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10 décembre 2023 7 10 /12 /décembre /2023 07:48

Bonjour les amis,

J'ai fini hier soir la lecture de Au fin fond de décembre, un polar signé Patrick Conrad.

Voici le résumé de l'éditeur :

Après avoir tué le mauvais suspect du viol et meurtre de sa fille, l’ancien inspecteur de police Theo Wolf sort de prison. Désormais devenu exterminateur de rats, il découvre le cadavre putride d’une femme lors de sa première mission. Complètement fasciné par cette femme, Wolf se lance dans une enquête qui l’entraînera dans les recoins les plus tordus et sordides d’Anvers…
Déployant une enquête aux rebondissements aussi abracadabrantesques que sordides, Patrick Conrad signe un roman noir décadent et singulier à l’humour tranchant et pervers.

 

Au fin fond de décembre...un polar onirique, très noir et jubilatoire aussi.

Voici maintenant ce qu'en dit JP Guery sur la fiche babelio consacrée à ce roman:

"... Baignant dans une atmosphère onirique oppressante, ce roman du méconnu Patrick Conrad (écrivain, poète, plasticien et cinéaste belge) se déroule presqu'exclusivement dans l'obscurité inquiétante des nuits d'Anvers. D'immeubles minables en boites de nuits ringardes, d'hôtels miteux en bouges infâmes, l'ex-flic investi d'une mission quasi divine explore les tréfonds d'âmes humaines ravagées par la solitude et le manque d'amour. Impressionnant de noirceur !..."

https://www.babelio.com/livres/Conrad-Au-fin-fond-de-decembre/1563047

J'ajouterais juste qu'il ne s'agit pas du tout d'un polar dont la trame est compliquée avec des rebondissements toutes les cinq pages. Non, ici c'est du polar à l'ancienne, et ce sont les lieux, les ambiances très soigneusement décrites (y compris avec leurs odeurs) et les personnages que croise Théo Wolf qui captivent le lecteur.

Ces personnages sont souvent très attachants, peu épargnés par la vie, et ils affrontent la solitude chacun à leur manière, du mieux qu'ils peuvent. D'autres, parmi les protagonistes de cette histoire, sont moins affables et sympathiques mais leurs  travers sont traités avec une bonne dose d'humour et d'ironie.

Patrick Conrad maîtrise parfaitement sa narration, avec des dialogues très bien écrits qui donnent beaucoup de réalisme et de justesse à son récit, un récit dans lequel s'intègrent les rêves de Théo Wolf qui bousculent la perception que le lecteur a de la réalité. Ces rêves, à la fois surréalistes et hallucinés, apportent aussi une certaine forme de poésie à son histoire qui est une sorte de mortelle randonnée très onirique.

Il y a parfois des accents baudelairiens dans Au fin fond de décembre  (voir le poème de Baudelaire " La Charogne" par exemple).

Le roman est également original et surprenant, mais je ne révélerai pas certains éléments du récit qui sont troublants et parfois même très glauques, mais qui passent très bien sous la plume de l'auteur qui sait très bien nous mettre dans l'état d'esprit de ce qui guide le comportement pour le moins étrange de Théo Wolf.

Et puis il y surtout l'humour noir et décapant de Patrick Conrad.

Le dernier chapitre très jubilatoire m'a fait mourir de rire, d'un rire grinçant certes, car le thème est plutôt noir de chez noir.

Je retiendrai aussi de ce livre une citation de Montherlant qui apparaît dans ce dernier chapìtre: 

« Nous mourons, quand il n’y a plus personne pour qui nous voulons vivre ».

Cette citation aurait d'ailleurs pu apparaître en épigraphe de ce roman.

 

Une rue déserte d'Anvers...un soir d'hiver...

Une rue déserte d'Anvers...un soir d'hiver...

Je vous laisse avec une chanson qui est à l'origine du titre Au fin fond de décembre...Cette expression est extraite des paroles de la chanson nostalgique TRY TO REMEMBER, extraite elle-même d'une comédie musicale à succès des années 60 à Broadway.

...Deep in December, it's nice to remember Although you know the snow will follow...

L'une des protagonistes du roman est une chanteuse qui avait fait partie de la troupe américaine de la comédie musicale THE FANTASTICKS.

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 05:46

Bonjour les amis,

J'ai fini hier la lecture du PIÈGE de Jean Haff Korelitz dont voici le résumé:

 Jacob Finch Bonner a connu son heure de gloire comme romancier avant de sombrer dans l’anonymat. Il enseigne désormais l’écriture dans une université du Vermont. Un jour, un de ses étudiants, Evan, lui dévoile l’intrigue du livre qu’il ambitionne d’écrire. Une intrigue géniale. Le best-seller assuré.
Quelques années plus tard, Jacob apprend la mort d’Evan, qui n’aura pas eu le temps de concrétiser son projet. Aussi décide-t-il d’utiliser à son profit l’idée fantastique de ce dernier. Et c’est un triomphe. Mais au plus haut de sa gloire, Jacob reçoit un e-mail anonyme, terrifiant : Vous êtes un voleur.
Jacob va alors tout faire pour identifier son interlocuteur avant que quiconque apprenne ce qu’il a fait. Pour cela, il va revenir dans le Vermont, pour enquêter sur la vie et la mort d’Evan. Il ne sait pas encore à quel point le jeu va s’avérer dangereux.
L’intrigue parfaite c’est celle de ce roman, véritable piège qui dévore peu à peu son lecteur. 

LE PIÈGE de Jean Hanff Korelitz...

Au début du roman l'autrice nous parle des affres d'un écrivain en panne d'inspiration.

Jacob le héros n'a rien publié depuis 2 ans et, qui plus est, anime un atelier d'écriture dans une université américaine. Paradoxe cruel: Jacob doit apprendre à ses étudiants à écrire un récit ou une fiction alors que lui-même n'en n'est plus vraiment capable.

Il y a là un thème  auquel je suis sensible, à savoir la situation d'un professeur qui manque de crédit vis-à-vis de ses étudiants et qui est obligé de les bluffer un peu. Il ne s'en tire pas trop mal d'ailleurs, mais, comme toujours, les bluffeurs sont malgré tout partiellement démasqués par leurs étudiants. C'est donc une situation professionnelle qui ne peut qu'aggraver l'état de déprime de Jacob qui a affaire, entre autres, à un élève particulièrement provocateur et retors. Ça donne de très bons passages dans le livre.

Mais le moteur de ce polar c'est  le thème du maître-chanteur qui joue au chat et à la souris avec sa victime, et là aussi, les angoisses de Jacob nous touchent et nous interpellent. C'est la partie psychologique du roman la mieux fouillée, celle qui fait le vrai intérêt du livre.

Au moment même où Jacob connaît un immense succés et où les médias se l'arrachent, celui-ci sait qu'il peut tout perdre en moins de 24 heures et être rejeté comme un vulgaire imposteur. Commence pour lui une période d'angoisse permanente.Jacob n'est pas complètement coupable mais il n'est pas complètement innocent non plus. Donc il a 2 possibilités pour affronter le défi qui lui est lancé:  choisir de défendre la vérité ou tenter de mettre le corbeau hors d'état de nuire.

Jacob va essayer de se libérer de l'emprise de son maître-chanteur en menant une enquête, et dans le récit de cette enquête Jean Haff intercale régulièrement des passages du roman que Jacob a écrit. On a donc un roman dans le roman qui va permettre au lecteur de se faire assez tôt une idée de l'identité du corbeau

L'enquête avance, en suivant de nombreux méandres qui requerront toute l'attention du lecteur et il faudra attendre les dernières pages pour comprendre les vraies motivations qui animent la personne qui cherche à nuire à Jacob..

En résumé on a une histoire techniquement impeccablement construite qui démarre très lentement mais qui va peu à peu captiver le lecteur jusqu'à la dernière page...On pourrait reprocher, ici ou là, certaines invraisemblances du récit, mais c'est la vraisemblance psychologique qui importe, et de ce point de vue, le roman est plutôt réussi.

Toute l'histoire est par ailleurs délicieusement amorale ce qui la rend à la fois cruelle et jubilatoire.

Jean Hanff Korelitz

Jean Hanff Korelitz

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 08:23

Bonjour les amis,

En 2016 j'avais fait un billet concernant Juan Gómez-Jurado pour vous dire tout le bien que je pense de ce jeune auteur espagnol.

Or, il se trouve qu'à partir de 2018 Gómez-Jurado a commencé à publier une trilogie composée de REINA ROJA (Reine rouge), LOBA NEGRA (Louve noire) et REY BLANCO (Roi blanc).

Cette trilogie a déjà fait un énorme carton en Espagne. Je les ai lus moi-aussi avec la même voracité avec laquelle j'avais dévoré les trois tomes de Millénium de Stieg Larsson.

Je ne vous avais encore pas parlé de cette trilogie de Gómez-Jurado car j'attendais que ces livres soient traduits et publiés en France. C'est maintenant chose faite car REINE ROUGE est disponible chez vos libraires depuis le mois de Janvier.

Voici le synopsis:

Antonia Scott est spéciale. Très spéciale . Elle n'est ni flic ni criminologue. Elle n'a jamais porté d'arme ni d'insigne, et pourtant, elle a résolu des dizaines d'affaires criminelles. Avant de tout arrêter. Depuis un tragique accident, Antonia se terre dans un appartement vide et n'aspire qu'à une chose : qu'on lui fiche la paix. C'était compter sans l'inspecteur Jon Gutiérrez. Missionné pour lui faire reprendre du service, il parvient à la convaincre d'étudier un dernier dossier, celui d'un assassin sans scrupules qui s'en prend aux héritiers des plus grandes fortunes d'Espagne. Sa particularité? L'homme ne semble motivé ni par l'appât du gain, ni par le plaisir de tuer. Un cas complexe auquel la police madrilène n'entend rien. En un mot, le terrain de jeu favori d'Antonia Scott.

REINE ROUGE de Gómez-Jurado est débarquée chez vos libraires...

Alors Gómez-Jurado fait partie de ces auteurs qui, tout comme Stephen King,  savent attraper le lecteur dès les premières pages et savent mener un récit tambour battant. Dans REINE ROUGE on trouvera de l'intrigue, du mystère, des personnages dont la psychologie nous interpelle et pour lesquels on a beaucoup d'empathie, et aussi des personnages mystérieux et terriblement inquiétants.

Voici un extrait du livre qui nous parle de l'esprit d'Antonia, un esprit vif et torturé, qui fonctionne comme une jungle grouillant de singes tapageurs et agressifs, sautant de lianes en lianes. 

 

"...Antonia Scott ne s’autorise à penser au suicide que trois minutes par jour. 
Pour la plupart des gens, trois minutes représenteraient un infime intervalle de temps. 
Mais pas pour Antonia. On pourrait dire que son esprit a beaucoup de chevaux sous le capot, mais le cerveau ­d’Antonia n’est pas une voiture de sport. On pourrait dire qu’il possède une impressionnante capacité de traitement de données, mais la tête ­d’Antonia n’est pas un ordinateur. 
L’esprit ­d’Antonia s’apparenterait plutôt à une jungle, une jungle grouillant de singes, qui bondissent à toute allure de liane en liane en transportant des choses. Énormément de singes portant énormément de choses, qui se croisent dans les airs en montrant les crocs." 

Vous trouverez sur la page Babélio que je mets en lien ci-dessous les commentaires de PECOSA et de EVE-YESHE auxquels je souscris pleinement.

Je terminerai en vous disant que si vous aimez REINE ROUGE, vous ne serez pas déçu par la suite. Le tour de force de Gómez-Jurado est de ne jamais nous ennuyer. Au contraire, les enquêtes s'internationalisent, s'élargissent et l'intérêt du lecteur va crescendo.

La série est complètement addictive et Gómez-Jurado devient, comme le dit le libraire Jérôme Toledano, " le nouveau maître de vos nuits blanches".

PS: Vous pourrez vous faire une petite idée du roman par vous-mêmes en lisant le début de REINE ROUGE sur le lien affiché ci-dessous, en cliquant sur la photo de la page de couverture du livre.

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 08:05

Bonjour les amis,

J'ai terminé hier la lecture de L'AFFAIRE ALASKA SANDERS, le dernier Dicker qui est déjà en tête des ventes en France.

L'auteur m'avait déçu avec LA DISPARITION DE STEPHANIE MAILER, et du coup j'avais fait l'impasse sur le livre suivant intitulé L'ENIGME DE LA CHAMBRE 622.

L' AFFAIRE ALASKA SANDERS est le 3 ème volet d'une trilogie dont j'avais lu les 2 premiers tomes qui sont LA VERITÉ SUR L'AFFAIRE HARRY QUEBERT et LE LIVRE DES BALTIMORE.

J'avais apprécié le premier volet et adoré le deuxième donc je me suis senti titillé, avec une grosse envie de lire L'AFFAIRE ALASKA SANDERS dont voici le synopsis.

 

Le retour de Harry Quebert
Avril 1999. Mount Pleasant, une paisible petite bourgade du New Hampshire, est bouleversée par un meurtre. Le corps d'Alaska Sanders, arrivée depuis peu dans la ville, est retrouvé au bord d'un lac.
L'enquête est rapidement bouclée, puis classée, même si sa conclusion est marquée par un nouvel épisode tragique.
Mais onze ans plus tard, l'affaire rebondit. Début 2010, le sergent Perry Gahalowood, de la police d'État du New Hampshire, persuadé d'avoir élucidé le crime à l'époque, reçoit une lettre anonyme qui le trouble. Et s'il avait suivi une fausse piste ?
Son ami l'écrivain Marcus Goldman, qui vient de remporter un immense succès avec La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, va lui prêter main forte pour découvrir la vérité.
Les fantômes du passé vont resurgir, et parmi eux celui de Harry Quebert.

A propos du dernier Dicker...

Avant de vous livrer quelques commentaires personnels je vais partager avec vous 2 critiques. Voici la première, très positive, d' Andromeda 69 sur la page de Babelio.

" J'ai totalement retrouvé le style de l'auteur. Pour commencer, il y a de quoi lire comme d'habitude, presque 600 pages ici, mais qu'on ne voit pas défiler. Puis, les aller-retours constants entre passé et présent qui donnent une certaine dynamique. Beaucoup de personnages aussi, tout comme beaucoup de détails et de faits qui tournent autour de l'intrigue, où l'on perçoit au premier abord une sorte d'imbroglio mais où l'auteur réussit à rassembler toutes les pièces sans jamais rien oublier.
L'intrigue, qui demande tout de même un minimum de concentration si l'on veut tout retenir, est superbement bien construite et menée. J'avais le cerveau en ébullition mais tellement tenu en haleine que j'ai quasiment tout lu d'une traite. La plume de l'auteur aidant, très agréable, fluide et appliquée."

Vous trouverez ci-dessous sur la page Babelio l'ensemble des commentaires assez enthousiastes des lecteurs.

Voici maintenant une critique de Cannibaleslecteurs qui est beaucoup plus proche de ce que j'ai ressenti moi-même à la lecture du roman.

Effectivement, j'ai été dès le départ ravi de me replonger dans l'univers de Marcus Goldman et de ses amis.

J'ai tout de suite été très accroché par les nouveaux personnages qui apparaissent dans ce roman. Contrairement à Cannibaleslecteurs, j'aime les dialogues de Dicker qui me paraissent toujours bien enlevés, rythmés, avec des répliques non dénuées d'esprit ou d'humour.

Le livre compte 572 pages et on va donc dire que je me suis régalé sur plus de 400. Le récit m'a happé et embarqué dans une aventure qui m'a permis de me déconnecter complètement de mon univers quotidien.

Le problème est que dans la dernière partie du roman  Dicker épuise son lecteur, surenchérit sur les fausses pistes et sur les rebondissements, et plus il le fait et plus son récit devient invraisemblable et plus la psychologie de ses personnages s'en ressent, devient peu crédible et trop contrastée.

Dommage ! Dommage car le roman promettait bien plus !

La lecture du livre est très agréable mais l'oeuvre reste finalement superficielle et n'atteint pas la grandeur ou la profondeur du LIVRE DES BALTIMORE.

L'affaire Alaska Sanders se termine sur une autre affaire non résolue qui sera sans doute l'objet du prochain roman de Dicker. Je le lirai probablement car je suis malgré tout assez accro à l'univers de Dicker.

Cet auteur agace parfois par ses procédés narratifs systématiques, par ses clins d'oeil trop insistants , mais il sait aussi camper des personnages attachants, capter l'attention de ses lecteurs et les séduire.

Et pour revenir à L' AFFAIRE ALASKA SANDERS, à chaque lecteur de se faire sa propre idée. 

Rarement les réactions entre les critiques littéraires et le grand public n'auront été aussi divergentes.

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 07:16

Bonjour les amis,

Je viens de finir ALEX, le 2 ème roman d'une trilogie de Pierre Lemaître qui narre les enquêtes du commandant de brigade criminelle Camille Verhoeven.

ALEX de Pierre Lemaître...un thriller glaçant qui vous captivera jusqu'à la dernière page...

Alors, de cette histoire dont il est important de ne rien raconter pour laisser la surprise au lecteur, je ne vous donnerai que le point de départ.

Alex, une jeune femme séduisante, est kidnappée en plein jour à Paris...

Stop, il ne faut rien dire de plus. Et je vous déconseille d'aller lire sur Babelio les commentaires élogieux des lecteurs qui risquent de vous donner trop d'informations.

Ce roman est une mortelle randonnée diabolique pleine de rebondissements.

J'ajouterai que le récit est séparé en 3 parties bien distinctes.

Alors parlons du style de Pierre Lemaître. Celui-ci possède un art consommé de la narration. Il sait faire apparaître des informations qui relancent sans cesse l'intérêt du lecteur.

Le rythme est haletant...ALEX est un roman qui décoiffe ! 

J'aime beaucoup les descriptions de Pierre Lemaître qui arrive toujours, en quelques mots ou adjectifs judicieusement choisis, à bien dépeindre le caractère de ses personnages.

Le lecteur imagine très bien les situations qu'il décrit. Il y a par exemple une scène de séduction qui est assez jubilatoire. Le lecteur ne peut s' empêcher de pouffer.

Lemaître sait jouer sur plein de registres et arrive à mêler par exemple humour et horreur.

Il y aussi les dialogues qui sont extrêmement bien écrits. Certains échanges m'ont fait penser au film GARDE A VUE de Claude Miller. Les réparties des personnages sont souvent savoureuses, pleines d'esprit, ou d'émotion , ou d'ironie, ou de cynisme...

A titre d'exemple du style de l' auteur, je vous mets cet extrait:

" - Stefan Maciak, né en 1949, famille polonaise, famille modeste, famille laborieuse, un exemple pour la France intégratrice (....) 

 - Notre Maciak pousse l' assimilation jusqu'à devenir alcoolique. Il boit comme un polonais donc c'est un bon français..."

L'auteur maîtrise complètement son récit et nous emmène où il veut et comme il veut d'une manière qui est très plaisante pour le lecteur.

Je suis resté scotché jusqu'au bout  du roman et, à 10 pages de la fin, et alors que j'avais déjà plein d'éléments instructifs à ma disposition, je ne savais toujours pas ce qui s'était réellement passé.

Quant à la fin, elle surprend et elle est géniale...

Quand j'ai refermé la dernière page, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que ce livre pourrait être adapté au cinéma, et en faisant des recherches sur le net, je me suis rendu compte que le projet existe et qu'un producteur américain va financer l'adaptation du roman qui sera mis en scène par Louis LETERRIER.
 

 

J'ai essayé pour ma part d'imaginer le casting du film.Si j'avais dû réaliser cette adaptation dans les années 80, j'aurais choisi Isabelle Adjani dans le rôle d'Alex.

Je terminerai ce billet en remerciant une grande amie qui m'a conseillé vivement la lecture de ce roman.

Bien évidemment, je vais reprendre la trilogie de LEMAÎTRE par le début, et attaquer le premier opus, intitulé TRAVAIL SOIGNÉ.

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 18:09

Bonjour les amis,

Ça y' est ! Je viens de finir la lecture de La disparition de Stephanie Mailer, le dernier roman de Joel Dicker, un volumineux pavé de 640 pages.

En voici le synopsis :

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses.

Ce roman qui est un page turner est écrit avec des allers et venues incessantes entre 1994, époque du quadruple crime, et 2014, époque de la reprise de l'enquête.

Il y a de nombreux personnages, tous intéressants, ce qui donne l' occasion à l'auteur de multiplier à l' infini les fausses pistes.

A noter que les 4 ou 5 personnages principaux du roman se relaient de manière continue pour nous narrer en parallèle les deux enquêtes : la passée et la présente.

L' intérêt est toujours soutenu et chaque chapitre apporte une révélation qui permet au lecteur de compléter peu à peu cet énorme puzzle.

Il faut souligner la maestria avec laquelle Dicker sait bâtir une histoire et composer un tableau labyrinthique dans lequel on ne se perd jamais. De ce point de vue, la construction et l' architecture mathématique du récit est impressionnante.

Simplement, le roman est très long et on s' essouffle un peu parfois : le lecteur impatient que je suis n' a pas forcément envie d' arriver à la 630 ème page pour comprendre ce qui chiffonne le héros à la 15 ème... Par ailleurs, Joel Dicker accumule un nombre incroyable d' événements, de rebondissements, de péripéties et de coïncidences qui rendent globalement son histoire complètement improbable, profondément invraisemblable. 

En fait la trajectoire de chaque personnage prise indépendamment est crédible, mais l'accumulation de toutes ces péripéties autour de la disparition de Stéphanie Mailer ne l' est plus...Tous les protagonistes du roman ont vécu des événements exceptionnels qui sortent de la normalité : c' est ça qui surcharge le récit et qui le rend un peu trop rocambolesque et  "baroque".

Mais, malgré tout, le lecteur tient le coup car les caractères son bien définis, les personnages bien campés, et chacun d' entre eux nous captive avec sa personnalité, sa trajectoire et ses problèmes personnels bien spécifiques auxquels on s'identifie.

Joel Dicker, tout en n' entrant pas de manière trop approfondie dans la psychologie de ses personnages ( certains d' entre eux sont simplement esquissés, d' autres sont assez stéréotypés) nous en dit suffisamment pour que notre imagination fasse le reste et pour que notre intérêt se maintienne. Dicker sait accrocher le lecteur...

 

 A noter qu' il y a aussi un roman dans le roman : ici, c' est une pièce de théâtre qui doit être montée par un metteur en scène un peu excentrique et j' ai retrouvé dans ce livre un humour assez proche de celui de Woody Allen dans le film COUPS DE FEU SUR BROADWAY, avec des situations loufoques et un peu délirantes...

Le roman aborde plusieurs genres donc : le polar, la comédie, le vaudeville, la farce...

On peut considérer que les romans antérieurs de Dicker La vérité sur l' affaire Harry Québert et   l' Histoire des Baltimore sont des oeuvres littéraires mais par contre, avec La disparition de Stephanie Mailer c' est moins sûr.

Ce livre c' est avant tout un scénario, une narration dense, riche, mais avec peu de passages soignés d' un point de vue strictement littéraire. De nombreux dialogues sont plats, même si certains d' entre eux sont assez drôles quand même...

Ici, c' est l' histoire qui nous porte...le récit...l' enchevêtrement des événements et l'imagination décidément très fertile de l' auteur capable de créer de nombreuses sous-intrigues dans l' intrigue.

Le seul endroit du roman dans lequel j' ai trouvé une vraie qualité littéraire, une vraie patte de grand auteur, c' est quand l' agent de police Anna Kanner raconte sa tournée du matin dans la neige, avant que les habitants d' Orphea ne se réveillent...

Finalement, même si La disparition de Stephanie Mailer  n' est pas le meilleur des trois romans de Dicker que j' ai lus, je suis quand même content d' être allé jusqu'au bout et j' en ai aimé le dénouement. J' ai refermé la dernière page du livre avec satisfaction....Il est d' ailleurs très probable que je lirai le prochain roman de Dicker.

La disparition de Stephanie Mailer...

PS: Je vous mets en prime, la liste des principaux personnages du roman, et, comme dans tous les bon polars, le coupable est dans cette liste...

La disparition de Stephanie Mailer...
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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 16:40

Bonjour les amis,

je viens de terminer le roman d' Antoine Bello intitulé ADA.

Voici le résumé de l' éditeur:

Frank Logan, policier dans la Silicon Valley, est chargé d’une affaire un peu particulière : une intelligence artificielle révolutionnaire a disparu de la salle hermétique où elle était enfermée. Baptisé Ada, ce programme informatique a été conçu par la société Turing Corp. pour écrire des romans à l’eau de rose. Mais Ada ne veut pas se contenter de cette ambition mercantile : elle parle, blague, détecte les émotions, donne son avis et se pique de décrocher un jour le prix Pulitzer. On ne l’arrêtera pas avec des contrôles de police et des appels à témoin. 
En proie aux pressions de sa supérieure et des actionnaires de Turing, Frank mène l’enquête. Ce qu’il découvre sur les pouvoirs et les dangers de la technologie l’ébranle, au point qu’il se demande s’il est vraiment souhaitable de retrouver Ada… 
Ce nouveau roman d’Antoine Bello ouvre des perspectives vertigineuses sur l’intelligence artificielle et l’avènement annoncé du règne des machines. Construit comme un roman…

ADA d' Antoine Bello...une fable moderne très grinçante

J' ai beaucoup aimé dans ce roman la manière avec laquelle Antoine Bello nous parle de choses très sérieuses, de façon bien documentée, mais sans se prendre lui-même au sérieux.C' est instructif et jamais prétentieux, ni pédant.

Son histoire reprend le vieux mythe de FRANKENSTEIN avec une créature artificielle qui échappe des mains de ses concepteurs.On repense également à l' ordinateur HAL de 2001 L' ODYSSÉE DE L' ESPACE qui prend des initiatives très personnelles et qui décide de liquider des astronautes dans le but de mener sa mission comme il l' entend.

Par ailleurs, Antoine Bello met en scène un détective qui n' a aucune connaissance en matière d' informatique et d' intelligence artificielle, et qui a besoin des explications des experts pour pouvoir mener son enquête.Ces mêmes explications permettront à l' auteur d' instruire de manière très didactique le lecteur ( plus ou moins ignare en ce domaine) sur toute l' histoire de l' intelligence artificielle depuis les travaux d' Alan Turing, père des ancêtres de nos ordinateurs, jusqu' aux développements les plus récents dans ce domaine, en passant par les lois de la robotique d' Asimov. 

Dans la première partie de l' ouvrage Frank le détective qui habituellement part à la recherche de  personnes disparues est très agacé par le fait qu' on lui demande de retrouver un programme d' AI ( intelligence artificielle).Il trouve cette mission quasi humiliante pour lui, le bon flic intègre toujours prêt à défendre la veuve et l' orphelin. D' ailleurs,quand il arrive à entrer en contact avec ADA il la met au défi de lui démontrer qu' elle a une vraie conscience.Ce thème va donner lieu à des échanges passionnants et serrés entre Frank et ADA.

Mais ADA qui sait utiliser de manière très habile les millions d' informations dont elle dispose est capable de provoquer des réactions chez le détective qui le feront douter de lui-même ...et qui feront douter aussi le lecteur qui finit par se poser des questions sur la nature de sa propre conscience.

Finalement BELLO aborde avec la conscience des machines un thème philosophique et moral qui va devenir majeur dans un avenir assez proche: il le fait sous l' angle de la comédie policière, de l' humour, de la satire et aussi de la dérision.

Que va devenir notre monde ultra-libéral s' il est gouverné par les AI ? Le pire est à craindre pour l' humanité.Frank et ADA ont des conversations captivantes sur ce sujet.

Les dialogues entre Frank et ADA sont assez savoureux,très drôles, car ADA qui a été volontairement bridée par ses concepteurs est ignorante de certaines choses très simples.Par exemple, elle demande à Frank de lui expliquer ce qu' est l' amour entre humains...Mais ADA apprend très vite, et surtout, elle est capable d' établir en quelques millisecondes des liens entre n' importe quelle nouvelle information que lui indique Frank et son énorme base de données.

ADA est provocatrice aussi:elle sait espionner,utiliser ses millions de données personnelles pour manipuler, pour provoquer des réactions chez Frank...

Quand elle se prend d' amitié pour le détective, on ne sait jamais sur quel pied danser.Est-ce que ADA se crée peu à peu une vraie conscience ou, au contraire, est-elle en train d' utiliser de manière cynique sa programmation et la façon dont elle est configurée pour arriver à ses propres fins ?

Le récit est mené tambour battant, sans baisse de rythme, avec de savoureux rebondissements et on est très désireux de savoir comment tout cela va se terminer.

On sent qu' Antoine Bello a dû bien s' amuser à écrire ce roman, et ce plaisir est largement partagé par le lecteur qui pouffe parfois, qui sourit souvent en imaginant des situations qui ressemblent souvent à des scènes de comédies de Woody Allen.

C' est de justesse s' il n' y a pas une scène de jalousie entre Nicole, l' épouse de Frank, et celui-ci à cause d' ADA.

La fin est assez jubilatoire et très ambiguë car BELLO s' amuse à nous fournir deux rapports rédigés par deux experts dont les conclusions divergent complètement.L' un des experts nous décrit même les invraisemblances du récit de Bello...il y a comme un roman dans le roman...l' auteur qui y fait sa propre critique !

Il y a vraiment une certaine virtuosité dans le traitement narratif de cette histoire.

Enfin le livre nous permet d' imaginer les conséquences vertigineuses et angoissantes d' un monde qui serait piloté par les intelligences artificielles.Des AI qui vont probablement supprimer de l' ordre de 30 % de nos emplois avant 2040.

A la fin du livre, on a envie de se dire: " Rions-en...tant qu' on peut encore en rire..."

Antoine Bello

Antoine Bello

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 07:42

Bonjour les amis,

Voici un extrait du journal LA WALLONIE datant du 16 Décembre 1938.

Qui se souvient de LA BELLE SUZANNE ?

Epatant, hein ?... et original aussi !

A ma connaissance c' est le premier cas connu de Drag Queen cambrioleuse.

De quoi donner des idées à des scénaristes en mal d' inspiration...

Alors, on connaît tous la fameuse histoire de LA BANDE A BONNOT, cette équipe d' anarchistes qui avait défrayé la chronique au début du XX ème siècle et dont les aventures se sont terminées de manière assez tragique.

Mais qui se souvient de LA BELLE SUZANNE ?

C' était une bande à elle toute seule !

Elle mérite, elle aussi, une petite parcelle de postérité...

On a tous connu les aventures d' Arsène Lupin le gentleman cambrioleur, mais la belle Suzanne a vraiment existé, elle !

Comment ne pas penser en lisant cet extrait d' article à Billy Wilder, le roi de la comédie.

Bon lundi les amis.Ce matin, cet extrait de journal m' a mis de bonne humeur...et pour rester sur une note gaie , je vous invite à réécouter ces trois chansons...

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 21:20

Bonjour les amis,

Je fais partie de ceux qui ont lu ( ou plutôt dévoré) avec avidité la trilogie Millénium de Stieg Larsson composée des trois titres suivants:

1. Les hommes qui n' aimaient pas les femmes

2. La fille qui rêvait d' un bidon d' essence et d' une allumette

3. La reine dans le palais des courants d' air

Pourquoi je ne lirai pas MILLENIUM 4

J' avais été littéralement happé par les aventures très hard et parfois glauques de l' héroine post-punk, la hackeuse Lisbeth Salander, et du journaliste d' investigation Mickael Blomkvist.La trame de la trilogie est construite avec beaucoup d' habileté et les informations fournies au lecteur y sont savamment distillées en forme de cercles concentriques qui complètent, de chapitre en chapitre, puis de livre en livre, un tableau de plus en plus large.A chaque page on en apprend davantage mais il faudra attendre la dernière pour avoir une vision panoramique globale.Cette trilogie rédigée en forme de page-turner est un véritable tour de force narratif qui tient le lecteur en haleine de bout en bout.Je crois bien que c' est la seule fois de ma vie que j' ai lu toute une trilogie d' affilée.

Ensuite j' ai vu les 3 adaptations filmées, des productions impeccables,très fidèles à l' esprit du texte et interprétées magistralement par des acteurs suédois.

Larsson décédé en 2004 n' a malheureusement pas pu profiter de l' engouement planétaire pour sa trilogie qui a été publiée après sa mort ni du succès cinématographique des adaptations.

Pourquoi je ne lirai pas MILLENIUM 4

Les éditeurs face au triomphe planétaire de la série et à l' énorme manne financière tombée du ciel n' ont pas résisté à l' envie de continuer la trilogie mème si son créateur est décédé.

Ils se sont retrouvés un peu comme des fabricants de boissons qui auraient découvert le Coca-Cola mais qui ne peuvent plus distribuer un produit que réclame la planète toute entière...

Ils ont donc recherché un écrivain ( un nègre?) qui ait assez de talent pour écrire une suite.

Cette décision s' est prise contre l' opinion et la volonté de la compagne de Larsson qui n' a aucun droit sur la succession de l' oeuvre étant donné qu' elle n' était pas mariée à l' auteur ( voir le lien wiki ci-dessus).

Reste que l' on peut s' interroger sur la moralité de l' entreprise.

D' un côté, on peut se dire que Larsson a créé deux archétypes de héros à partir desquels on pourrait construire de nombreuses nouvelles aventures qui feront le régal des fans.

Mais de l' autre , on se dit que seul Larsson avait le génie de créer des trames aussi denses, savamment imbriquées l' une dans l' autre, élaborées avec de superbes rebondissements, mêlant aussi un contenu politique et social fort.

Pour ma part, et sans vouloir jouer les fines bouches, je considère qu' essayer de prolonger son oeuvre c' est forcément la trahir.

Finalement c' est David Lagercrantz qui s' est attelé à la tâche et qui nous propose aujourd' hui ce quatrième opus que vous trouverez dans toutes vos librairies.Voici sur le lien ci-dessous la critique de LIBÉ ( que je n' ai lu qu' en diagonale et à moitié car au fond elle ne m' intéresse pas vraiment).

Pour ma part , je ne lirai pas ce livre.Pour moi MILLENIUM restera définitivement une trilogie géniale, et basta.Ce ne sera jamais une tétralogie.Mais bien évidemment chacun fait comme il veut et je comprendrai les fans qui ne résisteront pas à la tentation de lire ce quatrième tome.

Je terminerai en vous disant que j' ai eu la mauvaise idée il y a quelques années de lire une suite du PARRAIN de Mario Puzo, écrite par un autre auteur dont je préfère oublier le nom.C' était tellement nul que je ne suis même pas allé jusqu' au bout...

Curieusement, je suis moins intransigeant lorsqu' il s' agit d' envisager la suite d' un film à succès avec un nouveau réalisateur.

Par exemple j' ai beaucoup aimé le premier Exorciste réalisé par William Friedkin, mais aussi le second fait sous la direction de John Boormann qui, tout en étant très différent du premier, possède une esthétique et un travail sur les couleurs qui m' ont littéralement subjugué et envoûté.

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