suis d' accord pour dire que MOONLIGHT possède d' indéniables qualités, je dois ajouter que je me suis pas mal ennuyé quand même... que pendant les 2 premiers chapitres j' ai pas eu grand chose à me mettre sous la dent.Je n' ai pas succombé au charme de la scène initiatique du mentor apprenant Chiron à nager, par exemple...

Alors, de là  à  donner à MOONLIGHT l' Oscar du meilleur film, il y a un pas que je n' aurais jamais franchi.

MOONLIGHT aurait t' il bénéficié d' une discrimination positive inconsciente de la part du jury ? Le doute est plus que permis....

Finalement l' erreur historique de Warren Beatty annonçant l' attribution du prix à LA LA LAND n' est peut-être pas si une si grosse erreur que ça !

Rendez-vous dans 20 ans pour faire les comptes et savoir qui se souviendra de MOONLIGHT et qui se souviendra de LA LA LAND.Je prends les paris...

 

Moonlight...un film oscarisé, mais un film surcoté.
Repost 0
Published by alea-jacta-est - dans cinéma Oscars 2017
commenter cet article
27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 16:24

Bonjour les amis,

Il y a quelques jours je vous avais dit tout le bien que je pensais de MANCHESTER BY THE SEA de Kenneth Lonergan.

J' avais écrit dans mon article que pour ma part j' aurais attribué à Casey Affleck l' Oscar de la meilleure interprétation masculine, et l'académie américaine a exaucé mes voeux.

J' ai donc misé sur le bon cheval !

C' est un Oscar mérité pour un acteur qui interprète avec beaucoup de vérité, de pudeur et d' authenticité, la douleur, la désolation morale d' un personnage qui a commis une petite erreur très lourde de conséquences qu' il ne peut se pardonner. 

Lee ne sombre pas dans la dépression.Il affronte ses responsabilités tout en vivant au bord d' un gouffre, d' un vide métaphysique dans lequel la vie l' a projeté.C' est un héros existentialiste surgi du quotidien d' une Amérique desenchantée, cette Amérique prolétarienne qui a probablement voté Trump...Le désarroi de Lee nous touche car il est partiellement le nôtre, à tous.

Casey ne se lance dans aucun numéro d' acteurs.Il joue son rôle avec justesse et sobriété.Il est Lee de manière crédible car il a bien intériorisé tous les codes du monde ouvrier.Il est capable de nous faire ressentir plein d' émotions sur de simples attitudes ou regards.

La scène de sa déclaration dans le bureau de Police est une des plus bouleversantes que j' ai jamais vues.

Alors,je suis content de cette attribution mais je me dis qu' on revient de loin car si Nate Parker ( dont j' ai écrit tout le mal que je pensais de son interprétation dans NAISSANCE D' UNE NATION) n' avait eu des démêlées avec la justice au sujet d' une affaire de viol il aurait probablement été proposé dans la liste des nominés...Et rien que le fait qu' il soit nominé aurait été assez honteux.

Affleck et Parker sont vraiment deux exemples parfaitement opposés.

D' un côté Nate Parker qui en fait des tonnes, et qui s' identifie lui-même à son " héros" à la morale tordue et dévoyée. Nate Parker hyper narcissique qui se LA PÈTE à fond...qui est vraiment insupportable à l' écran et qui représente le cinéma QUE J' ABHORRE de ces jeunes réalisateurs méprisants, suffisants, prétentieux, finalement très nulos et avec un égo démesuré inversement proportionnel à leur talent...Nate Parker qui tente de profiter du personnage historique qui avait ses propres raisons d' en découdre avec les blancs pour se mettre en valeur lui-même et cracher sa haine comme un vulgaire rappeur ( excusez mon pléonasme ).Parker qui serait risible si le sujet abordé n' était dramatique...

En face, l' interprétation d' Affleck est une vraie leçon de sensibilité, de modestie et d' humanité.

Après avoir vu le MANCHESTER BY THE SEA, j' ai gardé le personnage de Lee deux jours d' affilée dans mon esprit...et ça, il faut être un très grand acteur ( servi par un grand metteur en scène) pour faire une telle impression sur le spectateur.

Lee m' accompagnera pour toujours...

And the winner is...Casey Affleck !

PS: alors, il se trouve que, par le plus grand des hasards Casey Affleck est lui-aussi au coeur d' un mini scandale dans  une affaire de moeurs...Certains penseront donc qu' il y a eu deux poids, deux mesures de la part de l' académie des Oscars.Je n' entrerai pas dans ces polémiques sur lesquelles la justice ne s' est pas encore prononcée.Je m' en tiens  à l' interpétation des deux acteurs, et là, il n' y a pas photo:

Celle de Casey est énorme...et celle de Nate Parker nulle à c...

 

 

Repost 0
25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 16:57

Bonjour les amis,

Je viens de voir SILENCE de Martin Scorcese qui raconte un des épisodes finaux de la lutte des autorités japonaises contre l' implantation du catholicisme dans leur pays.

Deux pères jésuites,Sébastien Rodrigues et son compagnon, le père François Garpe arrivent au Japon en 1638 pour tenter de reprendre contact avec le père Ferreira dont la rumeur dit qu' ils s' est apostasié et qu' il est devenu l' allié des japonais.

La population chrétienne vit dans la clandestinité. Pour dénicher les chrétiens cachés, les policiers forcent ceux qu’ils soupçonnent de l’être à piétiner une image du Christ (l'épreuve du fumi-e). Ceux qui refusent sont emprisonnés et torturés à mort.

Rodrigues et Garpe ne sont pas en mesure de poursuivre longtemps leur ministère pastoral. Bientôt arrêtés ils sont contraints à être témoins de la mort lente et cruelle de chrétiens japonais refusant d’abandonner leur foi chrétienne. Il n'y a pas de gloire dans ces martyres, pense maintenant Rodrigues au contraire de ce qu’il avait imaginé, mais seulement brutalité et cruauté.

Bon alors, avec ce film on s' embarque pour 2 heures et 40 minutes de souffrances, de tourmentes physiques et  de dilemmes moraux.

Ce SILENCE, c' est celui de Dieu qui laisse ses jésuites chargés de répandre sa bonne parole seuls face aux terribles conséquences de leurs actes évangéliques dans l' empire nippon.

Je commencerai, comme toujours, par parler des grandes qualités du film.

Scorsese aborde un grand chapitre de l' histoire de l' Eglise alors, comme on pouvait s' y attendre, la mise en scène est grandiose.Le Maître Scorsese garde son savoir-faire et sait raconter une histoire.

On est littéralement transporté dans le Japon du XVII ème avec des images à la fois très belles, parfois violentes et parfois poétiques, au coeur d' une société féodale très dure.On partage d' abord le quotidien et la vie précaire d' humbles paysans vivant leur foi dans la clandestinité.

Scorsese prend son temps, et ne précipite pas les étapes.Nous partageons d' abord dans un petit village côtier les espoirs et angoisses de ces missionnaires  qui savent qu' ils vont être confrontés à de terribles épreuves de vérité.Une lourde attente chargée d' angoisses s' installe.

Le spectateur attend patiemment la confrontation avec le grand inquisiteur japonais, et aussi avec le père Ferreira ( aussi attendu dans ce film que le colonel Kurtz joué par Marlon Brando à la fin d'  Apocalypse Now).

Cette confrontation, et ce choc de cultures et de civilisation  donneront lieu à des dialogues excellement interprétés par tous les acteurs qui jouent leur rôle avec sincérité et justesse.

L' inquisiteur japonais a décidé de lutter contre l' expansion du christianisme en obligeant les missionnaires à abjurer leur foi, et comme il sait que ceux-ci sont prêts à faire le sacrifice de leur vie,il les met en face d' un autre dilemme plus cruel et plus subtil.S' ils ne renoncent pas à leur foi, ce sont des innocents villageois chrétiens qui seront torturés et mis à mort à leur place.

Nous voici donc plongés dans un dilemme qui confronte le missionnaire face à une dimension absurde de son action évangélique:le fait qu' il propage la bonne parole et la croyance en un Dieu d' amour provoque la mort et la désolation qu' il a le pouvoir de stopper par un simple acte d' abjuration...Notons au passage que ces scènes d' abjuration répétées trop souvent dans le film, et de manière vraiment trop insistante, finissent rapidement par lasser le spectateur( là, Scorsese ne fait pas dans la dentelle...très répétitif, pour ne pas dire assommant...on a envie de lui dire " ok mec ! On a compris ! ").

La vision de la foi vécue et vue à travers les yeux de paysans japonais est très simpliste ( et se résume en une perception très iconographique de la religion).On se dit que pour eux, cette religion doit être aussi exotique que le bouddhisme l' est pour nous. D' ailleurs on ne comprend pas bien dans le film ce qui les pousse à mourir et à se sacrifier.Ça paraît presque incongru...à la limite du crédible ( alors que ça s' est réellement passé).

Le grand inquisiteur tente de convaincre Rodrigues de l' incompatibilité du christianisme avec les valeurs de la société japonaise, et de l' inanité de son projet.

C' est le moment-clé du film qu' on attend, le grand choc de cultures, et là il faut reconnaître qu' on reste un peu sur sa faim.

Même si le grand inquisiteur fait appel parfois à de jolies métaphores pour s' expliquer comme celle des quatre concubines, je trouve que la réflexion reste un peu courte.

Ferreira, lui, a cédé au chantage du grand inquisiteur japonais: il est un peu victime d' une espèce de syndrome de Stockholm avant l' heure et finit par adopter le point de vue des gouverneurs locaux, et décide d' apprendre plus d' eux que d' imposer ses propres croyances.

Ce thème de l' enrichissement mutuel est abordé dans le film mais il n' est pas approfondi...Finalement le film dure 2 heures et 40 minutes et le sujet central du film n' est pas abordé de manière suffisante ( à mon goût).

Franchement, si moi j' avais dû faire un tel film, je l' aurais construit comme une pièce de théâtre avec 3 personnages centraux: Rodrigues, Ferreira et l' inquisiteur.

Une pièce où chacun, tour à tour, marquerait des points  et ferait douter les deux autres...

Au lieu de cela, SILENCE est la terrible chronique d' une mort annoncée et inéluctable. 

Le spectateur reste sur un sentiment de frustration et se dit qu' il manque vraiment un élément important à ce film pour en faire un chef d' oeuvre...pour qu' il ne soit pas qu' une simple illustration d' un tragique chapitre connu de l' histoire.

Evidemment, on m' objectera qu' on ne peut changer le cours de l' histoire réelle pour faire un bon scénario, mais je crois qu' il y avait l' espace pour faire un film qui respecte la vérité historique, et qui laisse aussi à des personnages  comme Ferreira la possibilité d' ouvrir des fenêtres de compréhension, d' intelligence et d' enrichissements mutuels.

Scorsese rate ( de mon point de vue) l' objet principal de son film qui aurait pu être l' histoire de ce choc de civilisations.

Soyons juste et honnête: il aborde bien le thème mais il ne l' approfondit pas assez.Dommage !

On aurait aimé savoir, avec plus de détail et de précision, contre quoi la morale chrétienne si universaliste a buté au Japon ( et pas en Corée ou en Chine).Pourquoi après une première étape d' évangélisation les autorités politiques ont décidé d' éradiquer toute trace de christianisme ? Pourquoi la chrétienté a t' elle été perçue comme un vrai danger politique par les gouvernants de l' époque ? On reste un peu sur ses interrogations même si le film apporte des éléments de réponse.

J' attendais davantage de la confrontation de Rodrigues  avec le grand inquisiteur et avec Ferreira.

SILENCE c' est avant tout  l' histoire ( incomplète) d' un échec.C' est un long film, un bon film mais pas un grand film.

NB: Je ne fais pas la fine bouche et je suis plutôt sympa, car j' ai lu ici ou là des critiques bien plus saignantes qui trouvent que le film est réellement assommant, balourd, trop démonstratif, qu' il donne une image simpliste de la croyance ( avec une fin très naïve): ce qui est un point de vue parfaitement défendable.

http://www.humanite.fr/par-ici-les-sorties-par-vincent-ostria-631777

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 08:37

Bonjour les amis,

Je viens de voir American Pastoral,inspiré par le roman de Philip Roth.

Voici une présentation qui résume l' argumentation du film

L’Amérique des années 60. Autrefois champion de sport de son lycée, Seymour Levov, dit « le Suédois », est devenu un riche homme d’affaires marié à Dawn, ancienne reine de beauté. Mais les bouleversements sociopolitiques de l’époque font bientôt irruption dans la vie bourgeoise, en apparence idyllique, de Seymour. Lorsque sa fille adorée, Merry, disparaît après avoir été accusée d’acte terroriste, il part à sa recherche pour que sa famille soit de nouveau unie. Profondément ébranlé par ce qu’il découvre, il doit affronter le chaos qui secoue la société américaine et jette les bases d’un nouveau monde. La vie de famille ne sera plus jamais la même…

 

 

 

 

 

Alors la première conclusion qui s' impose c' est qu' aucun réalisateur n' a réussi à faire un grand film à partir d' un grand roman de Roth. Que ce soit LA COULEUR DU MENSONGE ou AMERICAN PASTORAL, aucun de ces films n' atteint une dimension artistique qui les situe au niveau du prestige des oeuvres de Roth dans la littérature américaine.

Mais soyons juste aussi.Aucun de ces films n' est mauvais non plus, bien au contraire.

Revenons à AMERICAN PASTORAL, et parlons de ses qualités d' abord.

Le film nous replonge dans l' Amérique des années 70, reconstituée de manière très soignée.L' action démarre bien avec un narrateur qui va nous raconter l' histoire de Seymour, métaphore à lui tout seul du rêve américain. Seymour grand champion sportif qui épousera une reine de beauté et qui reprend avec succès la petite entreprise familiale.

Le grain de sable dans cette belle histoire idyllique proviendra de sa fille, de ses difficultés psychologiques durant sa petite enfance, et ensuite de sa rupture avec sa propre famille jusqu' à ce qu' elle devienne une terroriste d' abord, puis une espèce de zombie non-violente manipulée par une secte ensuite.

La caméra adopte le point de vue de Seymour qui tente par tous les moyens de sauver sa fille. Seymour qui est à la fois quelqu' un de très responsable mais qui ne renonce jamais à l' amour qu' il porte envers sa progéniture. Seymour qui veut comprendre et qui assume et prend tout sur lui  , y compris les erreurs impardonnables de sa fille.

Cette partie-là quoique un peu mélodramatique est parfaitement réussie: on s' identifie à Seymour et on  plonge dans les affres de ce père qui vit une situation à la fois horrible,cruelle, incompréhensible et imméritée.

Bien évidemment, le film a une dimension métaphorique: ce châtiment cruel et injuste qui s' abat sur Seymour, c' est le prix des pêchés et des crimes non avoués de l' Amérique.

Dawn, l' épouse de Seymour, interprétée par Jennifer Connelly amène des éléments de surprise dans le scénario.Dawn vit très mal la situation familiale provoquée par leur fille Merry.

Elle est forte au début,puis elle finit par péter un plomb, pour ensuite sombrer peu à peu dans une dépression, et puis renaît de ses cendres en tirant un trait définitif sur l' existence de sa fille.

C' est sans doute le moment le plus surprenant du film, mais aussi le plus crédible.Parfois pour survivre il faut savoir rompre avec des êtres qui ont été très chers...or, personne ne peut penser qu' on puisse tirer un trait sur l' existence de ses enfants.Ça paraît insensé mais le revirement de la mère est finalement très crédible et psychologiquement juste.

Alors d' où vient le problème avec ce film ?

D' abord le conflit de générations qui oppose Merry et son père parait tant stéréotypé qu' il frise la caricature.Le personnage de Merry est vraiment très simpliste.Elle est très innocente: sa rébellion et son ingénuité font sourire au début du film et sont assez agaçants pour le spectateur.

Le problème c' est que la relation entre le père et la fille ne sont pas approfondies.On assiste, de manière impuissante à une rupture,à un dialogue de sourds, et ensuite aux tentatives désespérées d' un père qui passe le reste du film à vouloir récupérer sa fille, sans qu' on sache réellement ce qu' elle est devenue, ni ce qu' elle a fait...

C' est sans doute le moment qu' aurait dû choisir le metteur en scène pour prendre des libertés avec le roman ( quitte à le trahir partiellement).Proposer une une confrontation entre le père et la fille qui amène de la réflexion et d' où il se dégage une vérité...Une scène où les deux arrivent  à faire un pas l' un envers l' autre.

Il ne ressort absolument rien de positif de la trajectoire de Merry. Elle finit comme une paumée qui vit complètement à l' Ouest.Elle représente le desastre intellectuel et moral de toute une génération de jeunes que l extrême-gauche a projeté dans une voie sans issue.Ce film est l' histoire d' un naufrage intellectuel, d' un TITANIC de la pensée...C' est une descente aux enfers.

Voici un extrait du roman de Philip Roth que le metteur en scène a essayé de retranscrire fidèlement à l'écran avec un monologue intérieur du narrateur qui résume les lignes-ci dessous:


On lutte contre sa propre superficialité, son manque de profondeur, pour essayer d’arriver devant autrui sans attente irréaliste, sans cargaison de préjugés, d’espoirs, d’arrogance; on ne veut pas faire le tank, on laisse son canon, ses mitrailleuses et son blindage; on arrive devant autrui sans le menacer, on marche pieds nus sur ses dix orteils au lieu d’écraser la pelouse sous ses chenilles; on arrive l’esprit ouvert, pour l’aborder d’égal à égal, d’homme à homme comme on disait jadis. Et, avec tout ça, on se trompe à tous les coups. Comme si on n’avait pas plus de cervelle qu’un tank. On se trompe avant même avant même de rencontrer les gens, quand on imagine la rencontre avec eux; on se trompe quand on est avec eux; et puis quand on rentre chez soi, et qu’on raconte la rencontre à quelqu'un d’autre, on se trompe de nouveau. Or, comme la réciproque est généralement vraie, personne n’y voit que du feu, ce n’est qu’illusion, malentendu qui confine à la farce. Pourtant, comment s’y prendre dans cette affaire si importante- les autres- qui se vide de toute la signification que nous lui supposons et sombre dans le ridicule, tant nous sommes mal équipés pour nous représenter le fonctionnement intérieur d’autrui et ses mobiles cachés? Est-ce qu’il faut pour autant que chacun s’en aille de son côté , s’enferme dans sa tour d’ivoire , isolée de tout bruit, comme les écrivains solitaires, et fasse naître les gens à partir de mots, pour postuler ensuite que ces êtres de mots sont plus vrais que les vrais, que nous massacrons tous les jours par notre ignorance? Le fait est que comprendre les autres n’est pas la règle, dans la vie. L’histoire de la vie, c’est de se tromper sur leur compte, encore et encore, encore et toujours, avec acharnement et, après y avoir bien réfléchi, se tromper à nouveau. C’est même comme ça qu’on sait qu’on est vivant: on se trompe. Peut être que le mieux serait de renoncer à avoir tort ou raison sur autrui, et continuer, rien que pour la balade. Mais si vous y arrivez, vous.. alors vous avez de la chance.

 

On y voit dans cet extrait du roman les qualités et les défauts de Philp Roth qui s' enferme parfois dans une pensée qui tourne en rond et qui débouche sur une vision philosophique de la vie finalement assez pauvre, voire prétentieuse et risible...

Et si Philipp Roth n' était finalement pas un si grand romancier que ça ?

C' est la question que je me suis posé en voyant le film (et en lisant cet extrait).

Et si, pour faire ce grand film qu' on attendait, il ne fallait pas partiellement trahir cet écrivain ?

La question mérite d' être posée...

Alors, pour revenir à AMERICAN PASTORAL j' essaierai de garder en tête ses grandes qualités et notamment la trajectoire du père qui est dans le vrai, qui ne renonce jamais à l' amour qu' il porte pour sa fille.

Seymour est finalement un Christ de la paternité et son amour si beau et si grand est crucifié de manière absurde sans toutefois racheter les crimes d' une Amérique coupable et insensible.

AMERICAN PASTORAL est un film à voir, malgré certains de ses défauts.

American Pastoral d' Ewan Mc Gregor...Un film à voir malgré certains de ses défauts.
American Pastoral d' Ewan Mc Gregor...Un film à voir malgré certains de ses défauts.
American Pastoral d' Ewan Mc Gregor...Un film à voir malgré certains de ses défauts.
American Pastoral d' Ewan Mc Gregor...Un film à voir malgré certains de ses défauts.
American Pastoral d' Ewan Mc Gregor...Un film à voir malgré certains de ses défauts.

PS: J' ai retrouvé cette belle chanson des années 70 de Maxime Leforestier qui résume bien le conflit de générations de l' époque...et aussi la naïveté d' une certaine jeunesse.

J' ai l' original chez moi...mes années fleur bleue...!!!

Repost 0
20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 17:57

Bonjour les amis,

Je viens de voir Manchester by the sea de Kenneth Lonergan qui nous raconte l’histoire des Chandler, une famille de classe ouvrière, du Massachusetts.

Après le décès soudain de son frère Joe (Kyle Chandler), Lee (Casey Affleck) est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick (Lucas Hedges). Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi (Michelle Williams) et de la communauté où il est né et a grandi.

Alors, autant vous dire tout de suite que j' ai été bouleversé par ce film qui décrit d' une manière juste ,  sensible et humaine l' histoire de Lee Chandler, simple agent d' entretien qui vit seul et éloigné de sa ville natale, après y avoir vécu un drame.

C' est un film qui décrit très bien l' ambiance des " blue collars" de l' Amérique profonde et où apparaissent des personnages au parler souvent vulgaire, et aux manières un peu brusques et parfois rustres mais qui ont aussi des vraies valeurs humaines avec lesquelles ils ne transigent pas.

On les suit dans leurs parties de pêches, leurs sorties, leurs virées bien arrosées entre potes un peu macho ( parfois un peu beaufs mais sympas) , qui aiment bien leurs femmes ( à leur manière mais toujours en les respectant) et leur famille.

C' est la partie la plus réussie du film.Le portrait de ces "ordinary people" est d' une telle justesse qu' on en est sincèrement troublé.

Moi qui suis né au coeur d' un bassin minier et sidérurgique du Nord de la France,j ' ai reconnu chez ces prolos américains les mêmes comportements, codes et valeurs qu' il y avait dans mon environnement social et familial.

Des hommes et des femmes qui peuvent être parfois très crus mais qui ont aussi le coeur sur la main et qui sont d' une grande générosité.Tout cela est filmé avec énormément de sensibilité, sans vouloir être démonstratif.

Les personnages sont criants de réalisme, de vérité, et d' authenticité dans leur façon d' être, de s' engueuler,de s' habiller de manière un peu négligée, d' éduquer leurs gosses...

Le film n' est jamais mélodramatique et n' essaie pas de nous soutirer des larmes.De nombreuses scènes sont filmées à mi-distance, et sont sans dialogues.On comprend tout rien qu' avec les regards et les expressions échangées.C' est du cinéma minimaliste mais du très grand cinéma.

L' interprétation de Casey Affleck est simplement bouleversante. Pas de numéro d' acteurs,mais une sobriété remarquable.Il est énorme...renversant ... ( et pour ma part je lui attribuerais l' Oscar 2017).

Il vit un drame personnel en prenant tout sur lui avec beaucoup de dignité.

Il faut parler des dialogues aussi.Parfois les personnages bredouillent, ne savent pas exprimer ce qu' ils portent en eux, mais il en ressort une émotion qui crève l' écran.Une des scènes avec l' ex-femme de Lee qui veut lui dire des choses sans trouver ses mots est très émouvante.

Le film dure 2 heures et 28 minutes et je n' ai pas vu le temps passer.On progresse avec Lee qui a un gros problème à résoudre avec la garde de son neveu.Une relation compliquée s' installe entre ces deux personnages en crise: Lee fait face courageusement à ses responsabilités, ne va pas trahir la famille, ni son sang, mais traîne son drame personnel qui l' empêche de prendre en charge les problèmes du jeune orphelin en pleine crise d' adolescence.Il ne peut céder à tous les souhaits de son neveu.

Le montage du film est très subtil, avec des flash backs judicieux qui nous amènent peu à peu à comprendre le drame de Lee.

Un Lee qui ne se plaint pas,un Lee taciturne qui ne partage pas ses problèmes et qui n' essaie même pas de se relancer dans la vie quand l' amour vient frapper à sa porte.Un Lee qu' il ne faut pas chatouiller non plus, qui sombre dans la bière, et qui peut décocher un coup de poing dans la figure si on le regarde un peu de travers...Lee qui garde des instincts du milieu dans lequel il a vécu, où l' honneur se défend à coups de poings.

Notons aussi les belles images maritimes qui apportent du champ, du lyrisme et de la profondeur au film.

La musique est clairement différenciée selon que l' on vit les scènes dans l' entourage de Lee ( musique moderne) ou selon qu on entre peu à peu grâce aux flash backs au coeur de son drame ( musique classique lente et dramatique, adagios, etc...).

Les images maritimes sont accompagnées de choeurs à capella avec des magnifiques harmonies.Des voix fraîches très présentes, voire omniprésentes, qui amènent de la vie et du relief.

Lonergan n' essaie pas de nous bluffer avec une fin qui remettrait en perspective toute l' histoire du film.

Non, c' est une fin naturelle, douce amère...comme la vraie vie, avec des gens ordinaires qui font face comme ils peuvent aux aléas du destin.

Et puis, en écrivant ce papier plus de 24 heures après avoir vu le film, je me rends compte à quel point le personnage de Casey m' obsède et m' accompagne.Ce film, je vais le revoir...

 

 

Manchester by the sea...pudique et bouleversant.
Repost 0
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 07:42

Bonjour les amis,

Après la pluie de récompenses qui vient de tomber sur LA LA LAND de Damien Chazelle ( sans compter les 14 nominations aux Oscars ), il était difficile de résister davantage sans aller voir ce film.

Donc j' y suis allé, et force est de constater que la magie du grand cinéma américain opère toujours.

Ce film ne tient pas la comparaison avec certaines des grandes comédies musicales des années 50 si on s' en tient aux grandes choréographies millimétrées, à la perfection technique, et aux grands numéros époustouflants des acteurs-danseurs de l' époque mais le propos du réalisateur n' est pas de rivaliser avec ces grandes productions du passé.

Son film est plutôt un hommage  à ce cinéma qui nous a fait rêver et Damien Chazelle nous invite à chanter et à danser d' une manière naturelle et sensible en recréant un univers magique.

LA LA LAND...ou quand la magie d' Hollywood opère toujours !

Pour le reste, et par rapport à ce qu' on peut attendre d' une comédie musicale,tout y est.

- L' histoire entre ces deux personnages romantiques qui veulent réaliser chacun leurs rêves. Mia qui désire être actrice et Sébastien, talentueux  pianiste qui veut ouvrir une boîte de jazz qui remette à l' honneur ce genre musical.

- La musique du film , fondamentale dans une comédie musicale,qui emprunte beaucoup au Jazz.Elle est parfois très rythmée mais offre aussi des passages  très romantiques et nostalgiques.

- Le rythme.C' est le plus important dans une comédie musicale.Ne pas perdre le rythme, et c' est le cas dans ce film.On se laisse porter , au rythme des saisons, par les déboires, aléas et péripéties que traverse ce couple.

- Le charisme du couple formé par Emma Stone et Ryan Gosling. Ils sont tous les deux top classe.

- Le Cadre.La ville de Los Angeles est magnifiquement photographiée, avec ses ciels magiques et irréels,aux couleurs saturées.Son ambiance urbaine restylisée de manière romantique.On en redemande !

- La photo.Encore une fois c' est du grand art.Les couleurs dominantes et les lumières très travaillées.On pourrait extraire une grande photo de chaque scène.C' est un régal des sens.

LA LA LAND...ou quand la magie d' Hollywood opère toujours !

Bref, je suis bon public et je me suis laissé emporter avec délice par cette histoire très romantique, totalement séduit par le glamour des deux protagonistes.

Jusque là, tout allait très bien donc, mais je ne m' attendais pas à une surprise finale avec un élément narratif non conventionnel ( dont je ne peux parler).

Il y a à la fin du film une scène vraiment magique, magique, magique....une scène inoubliable, tout comme la scène des baisers de Cinéma Paradiso.

Une scène filmée avec virtuosité qui, à elle seule, mérite qu' on aille voir ce film.Une scène qui va vous parler à vous tous, et qui vous rejettera forcément à un moment ou à un autre de votre vie.

Je n' en dis pas plus !!!!

Cette scène, elle est GEANTE et elle restera dans l' histoire du cinéma !

Je suis sorti de la salle de cinéma avec les pieds qui ne touchaient plus vraiment le sol...Le charme d' Hollywood avait frappé encore une fois !

 

Repost 0
9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 18:25

Bonjour les amis,

Suite à la lecture d' un article de Fatizo, je suis allé voir " Une journée dans la vie de Billy Lynn" d' Ang Lee.

Je vous engage à lire d' abord sa présentation du film et sa critique ci-dessous.

 

Alors, pour ma part, j' ai moi-aussi adoré ce film interprété de manière très juste et aussi très sensible.Un film qui nous montre bien tous les visages de l' Amérique: celle qu' on aime, et l' autre qui est toujours aussi cynique et arrogante.

Ang Lee nous montre aussi un pays qui a toujours besoin de renouveler et d' actualiser ses mythes fondateurs:

- La liberté

- Dieu est avec nous

- Nous apportons le bien

- Nos soldats sont de vaillants petits gars que le monde entier nous envie et qui sont prêts à laisser leur peau pour défendre notre liberté.

Lee dépeint aussi une  Amérique où les petites jeunes filles sexys et romantiques rêvent toujours de héros et de princes charmants.

Tout ça, c' est dans le film...et bien plus encore.Car Ang Lee sait aussi filmer les petites gens, les laissés pour compte, et ceux qui sont critiques avec le système et qui ne sont pas dupes des gros vilains mensonges de leurs dirigeants.

C' est un film très subtil, avec beaucoup de rôles secondaires psychologiquement bien travaillés, et qui joue sur une très large palette de sentiments.

Or j' ai lu dans la presse française quelques critiques négatives dont celle-ci du nouvel Obs.

Souvenirs d'héroïsme, incompréhension des civils, célébrité fatigante, sentiment d'absurde devant les fiestas organisées, tous les clichés sont là. C'est patriotard, assommant, interminable, à fuir. 

Alors, on peut penser ce qu' on veut, et toutes les opinions sont respectables, et à chacun son ressenti, comme on dit, mais il y a des choses qu' on n' a pas le droit d' écrire et qui sont à la limite de l' indécence.

Je comprends qu' un journaliste ne soit pas sensible à la critique sociale, et qu' il trouve à ce film un côté déjà-vu ( même si moi je n' ai encore vu aucun film qui parle de manière si juste, si nuancée et si sensible de la guerre d' Irak, mais passons...).

Je comprends qu' un critique puisse trouver le film assommant, interminable...Jusque -là c' est son point de vue ( qui est par ailleurs parfaitement le contraire du mien car j' ai trouvé cette histoire passionnante de bout en bout: ce jeune soldat projeté de manière médiatique face aux mille miroirs d' une société américaine qui va tenter de l' utiliser et de l' instrumentaliser, comme on dit maintenant).

Mais alors, il y a un adjectif que ce critique a utilisé qui ne passe VRAIMENT pas, et qui frise la calomnie...Il a écrit que le film était " patriotard", et là, faut pas charrier quand même, car s' il y a bien  des personnages patriotards dans le film, ce n' est que pour mieux les critiquer et les ridiculiser...

Là c' est le mot de trop !...

Enfin, qui il est-il ce sinistre journaliste pour oser affirmer que le film est à fuir ? C' est sans doute lui qui est à fuir !

D' ailleurs l' histoire risque davantage de retenir le nom d' Ang Lee que le sien.

Je ne m' attarderai pas davantage sur cette critique du nouvel Obs qui n' en vaut pas la peine. Il n' empêche que si je n' avais pas lu l' article de Fatizo je serai passé à côté de cette oeuvre qui m' a marqué.

Oui, elle m' a marqué car on y ressent avec beaucoup de peine et d' amertume de quelle manière un pouvoir politique est capable d' utiliser la candeur et la loyauté de sa jeunesse, de mettre son existence en péril, au mépris de la vérité et de la justice.

Oui, ce film m' a presque fait pleurer.Il m' a retourné les tripes.Et ce jeune soldat américain, et bien, on a vraiment envie de l' embrasser.C' est lui qui sauve l' âme de l' Amérique et l' honneur perdu de ses dirigeants.

 

"Un jour dans la vie de Billy Lynn" d' Ang Lee....Un chef d' oeuvre d' humanité !
Repost 0
Published by alea-jacta-est - dans cinéma Ang Lee Irak Guerre
commenter cet article