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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 08:39

Bonjour les amis,

Cette fois-ci je n' ai pas attendu 6 mois pour voir JACKIE le biopic de Pablo Larraín sur les 3 jours qui suivirent l' assassinat de JFK.

Ce fut, comme chacun sait, un attentat qui créa une vive commotion internationale et dont les répercussions marqueront pour très longtemps l' imaginaire collectif de la planète.

Larraín revient donc sur ces trois jours, et nous propose une reconstitution très minutieuse de cet épisode dramatique, vu à travers les yeux de Jackie.

Jackie qui saura faire des funérailles du président un moment-clé de notre histoire du XX ème siècle avec deux images fortes.

Elle-même accompagnant le cortège funèbre avec beaucoup de force, de courage, d' élégance et de dignité, et le salut de son fils devant la dépouille mortelle du père.

Deux moments, et deux images  qui vont parachever la naissance du Mythe des Kennedy dans l' imaginaire américain.

 

Le film commence quelques jours après l' attentat avec Jackie qui reçoit un journaliste pour lui raconter comment elle a vécu ces événements marquants qui ont secoué le Monde.

Alors qu' elle est encore traumatisée, on sent également chez elle une volonté de soigner l' héritage qui doit rester de son mari afin de l' installer dans l' histoire avec un grand H.Cette interview doit être aussi une possibilité pour elle de forger une image d' un JFK qui aurait pu devenir le Lincoln de sa génération. 

Alors, tout le monde sera d' accord pour dire que l' interprétation de Natalie Portman est impressionnante et extraordinaire.Le mimétisme avec son modèle est troublant.Elle est littéralement habitée par son rôle.

J' ai vu le film en version originale sous-titrée, et on peut apprécier le vrai travail que Portman a fait sur sa diction.

Jackie, à chaque fois qu' elle s' adresse à la télé ou aux journalistes, adopte un accent très affecté ( de la côte Est) presque doucereux.L' entendre parler de cette manière aujourd'hui  paraît exagéré mais quand on va voir les documents historiques, on se rend compte que cet accent excessivement glamour est bien fidèle à celui de son modèle.

Larraín nous montre une Jackie tourmentée,torturée mais a préféré ne pas égratigner le personnage , certainement plus complexe et ambigu que ne le montre le film, et s' attacher aux grandes qualités de son héroïne comme s' il voulait lui-aussi apporter sa contribution à l' élaboration du mythe des Kennedy.

C' est un point de vue qui est respectable mais parfois il pousse le bouchon un peu loin.Il y a un moment involontairement risible dans le film, quand Jackie dit au journaliste qu' elle aurait pu aussi rêver de devenir sténo ou vendeuse.Alors, sachez pour la petite histoire qu' elle faisait partie de la jet set,de l' " aristocratie américaine", que son père était un très riche agent de change à Wall Street, qu' elle est née le cul dans la soie et qu' elle ne risquait absolument pas de devenir ni vendeuse , ni sténo...lol !

Je terminerai en disant que le film de Larraín est un bon film, mais que ce n' est pas un film d' histoire, mais au contraire,qu' il raconte l' histoire d' une histoire... C' est un film qui nous raconte comment JACKIE a réussi à faire de son mari le personnage historique qu' il est devenu aujourd'hui, et comment elle a participé de manière très active à l' élaboration d' un mythe moderne.

 

Jackie...de Pablo Larraín

Notez dans ce film la dernière apparition de John Hurt ( décédé en ce 28 Janvier 2017) en prêtre confesseur de JACKIE, ce qui donne lieu à quelques bons dialogues. 

Jackie...de Pablo Larraín

Et puis, j' ai un petit souvenir personnel lié à ce film.

On entend dans un des salons de la Maison blanche le génial violoncelliste catalan Pau Casals interpréter devant le couple présidentiel EL CANT DELS OCELLS...le chant des oiseaux.

Jackie...de Pablo Larraín

Or, nous avons interprété également cette chanson  avec notre chorale en 2010...

Ne soyez pas surpris par la mauvaise qualité de l' éclairage: nous étions entrés un par un en chantant dans l' obscurité, éclairés par la seule lueur des bougies (et avec la caméra en pilotage automatique qui se perd complètement dans ses mises au point sauf à la fin du clip...par contre la bande son est correcte...et c' est ce qui est finalement le plus important).

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