Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 17:54

Bonjour les amis,

Je viens de lire la nouvelle de Chateaubriand intitulée le dernier des Abencerages suite au billet que Rosemar lui a consacré ICI.

Au début du texte Chateaubriand fait référence à une phrase historique très connue en Espagne, une phrase que la sultane Aixa,mère du Roi Boabdil, avait prononcé à son fils qui avait perdu le royaume de Grenade.Voici un extrait:

Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d'abandonner le royaume de ses pères, il s'arrêta au sommet du mont Padul. De ce lieu élevé on découvrait la mer où l'infortuné monarque allait s'embarquer pour l'Afrique ; on apercevait aussi Grenade, la Véga et le Xénil, au bord duquel s'élevaient les tentes de Ferdinand et d'Isabelle. A la vue de ce beau pays et des cyprès qui marquaient encore çà et là les tombeaux des musulmans, Boabdil se prit à verser des larmes. La sultane Aïxa, sa mère, qui l'accompagnait dans son exil avec les grands qui composaient jadis sa cour, lui dit :

" Pleure maintenant comme une femme un royaume que tu n'as pas su défendre comme un homme ! " .

Cette phrase historique, je l' avais entendue en Espagne.Elle est reprise parfois de manière imagée pour caractériser des comportements faibles de responsables politiques ou de groupes sociaux qui n' ont pas su lutter comme il fallait pour préserver leurs biens ou leurs acquis.

Il y a juste un petit problème en 2015: cette phrase est très sexiste et elle est devenue politiquement assez incorrecte.Effectivement un professeur de lettres ou d' histoire pourra la citer en classe mais en la resituant dans le contexte historique d' une société où les hommes étaient censés être forts et défendre les femmes appartenant au sexe dit " faible"...C' est d' autant plus gênant que la phrase est prononcée par la mère de Boabdil, et que c' est donc une femme qui propage cette idée reçue et ce préjugé contre les femmes...

Malgré tout la phrase garde une certaine valeur intéressante et on pourrait la réactualiser de la manière suivante.

"Ne pleure pas comme un lâche ce que tu n'as pas su défendre avec courage"

" N' ajoute pas l' indignité à la honte"

Bon,entre nous, là je la trouve très très sévère Maman Boabdil.C' est déjà suffisemment pénible de perdre une guerre et d' être contraint à l' exil mais si en plus Maman vient traiter son fils comme la dernière des mauviettes, il y a de quoi ne plus jamais s' en remettre...

Pauvre Boabdil !

Allez les amis,revenons à Chateaubriand. Je vous remets un extrait de ce texte romantique avec une très belle description de ces danses andalouses qui envoûtent....

Une des jeunes femmes commence à jouer sur la guitare l'air de la danse étrangère. La fille de don Rodrigue ôte son voile et attache à ses mains blanches des castagnettes de bois d'ébène. Ses cheveux noirs tombent en boucles sur son cou d'albâtre ; sa bouche et ses yeux sourient de concert ; son teint est animé par le mouvement de son coeur. Tout à coup elle fait retentir le bruyant ébène, frappe trois fois la mesure, entonne le chant de la Zambra et, mêlant sa voix au son de la guitare, elle part comme un éclair.
Quelle variété dans ses pas ! quelle élégance dans ses attitudes ! Tantôt elle lève ses bras avec vivacité, tantôt elle les laisse retomber avec mollesse. Quelquefois elle s'élance comme enivrée de plaisir et se retire comme accablée de douleur. Elle tourne la tête, semble appeler quelqu'un d'invisible, tend modestement une joue vermeille au baiser d'un nouvel époux, fuit honteuse, revient brillante et consolée, marche d'un pas noble et presque guerrier, puis voltige de nouveau sur le gazon. L'harmonie de ses pas, de ses chants et des sons de sa guitare était parfaite. La voix de Blanca, légèrement voilée, avait cette sorte d'accent qui remue les passions jusqu'au fond de l'âme. La musique espagnole, composée de soupirs et de mouvements vifs, de refrains tristes, de chants subitement arrêtés, offre un singulier mélange de gaieté et de mélancolie. Cette musique et cette danse fixèrent sans retour le destin du dernier Abencerage : elles auraient suffi pour troubl
er un coeur moins malade que le sien.

Ces citations historiques devenues politiquement incorrectes

Bonne fin de soirée les amis

PS: si vous avez quelques citations intéressantes ou assez justes mais devenues un peu incorrectes, n' hésitez pas à me les faire partager...

Vous vous souvenez de Charles de Gaulle parlant du peuple juif comme un peuple d' élite !

...politiquement incorrect mais il n' avait pas tout à fait tort...

Repost 0