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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 08:33

Bonjour les amis,

Après la défaite de la gauche qui ne sera pas présente au second tour des présidentielles, on est évidemment tenté de faire comme après une partie d' échecs perdue, une analyse post-mortem.

Défaite de la gauche: analyse post-mortem...

L' analyse post-mortem consiste à reprendre la partie depuis le début, de la refaire, d' analyser certaines phases de jeu, et d' en imaginer d' autres développements si d' autres options avaient été tentées.

Alors, je ne vais pas me lancer dans un tel exercice aussi difficile, mais j' aimerais reprendre au moins une phase de jeu importante dont personne ne parle plus et qui est sans doute le moment crucial où la gauche a définitivement perdu toute chance de participer à ce second tour.

Pas la peine de sortir sa calculatrice pour comprendre qu' une liste commune Hamon-Melenchon était la seule manière arithmétique de figurer au 2 ème tour ( 19%+ 7% = 26% même si je sais que les choses ne sont pas aussi simples et les reports pas aussi directs).

Hier j' écoutais Onfray rappeler cette simple évidence arithmétique qu' on a tous en tête, rappeler que Mitterrand a porté la gauche au pouvoir grâce au programme commun , une alliance qui allait  des radicaux de gauche jusqu' aux communistes.

Aujourd' hui, on ne peut que remettre en perspective l' incroyable manque de réalisme de ceux qui ont voulu porter la voix du peuple sous leur seul étendart,sous leur seule bannière, en pensant qu' elle franchirait le cap du 2 ème tour.

Comment ne pas voir dans leur égocentrisme, et dans leur irréalisme, une forme d' usurpation et de mystification vis à vis du peuple dont ils prétendaient défendre les intérêts ?

Prétendre aller jusqu' au bout de cette consultation en sachant parfaitement que l' état des rapports de forces ne le permettrait pas si on ne créait pas, au préalable, de larges confluences avec les alliés naturels se révèle aujourd' hui comme l' une des plus grosses arnaques intellectuelles et faute morale.

Ceux qui ont fait ce choix, et notamment Mélenchon ne prennent pas acte aujourd hui de leurs erreurs, ce que je comprends car ils sont déjà dans la bataille des législatives à venir.Ils vont continuer de nous entretenir dans leur mythe, mais l' électeur de gauche, lui, ne s' y trompe pas.

Il sait bien que c' est une gauche livrée aux intérêts partisans des appareils qui a été mise en échec, un échec prévisible...Qu' on ne s' étonne donc pas aujourd' hui de la défaite.Inutile de prendre ces mines défaites et frustrées.La gauche ne s' est jamais donnée les moyens d' y parvenir réellement.Elle s' est laissée porter par un discours qui l' a fait rêver, et dimanche la réalité est tombée dessus comme une chape de plomb.Sans union préalable, il n' y avait aucune chance de porter un projet  progressiste en avant.

Post-scriptum

Un deuxième point que j' aimerais aborder, en marge de cet article, ce sont les incroyables méfaits des discours anti-européens, anti-Maastricht, anti-Bruxelles, anti BCE, anti, anti, anti...

Le seul candidat anti-UE qui a tenu un discours cohérent c' est Asselineau qui plaidait pour une sortie pure et simple.C' était net, c' était clair, et c' était irréversible aussi.Pareil que pour le Brexit...

Les autres grands candidats qui ont tenu des discours souverainistes et anti-européens,  se sont TOUS ridiculisés à un moment ou à un autre par leur manque de crédibilité et de réalisme.Ils ont tous fait machine arrière pris au piège de leur propre discours.

Ils ont souvent parlé de manière arrogante comme si la France allait imposer à tous ses partenaires de nouvelles règles.Vu de l' étranger, ils nous ont souvent fait sourire.

Ils ont produit parfois des discours ridicules et bien peu modestes dans lesquels ils ont fait croire que la France,à elle seule, serait capable d' imposer des renégociations dont certaines par leur irréalisme font sourire.Quand Mélenchon dit que la BCE doit directement financer les dettes des pays,et appuyer son projet économique d' investissement de 270 milliards d' euros, on  a envie d' éclater de rire.La BCE n' a pas été créée pour ça...J' imagine la tête des responsables allemands ou hollandais qui auraient été obligés d' écouter ses requêtes durant ces fameuses négociations qu' il aurait provoquées, lui répondre comme à Varoufakis:

" Vous êtes sérieux, là ? Vous voulez qu' on vous réponde vraiment ? "

C' est finalement curieux les effets des discours contre l' Europe car ils permettent souvent dans un premier temps de créer un élan de sympathie pour un candidat, et finissent par se retourner contre lui par leur manque de crédibilité...La dernière qui vient de se prendre à ce même piège n' est ni plus, ni moins, que Marine Le Pen.

Celle-ci a besoin de capter le vote des personnes âgées.Or son discours contre l' euro les a effrayé, car c' est le 3 ème âge en France qui a de la thune...Et l' aventure, quand on parle de pognon, ça plait pas à ceux qui en ont...

 

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