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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 22:41

Bonjour les amis,

Je ne laisserai pas finir 2016 sans vous parler de Hunt for the wilderpeople de Taika Waititi, une comédie fraîche et originale qui nous vient de Nouvelle-Zélande...

L' argument est simple.

Un enfant de 10 ans, difficile et à problèmes, est recueilli dans une famille vivant à la campagne ( précisons que la campagne néo-zélandaise, c' est pas la Corrèze, c' est un peu plus sauvage...).

Suite à un malentendu le jeune enfant et son tuteur vont devoir prendre la fuite et se réfugier dans le Bush.Toutes les autorités du pays sont à leur recherche.

Commence alors un film d' aventures dans la savane et dans la jungle néo-zélandaise.

La comédie fonctionne sur le schéma classique du duo formé par 2 personnages que tout sépare et oppose,Rick l' enfant des villes, obèse, mal alimenté et imprégné de culture citadine, et Hector le vieux chasseur analphabète bourru, qui connaît tous les secrets de la jungle, interprété par Sam Neill, au sommet de son art.

L' une des originalités du film réside dans le fait que le duo est composé cette fois-ci par deux asociaux: l' asocial des villes et l' asocial des champs...

 

 

Hunt for the wilderpeople...une comédie hilarante et décalée...
Hunt for the wilderpeople...une comédie hilarante et décalée...

Au cours de leur expédition, nos compères vont croiser toute une galerie de personnages tour à tour attendrissants, naifs, un peu ploucs,excentrés,marginaux, voire carrément extravagants.

A chaque fois, ces rencontres donneront lieu à des réactions inattendues et à des  situations drôles et décalées.

Rick est imprégné de culture cinématographique et , à chaque péripétie il s' imagine dans un de ses films qu' il affectionne tandis que Hector lui est complètement ignorant de tout ce qui peut alimenter l' imaginaire de Rick.

Le réalisateur s' amuse à intercaler des scènes extraites des infos à la télé pendant que nos deux héros vivent dans la jungle des aventures à la Rambo, et là encore, le décalage est assez savoureux ( entre ce que vivent les protagonistes et ce que racontent les médias).Waititi à travers son humour et sa dérision nous propose une belle critique sociale....On n' éclate pas de rire mais on sourit souvent...

Il y a aussi des personnages et des  caractères typiques à la nouvelle Zélande.Le milieu rural qui y est très touchant parfois dans sa rudesse et dans sa simplicité authentique, et qui s' exprime avec un accent anglais si particulier.

On croise un groupe de chasseurs un peu ras du plafond dignes d' un sketch des " inconnus".On pense un peu au cinéma des frères Coen ( celui de Fargo)...Il y a aussi les marginaux, ceux qui retrouvent refuge dans la nature.

Parmi les personnages les plus drôles il y a sans doute la responsable de l' assistance familiale ( qui a regardé trop de séries américaines) et qui est convaincue qu' Hector est un dangereux pervers qu' il faut mettre hors d' état de nuire et qui se prend pour TERMINATOR.

Et puis, il y a une scène absolument hilarante.quand l' un des personnages secondaires rencontre nos 2 compères recherchés par toutes les polices: sa première réaction est de leur demander de faire des selfies avec eux.Il en fait toute une série où il prend plusieurs poses destinées aux réseaux sociaux..impayable...l' un des moments les plus drôles du film.

Enfin, il faut souligner que ça reste un vrai film d' aventures, plein de rebondissements, filmé dans des paysages réellement somptueux.Le cadre et la photo sont magnifiques.D' ailleurs, la beauté des paysages donnera lieu à un dialogue savoureux entre Rick et Hector.

Certains pourraient conclure que des films comme ça qui fonctionnent sur un duo invraisemblable on en a vu plein, et c' est vrai.Seulement, ici la différence est dans le traitement de Taika Waititi, qui est à la fois sensible, original et déroutant.

Il mêle parfois le rire à l' horreur.Son film sort des sentiers battus et n' obéit pas aux standards habituels d' une comédie à l' américaine.

Sa comédie commence presque comme une histoire plutôt dramatique puis devient énorme, vraiment énorme.Et tout son talent est de savoir apporter à cette énormité  de vraies touches originales et inattendues de sensibilité, d' humanité et de tendresse pour ses deux personnages.

Je terminerai en saluant la performance de Sam Neill qui sait être touchant sans en faire des tonnes.La dernière scène est sublime...

 

PS: En cadeau bonus je vous offre un des chants qu' on entend dans le film...SCHEDRYK, un chant de Noël ukrainien de Mykola Dmytrovych Leontovych,  ici interprété par un choeur de Vilnius...C' est prodigieux ce qu' ils font.Appréciez la qualité technique et l' harmonie des masses vocales à la fois denses et bien "polies"

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 08:08

Bonjour les amis,

je viens de voir ( comme toujours avec un certain retard) CAPTAIN FANTASTIC le dernier film de Matt Ross.

C'est une histoire qui commence comme une fable moderne.Une famille américaine désire vivre de manière utopique loin de la société de consommation, frustrante et aliénante, en s' isolant quelque part dans l' immensité des montagnes rocheuses.

Le père Ben, très bien interprété par Viggo Mortensen, se charge de l' éducation des enfants pendant que la maman est à l' hôpital.

Il s' agit d' une éducation authentique, à la fois exigeante et très dure qui devrait permettre aux enfants de devenir des individus très forts, libres et critiques, capables de vivre réellement en harmonie avec la nature.Une éducation qui n' a rien de laxiste, inspirée de l' idéal de la révolution Hippie, de la pensée new-age, de l' écologie, des philosophies humanistes et universalistes.

Par exemple, le jour de Noël est substitué par la célébration de la naissance de Noam Chomsky, père fondateur d' une pensée orientée vers l' entente et le respect entre les peuples.

Pour tout le groupe, tous les jours, ce sont des entraînements sportifs soutenus dans la nature ,exercices de maintien de la forme physique dignes de la préparation des marines américains,chasse au daim, escalades de parois rocheuses suivis d' un apprentissage scolaire exigeant dont se charge Ben.

Ben dont on imagine qu' il a été par le passé un brillant intellectuel apprend à ses enfants les langues étrangères, l' esperanto, la physique quantique, la biologie,à faire des analyses littéraires rigoureuses, etc...Ses enfants sont des petits Rambos capables de survivre dans les milieux les plus hostiles mais également capables d' avoir une réflexion éthique et morale d' un niveau déjà très relevé pour leur âge.

Mais, bientôt, de graves problèmes vont survenir au sein de cette communauté utopique avec le suicide de la mère à l' hôpital. La famille va devoir se confronter au monde qui les entoure, et les préceptes éducatifs imposés par Ben vont bientôt montrer leurs limites.

Ses enfants sont très forts, très préparés mais ont grandi de manière si isolée du reste de la population qu' ils sont en constant déphasage avec leur environnement social ce qui donne lieu à des scènes parfois assez humoristiques.

A partir du suicide de la mère le film prend alors les tournures d' un road movie ( un peu comme le croquignolesque et savoureux  LITTLE MISS SUNSHINE): le groupe  part dans l' autobus familial pour aller assister à l' enterrement de la mère.

Au cours de ce voyage Ben va lutter pour faire respecter les dernières volontés de son épouse, mais il va aussi douter...Ses enfants, à travers leurs problèmes et parfois leur rébellion, vont le faire se remettre en question.

La confrontation et le CHOC de Ben avec son beau-père, magistralement interprété par Jack Langella, est su-bli-me.

Et si l' idée merveilleuse de petite communauté que Ben a eu avec son épouse n' avait peut-être été rien d' autre qu' une ERREUR merveilleuse ?

Le film peut agacer parfois car le réalisateur cherche peut-être à être trop démonstratif,mais en même temps, il soulève bien les questions posées par ces parents qui veulent tout réinventer pour leurs enfants, et qui veulent se substituer aussi à l' école qu' ils considèrent comme complice d' une société perverse et aliénante.

Je précise bien que l' enseignement de Ben est tout le contraire d' un endoctrinement.Il oblige ses enfants à lui fournir un vrai travail critique de réflexion mais leur isolement social a aussi des effets très nocifs.

Peut-on réinventer une société à partir de sa propre famille en l' isolant et sans la convertir en une espèce de secte ?

Pourtant, Ben, même s' il est souvent rigide et exigeant,ne se comporte jamais comme un mini dictateur puisque tous les membres de la communauté ont toujours la possibilité de remettre en cause leurs règles de cohabitation communes si ils sont capables d' exposer de manière argumentée leurs divergences.Il s' agit bien d' une tentative de démocratie directe au sein d' une micro-société composée de membres intelligents et responsables.

Il y a de magnifiques passages dans ce film très sincère qui nous oblige à réfléchir sur notre façon d' éduquer et sur les limites de notre liberté individuelle, et de notre responsabilité en tant que parents.

Et puis, ce film est aussi une belle comédie allègre, et pleine de vie, bien menée.On suit tambour battant et avec ravissement les tribulations joyeuses de ce petit groupe complètement atypique .

Certains trouveront cette histoire assez invraisemblable ou peu crédible  mais le réalisateur s' amuse à pousser jusqu' au bout la logique des parents.

Je ne parlerai pas de la fin si ce n' est pour dire qu' elle m' a plu même si d' autres la trouveront trop en accord avec la bien-pensance américaine.

Nous sommes libres et pouvons mener notre petite révolution sans être systématiquement en rupture de ban avec la société.Il peut y avoir des compromis intelligents...

Ou alors, à trop vouloir corriger certaines servitudes artificielles de notre société moderne on risque de créer certaines carences qui sont encore pires...

Enfin, à une époque, où il y a tant de films creux et superficiels, sans substance, destinés au public familial, on ne peut que saluer une oeuvre grand public qui apporte autant de réflexion , d' intelligence, de sensibilité, d' humour et d' originalité.

A citer par ailleurs la bande-son avec des morceaux classiques et d' autres traditionnels très connus ( dont un de Dylan) mais réinterprétés par nos joyeux protagonistes, notamment une version de sweet child of mine des Gun's N' Roses qui m' est allée droit au coeur...

Je vous mets la bande-son de cette réinterprétation et sachez que la scène est merveilleusement filmée comme une ode à la vie, pleine de poésie, et qu' elle m' a sincèrement ému.Elle mérite d' être écoutée jusque la dernière note de l' harmonica...
 

Voici le NOAM CHOMSKY DAY avec une petite chanson en son honneur...à un moment du film où la petite communauté est en contact avec la société américaine ( le père fait une petite concession et entorse aux règles de vie commune  en servant exceptionnellement un gâteau et une crème parfaitement industriels et chimiques).

CAPTAIN FANTASTIC un conte philosophique à la fois tendre et cruel...
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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 08:12

Bonjour les amis,

Suite à une réponse à Fatizo, je me suis replongé cette semaine dans l' atmosphère de "Phantom of the Paradise" qui est le premier film de Brian de Palma qui le consacrera comme l' un des plus grands metteurs en scène d' Hollywood.

Phantom of the Paradise est une comédie musicale dramatique,un opéra-rock ,très librement inspiré du roman "Le fantôme de l' Opéra" de Gaston Leroux.

Phantom of the Paradise...un chef d' oeuvre qui mérite d'être revisité

Voici une brève présentation du film, selon wiki.

Winslow Leach, compositeur de talent, se fait aborder par la célèbre maison de production Death Records, afin que sa musique soit celle de l'ouverture du Paradise, la salle de concert colossale que Swan, le mystérieux directeur de Death Records, vient de faire construire. Winslow pense être le seul à pouvoir chanter la cantate de 300 pages qu'il a écrite. Mais Swan est convaincu du manque de charisme de celui-ci et décide de voler les partitions qui l'intéressent et d'organiser un énorme casting pour trouver des chanteuses pour les chœurs. Winslow décide de profiter de ce casting pour se confronter à Swan. Il y rencontrera une jeune candidate nommée Phœnix dont la voix le fera immédiatement tomber sous son charme mais n'arrivera pas à revendiquer la paternité de sa musique. Il se fait emprisonner suite à un complot du diabolique producteur et, rongé par la rancœur, décide de s'évader et d'organiser un attentat contre Death Records. Malheureusement, celui-ci tourne mal et Winslow Leach se trouve défiguré. Cachant son visage affreux sous un masque, il retourne au Paradise afin d'y fomenter sa vengeance.

Bon, ça c' et pour l' histoire mais ça ne dit absolument rien de la mise en scène brillante, ni du rythme échevelé que Brian de Palma imprimera à son oeuvre.C' est pratiquement une leçon de cinéma.Après une mise en place d' une dizaine de minutes, le film nous emporte dans une histoire fole folle folle dans laquelle le spectateur reconnaîtra plein de références littéraires ( Faust, le portrait de Dorian Gray, Dracula, Frankenstein, Proust..) mais aussi de beaux clins d' oeil à de grands maîtres du cinéma ( Hitchcock, Wells,etc..).

Juste un petit détail à ce sujet.De Palma reprend avec beaucoup de drôlerie la scène de la douche d' Hitchcock dans Psychose mais avec une fin surprenante et pleine d' humour décalé, que je ne dévoilerai pas.D' ailleurs il réinventera cette scène, à chaque fois de manière originale, dans la majorité de ses films ( c' est devenu sa marque de fabrique...un clin d' oeil récurrent..tout comme sir Hitch qui s' amusait à faire de brèves apparitions dans ses propres films)

Tous les nombreux thèmes abordés par le film sont très bien expliqués dans cet article de wikipedia

C' est une vraie leçon de cinéma, disais-je, où chaque plan apporte quelque chose à l' histoire.

S' agissant d' une comédie musicale , la question du rythme est primordiale et là, De Palma ne rate pas le coche et nous emporte dans un tourbillon de situations qui nous tiendront en haleine jusqu' à la dernière seconde de son film.

Enfin, il y a la musique dont la composition a été confiée à Paul Williams.Nous sommes dans les années 70 en pleine explosion de la musique Rock à une époque où ce genre a déjà 20 ans d' existence.Le film nous fait faire un voyage musical à travers les premiers âges du rock ( rockabilly avec le groupe Juicy fruits, ensuite le rock décadent avec le chanteur travesti et aussi le rock progressif plus planant)

Commençons par le thème récurrent du film interprété avec beaucoup de sensibilité ...

Continuons avec un peu de Rockabilly avec " Good bye Eddy Goodby"...les choeurs sont " très années 60"...les Beach Boys ne sont pas loins.

Continuons avec ce qui deviendra quelques années plus tard le rock décadent ( le film est pratiquement précurseur du genre).Ça commence à 3 min 40 s et puis avec un autre morceau hilarant à 7 min 34 s.

Je terminerai ce billet avec l' une des plus belles chansons d' amour que je connaisse: le OLD SOULS interprété par Jessica Harper qui y donne toute la pleine mesure de son énorme talent.Là je reste scotché, les amis,sans respiration,...Notons à partir de 48 secondes le son du mellotron qui apporte à la musique un caractère nostalgique et mélancolique qui me met la chair de poule...Tout, dans cette chanson, est si subtil et si sensible.

Voici le compositeur Paul Williams ( qui joue le rôle de Swan dans le film) qui parle très bien de cette chanson dans cette interview

Enfin je dédie ce petit billet à un copain de prépa ( Oudin pour le pas le nommer) qui, en 1978, fût le premier à me parler de ce film à la cantine du Lycée Baggio.Il avait été tellement ébloui et en parlait en des termes tellement enthousiastes que bien évidemment, j' étais allé vérifier par moi-même, et force était de constater qu' il était encore en dessous de la réalité ...Ce film, il faut le voir au moins deux fois: une première fois pour se laisser complètement emporter par cette histoire ..une deuxième fois pour en apprécier tous les détails, l' extrême soin apporté à chaque plan et toute la richesse.

Quand à la chanson de Jessica Harper, elle continue de provoquer en moi d' étranges résonnances 35 ans plus tard...Quelle chanson d' amour !


"OLD SOULS"
Our love, is an old love baby
Is older than all of our years
I had seen in strangers eyes
Familiar tears
We're old souls, in a new life baby
They gave us a new lifeto live and learn
Some time to touch old friends and still return
Our paths have crossed and parted, this love
Affair was started long... long ago
This love survives the ages
In it's story
lives are pages... filled them all
Made all slow
Oh oh oh
Our love is stronger baby
We give it all and still receive
And so in empty arms
We must still believe
Old souls last forever
So we need never fear a goodbye
A kiss when i must go
No tears.....
In time, we kiss....... Hello!

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Published by alea-jacta-est - dans cinéma Rock comédie Fantastique
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