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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 07:59

Bonjour les amis,

En octobre 2015 j' avais écrit un billet pour vous dire tout le bien que je pensais du livre de Stephen King 22-11-63.

 

Maintenant cet épais roman est devenu une série en huit épisodes que je viens de visionner .

Et bien, disons-le tout de suite, cette l' adaptation télévisuelle est une réussite éblouissante très fidèle à l'esprit et au ton du roman.Cette série vous fera replonger avec délice dans l' atmosphère des années 60.

C' est tout simplement jouissif ! La production n' a pas lésiné sur les moyens pour offrir  une reconstitution fidèle de cette époque: ville entière, quartier de Dallas, lotissements bourgeois, collège américain, boite de strip tease, motels,etc...Par exemple, on se laisse porter avec plaisir dans une ambiance de fête lycéenne de fin d' année, avec les danses et musiques de l' époque, les costumes, etc...Les amateurs de belles voitures américaines aux formes généreuses et aux couleurs kitch en prennent plein les mirettes.

Tous les personnages secondaires apportent du corps et de la densité au récit.Leur psychologie est toujours très bien travaillée.Ils sont tous éclatants de vérité et d' authenticité, que ce soient les péquenauds du sud, les agents du FBI, le directeur du lycée, son assistante noire.

 Certains personnages sont effrayants, troubles et très inquiétants, tout comme dans le roman.

On replonge aussi dans l' esprit des années 60, la manière de parler, les préjugés,la bien-pensance,les conventions sociales, la naïveté aussi.Tout y est, et je me suis ré-ga-lé...

Tout est extrêmement soigné dans cette série, à commencer par le générique qui est une petite merveille d' esthétisme.

Le casting est impeccable.James Franco est un superbe Jake Epping plein de charisme.Il forme un des couples les plus romantiques et glamour qui soient avec Sarah Gadon: une Sarah Gadon qui est vraiment craquante et moderne, qui incarne à merveille l' américaine des années 60 que tout le monde avait envie d' épouser , séduisante et pleine d' élégance à la Grace Kelly.

 

 

22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !
22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !
22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !
22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !

Notons aussi l' excellente prestation de Daniel Webber qui incarne un Lee Harvey Oswald plus vrai que nature.On retrouve bien la manière d' être du personnage original,très sec, arrogant et cassant,psychologiquement très instable et obsédé par ses convictions idéologiques marxistes.

22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !

Le metteur en scène a retravaillé l' histoire, en changeant certains détails, en ajoutant des personnages, mais en conservant les grandes lignes du roman auquel il reste très fidèle dans l' esprit.

Du coup, ces changements apportés au livre original permettent même aux spectateurs qui comme moi ont lu le roman de rester scotchés à l' histoire jusqu' au dernier moment, jusqu' à la dernière seconde.

Que va t' il se passer ? On se ronge les doigts !

Et puis, il faut parler du dernier épisode qui est un vrai chef d' oeuvre.La reconstitution de l' ambiance qu' il y avait à Dallas le jour de l' attentat est époustouflante.Le metteur en scène a reconstitué de manière millimétrique, et à partir des images d' archives, tout l' environnement du théâtre du crime avec tous les personnages que nous connaissons: l' homme au parapluie, celui qui filme en super 8, la foule sur le parcours présidentiel.Tout y est, tout !

Jake Epping arrivera t' il à sauver JFK ? Je me garderai bien de répondre à cette question, mais sachez que la fin est géniale et originale.

Alors tous les épisodes n' ont pas le même intérêt.J' aime beaucoup les 3 premiers qui nous installent au coeur des années 60.Les épisodes 6 et 7 maintiennent le suspense, mais servent surtout à amener le 8 qui est époustouflant .

Là, je me suis dit que Stephen King ( qui a participé à la production) peut être fier du résultat.La série est à la hauteur de son livre.

Alors laissez-vous tenter et embarquer dans cette aventure pour aller essayer de sauver la peau de ce pauvre JFK.

Plongée historique époustouflante et vertigineuse.Amours éternels,aventures, rebondissements et émotions garanties.

22.11.63 ... une éblouissante adaptation télévisuelle du roman de Stephen King !
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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 18:18

Bonjour les amis,

Je viens de terminer un roman assez volumineux de plus de 700 pages de Luca di Fulvio intitulé LE GANG DES RÊVES.

En voici un résumé:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt...
L'histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. 
Roman de l'enfance volée, Le Gang des rêves brûle d'une ardeur rédemptrice : chacun s'y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l'illusion de la pureté.

"Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio

Alors c' est un roman assez torrentiel qui commence en Italie au début du siècle dernier.Cetta, jeune paysanne italienne fuit son pays et arrive à New-york avec son bébé née d' un viol.

Pour survivre elle devra vendre son corps et elle luttera avec une seule obsession: devenir américaine, et que son fils, rebaptisé Christmas  soit un citoyen américain à part entière.

Le récit est dense avec des allers et venues dans différentes époques.Nous suivons l' itinéraire de Cetta, la jeune immigrée qui ne connait pas un mot d' anglais et qui découvre New-York, et en parallèle celui de son fils Chris qui  devra apprendre à survivre à l' école de la rue, une rue qui est livrée aux rivalités entre gangs: les irlandais, les juifs, les italiens...

Le personnage de Chris est celui qui porte le récit.Il est très débrouillard,a du culot,et possède une intelligence hors du commun qui lui permet de se frayer un chemin, et de tenter de vivre son rêve américain.

On est happé par l' histoire qui nous fait croiser plein de personnages hauts en couleurs issus des bas-fonds new-yorkais.Certains sont truculents, d' autres pathétiques:il y a des pauvres prolos hyper exploités, des braves types et des méchants teigneux, des durs, des petits truands sans ambition,des maquereaux et des vrais caïds.

Ce roman est aussi une grande histoire d' amour. Chris va porter secours à Ruth qui est une jeune juive issue d' une famille très aisée et qui a été victime d' une agression horrible.Chris tombera sous le charme de Ruth qui est extrêmement traumatisée par son agression.

Cette histoire d' amour semble à priori impossible puisque Chris et Ruth appartiennent aux deux extrêmes de l' échelle sociale.Les relations entre Ruth et Chris seront le fil rouge de tout le récit et tout ce que va entreprendre Chris sera fait par amour pour Ruth.

Par ailleurs, Di Fulvio nous fait suivre aussi en parallèle la trajectoire violente et sanguinaire de Bill, l' agresseur de Ruth.C' est lui qui incarne le Mal absolu dans le roman...

Le livre nous fera revivre l' Amérique des années 20 , de l' avant- prohibition, du cinéma muet et parlant, de la radio, de la comédie musicale et de Broadway...On y voit aussi l' Amérique de l' immigration,des ghettos, du racisme, des syndicats, des premières usines automobiles FORD et de la taylorisation.

Le récit nous promène de la côte Est à la côte Ouest où Hollywood attire tous ceux qui rêvent de fortune et de faire du cinéma.On y découvre une industrie cinématographique naissante, quasi mafieuse, très cynique où les jeunes filles trop innocentes sont exploitées sans vergogne.

Le début du roman fait penser à IL ETAIT UNE FOIS L' AMÉRIQUE de Sergio Leone mais cependant avec une différence importante:Chris, même s' il est en contact avec la pègre va chercher rapidement une solution personnelle pour sortir de la délinquance.Impossible de séduire Ruth en restant dans l' illégalité.

Chris possède une imagination hors du commun et un charisme qui lui permettent de subjuguer ceux qui l' écoutent.L' Amérique toujours à la recherche de jeunes talents lui donnera sa chance...Quant à son histoire avec Ruth, il faudra attendre la dernière page pour savoir comment elle se conclut.

Il faut ajouter qu' il y a dans ce roman de très bons dialogues et une bonne dose d' humour. C'est finalement une écriture très cinématographique....à tel point qu' on se demande s' il n' y aura pas un metteur en scène en mal d' inspiration qui va tenter d' en faire une adaptation.

Moi si je devais produire ce film je chercherais déjà le nouveau Di Caprio pour tenir le rôle Chris...et la nouvelle Monica Bellucci pour tenir le rôle de Cetta.

Pour le personnage de Ruth je l' imagine comme ça...

 

 

"Le gang des rêves" de Luca Di Fulvio

Pour en savoir plus sur ce roman, vous pouvez aller sur ce lien.

Je dédie ce petit billet à ma copine d' origine romaine Sonia qui est en plein milieu du roman et qui ne l' a pas encore fini...et qui a été la première à proposer Bellucci dans le rôle de Cetta.

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 17:22

Bonjour les amis,

J' ai lu il y a quelques semaines LE LIVRE DES BALTIMORE de Joël Dicker qui est la suite de LA VERITÉ SUR L' AFFAIRE HARRY QUEBERT que j' avais bien aimé.

C' est toujours difficile pour un auteur qui vient de remporter un grand succès planétaire de revenir avec le même héros, car forcément, il est attendu au tournant et ce n' est pas simple de répondre à l' attente du public.

Le livre des Baltimore reprend le héros du livre précédent Marcus Goldman avant l' enquête sur l' affaire Harry Québert.

Cette fois-ci Marcus nous fait plonger dans son enfance, et nous parle notamment de ses relations avec ses cousins de Baltimore avec qui il passera chaque année des vacances merveilleuses.Les Goldman de Baltimore sont des wonderful people à qui la vie sourit tout le temps. Ils sont l' archétype de la réussite à l' américaine.Pendant tout le livre on sent une admiration profonde de Marcus pour ses cousins , et pour leurs parents qui sont pratiquement mythifiés et idéalisés.En contrepoint de cette vision idyllique Marcus porte un regard cruel sur ses propres parents qu' il trouve médiocres et conventionnels, très middle-class.

On sait dès les premières lignes du roman que ses cousins bien-aimés de Baltimore vont être frappés par un grand Drame avec un D majuscule.

Le roman se passe constamment avec des allers et venues sur 3 temps différents (le temps de la jeunesse, le temps précédent le Drame et le temps après le Drame).Il faudra aller jusqu' au bout du roman pour connaître avec exactitude la nature du Drame en question.

Le récit est très bien mené.L'intérêt se maintient malgré l' épaisseur du roman de plus de 475 pages. Dicker est capable de faire évoluer psychologiquement ses personnages dans le temps...de la petite enfance, à l' adolescence jusqu' au début de la vie adulte.

Ce livre est aussi une forme de témoignage de Marcus sur la perte de son innocence suite à certaines révélations provoquées par le Drame.Une certaine tristesse , mélancolie et nostalgie s' en dégagent.

Nous avons tous connus dans notre famille des parents que nous admirions beaucoup étant enfants, et puis sur lesquels nous avons jeté un regard un peu plus contrasté et réaliste avec le temps.

J' ai aimé aussi dans cette saga familiale les nombreux portraits de personnages attachants, bien différenciés et bien caractérisés.Et puis, il y a aussi toutes les trajectoires humaines des protagonistes qui mènent de leur petite enfance durant laquelle ils rêvent beaucoup et forment des projets jusqu' à arriver à ce qu' ils seront vraiment.

Ces glissements successifs qui feront que leur vie se transformera sans qu' il ne s' en rendent compte en destin.

Il y a tout ça dans ce roman sans prétentions qui arrive finalement à atteindre son objectif car nous vivons, espérons et souffrons avec ses personnages...

Beigbeder dit de ce roman que ce n' est pas de la littérature mais plutôt du story telling.

Sa critique est acceptable dans le sens ou la psychologie des nombreux personnages est parfois un peu sommaire.Ils sont souvent trop parfaits, trop formidables...Marcus est écrivain, et on sous.-entend que c' est le meilleur de sa génération...il est amoureux de son amie devenue chanteuse, et bien c' est la plus grande chanteuse du moment...ça fait sourire un peu mais ça ne gêne pas vraiment.

Il y a dans le livre beaucoup de coïncidences trop belles pour être vraies,mais encore une fois on se laisse mener tambour battant dans un enchaînement implacable d' évènements et on ne s' arrête pas à ces considérations.

Moralité: c' est du story telling d' accord mais du story telling de qualité, bien construit et bien raconté.Les personnages de Dicker acquièrent peu à peu une vraie consistance...Ils m' ont accompagné...J' écris ce petit article plus d' un mois après avoir lu le livre et les protagonistes sont encore bien présents dans mon esprit...un peu comme ces films qui laissent des rémanences après les avoir vu.

Alors ne boudons pas notre plaisir.Je crois que ceux qui ont aimé le premier tome apprécieront ce deuxième opus.Bien évidemment je conseille à tout lecteur qui n' aurait rien lu de Dicker de commencer avec l' affaire Harry Québert:

Si vous voulez en savoir plus sur Le livre des Baltimore, je vous engage à lire des critiques assez différentes et différenciés sur ce lien ci-dessous.

 

 

 

 

Le livre des Baltimore peut agacer parfois mais il n' est jamais ennuyeux, ni prétentieux...

Alors ? T' as lu le  dernier Dicker ?
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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 17:57

Bonjour les amis,

Je viens de lire un roman fantastique de Guillaume Musso intitulé L' INSTANT PRÉSENT.

Le personnage principal du livre y est victime d' une malédiction pendant 24 ans: il ne vit qu'une journée par an. A chaque fois, il disparaît dans le néant pour réapparaître l'année suivante pendant 24 heures.Je vous laisse imaginer les difficultés que cette situation peut engendrer dans l' entourage proche et affectif du protagoniste.

Pendant que je lisais ce roman divertissant et sans prétentions, je me rendais compte que la situation du héros était une très belle métaphore de ce que vivent les gens qui, comme moi, se sont expatriés à un âge assez tardif.

En effet, nous ne voyons plus les personnes qui ont fait partie pendant plusieurs decennies notre quotidien qu' une ou deux journées tous les un, deux ou trois ans...ou plus...Le temps se dilate...joue à saute-moutons...s' accélère à coups d' instantanés...

Par exemple, on apprend que certaines personnes sont décédées avant même d' avoir su qu' elles étaient malades.C' est une sensation étrange et troublante.Comme si la vie défilait en accéléré...

Je ne prendrai qu' un seul exemple.

Il y a 15 ou 20 ans, j' avais croisé une connaissance à une terrasse de café à Valenciennes.On l' appelait Raspoutine à cause de son physique imposant de grand barbu aux cheveux longs et sa ressemblance avec le fameux personnage historique russe.Je n' ai jamais connu son vrai nom car on l' appelait toujours Raspoutine, ou de façon abrégée Raspoute...

Quelques jours avant de croiser Raspoute à la terrasse du café, ma soeur m' avait informé qu' il avait perdu sa compagne, et qu' il était donc veuf à l' âge de 35-40 ans,et avec la responsabilité et la charge de ses deux jeunes filles.

J' entamais donc la conversation avec mon ami en lui présentant avec beaucoup de retard mes sincères condoléances, puis je lui demandais la nature de la maladie qui avait emporté sa femme ( vu que moi,pendant ce temps-là, j' étais à l'étranger et j' ignorais tout de ses problèmes).

Et Raspoute qui n' avait pas très envie d' aborder le sujet , m' explique la mort de sa femme de manière très brève, en me disant avec un sourire tristement ironique:

" Bin tu vois...un jour t' es là...et puis, un jour, t' es plus là...".

Bien évidemment, sentant que mon ami n' avait pas envie de s' étendre plus longuement sur le sujet, je changeais rapidement de thème et je passais le reste de la conversation à parler avec lui de notre actualité réciproque,de boulot,des enfants, de musique, de science-fiction et de tout ce que nous aimons dans la vie.

Raspoute était un grand fan de musique contemporaine, de jazz-rock et de SF aussi...

Il y a quelques semaines, une personne de mon entourage m' a appris qu' elle revenait de l' enterrement de Raspoute qui avait été à son tour victime d' une longue et cruelle maladie 20 ans après le décès de sa compagne.Encore une fois, la nouvelle m' a surpris,attristé, et je n' ai pu m' empêcher de repenser à ma dernière conversation avec lui, avec notamment cette phrase qui résonnait étrangement maintenant.

" Tu vois...Un jour t' es là...et puis un jour t' es plus là...."

Comme si nous étions tous comme des bulles de savon qui disparaissent brutalement de l' univers, une par une , pendant que d' autres bulles naissent, apparaissent avant de disparaître à leur tour de manière aléatoire.

Comme des bulles de savon...

Quand on vit loin de sa terre natale,la réalité et le temps y prennent un autre dimension et s' écoulent d' une autre manière...un peu comme dans le roman de MUSSO...un jour par an...et, entre ces deux journées, il s' est passé parfois toute une vie...

PS: voici un lien sur le livre de Musso.C' est pas son meilleur bouquin mais il se laisse lire très rapidement...et puis la fin réserve une belle et étonnante surprise...

http://www.babelio.com/livres/Musso-Linstant-present/689939

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Published by alea-jacta-est - dans roman temps qui passe vie
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 07:31

Bonjour les amis,

Je viens de terminer la dernière page du roman de François Roux" Le bonheur national brut", un long roman de 660 pages qui m' aura accompagné tendrement sous la chaleur écrasante de ce mois de juillet.

Voici un résumé rédigé par Alma, l' un des intervenants sur le site Critiques libres.

Ils sont quatre, Philippe, Tanguy, Benoît et Paul : quatre copains de classe de terminale d’un lycée breton quand s’ouvre le roman, le 10 mai 1981, jour de l’élection de François Mitterrand. Ils ont 18 ans, une vie nouvelle s’offre à eux. François Roux les suit d’abord de 1981 à 1984 dans leur vie d’étudiant à Rennes ou à Paris pour 3 d’entre eux, dans la vie professionnelle pour celui qui a échoué au bac. On les retrouve ensuite 25 ans plus tard, adultes bien installés dans la vie, jusqu’au 12 mai 2012, jour de l’élection de François Hollande.

Un roman à la construction rigoureuse où se croisent des chapitres, toujours datés, qui relatent tour à tour un moment ou une rencontre-clé d’un des 4 protagonistes.

D’abord roman d’apprentissage, dans lequel chaque personnage cherche sa voie, fait des rencontres déterminantes, il devient dans sa 2e partie roman social, reflet des mécanismes de la vie politique, économique, artistique et culturelle de notre époque . En effet Rodolphe devient député de gauche, Tanguy responsable commercial d’un grand groupe international, Benoît, photographe de renommée mondiale, et Paul – le narrateur - comédien.

Si le roman y gagne en densité, il y perd, à mon sens, en humanité. Nos mousquetaires deviennent des stéréotypes chargés de représenter la puissance mais aussi les failles, les erreurs et les abus du milieu où ils évoluent. En endossant les préjugés, les codes sociaux et les codes langagiers de leur classe sociale, il arrive qu’ils en deviennent caricaturaux. S’ils sont attachants dans leur jeunesse, par la vérité de leurs élans, de leur fougue et de leur désir de réaliser leurs rêves, ils apparaissent, ensuite, au temps de leur maturité, comme des acteurs chargés d’incarner un rôle, celui de l’être pris au piège de son milieu. « Bientôt, Rodolphe serait empêtré dans les rouages du monde politique, Tanguy dans ceux de l’entreprise, Benoit et moi dans ceux de l’art et de la culture. »

Le roman n’en reste pas moins le portrait d’une gén
ération, de ceux qui ont eu 18 ans en 1981 « les fossoyeurs des Trente Glorieuses, les enfants de la crise, du chômage, de la surconsommation, de la mondialisation, de la croissance molle, de l'argent roi soudain devenu argent fou,…..mais avant, tout les enfants du doute et de l'incertitude. » Le portrait d’une génération pour laquelle le bonheur matériel était l’indice de la réussite d’une vie et qui découvre, désabusée à 50 ans qu’elle s’est trompée « Et si le bonheur était la plus grosse arnaque de ce siècle et de tous ceux qui l'ont précédé ? Et si le souci d'atteindre le bonheur était précisément la chose qui nous faisait le plus souffrir ? »

Miroir parfois cruel de notre société, cette chronique douce–amère du parcours professionnel et sentimental d’un quartet d’amis que la vie sépare mais qui se retrouvent toujours pour fêter un succès ou pour se réconforter dans le malheur est d’une lecture agréable et facile.

Le bonheur national brut:30 ans de notre vie...

Dans un premer temps ce livre m' a fait replonger avec bonheur dans l' ambiance de la France du 10 mai 1981.Je vivais à Paris à cette époque là, et François Roux sait merveilleusement nous faire revivre ces moments pleins d' espoir, de naïveté et d' enthousiasme.

L' auteur nous offre un portrait sociologique très large de la France de ces années-là grâce à ses 4 personnages dont nous suivons les itinéraires en parallèle.

Il nous fait pénetrer dans des cadres sociaux bien précis et bien différenciés: le monde du travail.,la France rurale,la petite bourgeoisie de Province, la gauche caviar,la grande bourgeoisie parisienne ( avec dans le livre, à un moment donné, un brillant exposé assez drôle de ce qui différencie la grande de la petite bourgeoisie).Tout cela est décrit avec beaucoup de réalisme, de précision et d' humour aussi...Le monde de l' Art, de la pub, du marketing n' échappent pas à son scalpel corrosif...

J' ai beaucoup aimé dans ce roman dense les personnages secondaires qui gravitent autour de nos 4 héros.Des caractères bien travaillés, fruits d' un sens aigu de l' observation de l' auteur, qui donnent du corps et de la consistance au récit.

Contrairement à ce que pense Alma je trouve la seconde partie du roman dans laquelle on retrouve nos héros 30 ans plus tard sans doute la plus intéressante, la plus jubilatoire.

Même si la critique sociale et la dénonciation des pertes de valeurs de notre société y sont bien traitées, l' auteur garde toujours une certaine tendresse pour ses personnages dont la moralité ne se pervertit pas , et dont on sent qu' ils sont pris eux-aussi dans des rouages qui les dépassent.

On pense à une certaine phrase qui est restée célèbre: " Responsable mais pas coupable...".

Notons qu' il y a aussi des petits romans dans le roman.En effet François Roux va jusqu' au bout de ses personnages.Rodolphe est député socialiste, et l' auteur imagine une entrevue complètement écrite pour un grand Journal.

Tanguy doit lancer un grand parfum et on assiste au déploiement détaillé de toute la stratégie publicitaire extrêmement coûteuse.

Paul est dramaturge et l' auteur imagine le contenu d' une de ses oeuvres et nous livre une scène complète, etc...J' ai aimé cette façon de nous faire vivre pleinement ses personnages en entrant dans le détail, et en ne se contentant pas seulement de les survoler...

Il y a l' évolution des 4 protagonistes qui est intéressante mais aussi celle des personnages secondaires comme la mêre de Paul qui changera radicalement de vie dès le décès de son mari et qui va se désinhiber de manière drôle et touchante....

Le personnage qui m' a le plus séduit dans ce roman n' est pas l' un des 4 amis mais Alice, fille d' un homme d' affaire véreux qui épousera Rodolphe le député socialiste ( qui ressemble par bien des traits à notre actuel premier ministre Manuel Valls).

Alice est une enfant chérie du système, qui se doute bien que la richesse de son papa n' est pas tout à fait nette, mais qui sait provoquer autour d' elle des évènements et des rencontres.Elle est extrèmement positive, va vers le coeur des gens et se désintéresse de leur bord politique.Elle a énormément d' empathie pour ses congénères.Elle déniche de grands artistes, les fait connaitre en organisant des expos.C' est un personnage positif, généreux, subtil, drôle et fascinant...Alice n' est pas belle, au sens habituel du terme, mais elle a énormément de fraîcheur et de charme. Elle est bourrée d' intelligence émotionnelle.Sa gentillesse sincère et son tact spontanée désarment ses possibles adversaires.

Voici comment j' imagine le sourire bienveillant d' Alice

Le bonheur national brut:30 ans de notre vie...

Il y a aussi dans ce livre un peu de Claude Sautet, du " Vincent, François, Paul et les autres" mais version 2015.D' ailleurs je m' étonne qu' aucun cinéaste ne se soit emparé de ce beau roman pour en extraire un scénario...Il pourrait même en faire 2 films.

1 .Les années 80

2. Les années 2010

Ou alors une série télévisée en 12 chapitres, ça ne serait pas mal aussi..

Je terminerai en vous disant que le livre n' est jamais ennuyeux.On est parfois agacé par le nombrilisme. l' égoïsme ou le manichéisme de certains personnages secondaires,mais on reste happé par le récit, toujours désireux de savoir ce qu' il va advenir de nos héros.

La fin a un petit goût amer mais ne tombe pas dans une noirceur excessive.Les temps ont définitivement changé.Chacun fait ce qu' il peut, avec plus ou moins de bonheur...

François Roux

François Roux

Le bonheur national brut:30 ans de notre vie...
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Published by alea-jacta-est - dans roman Littérature société
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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 06:50

Bonjour les amis,

Je n' avais jusqu' à ce jour jamais rien lu de Guillaume Musso mais c' est maintenant chose faite.

Tout d' abord, je dois vous expliquer que j' avais des réticences avec l' auteur car ses livres sont presque tous des best-sellers, et comme souvent dans ces cas-là, la qualité littéraire n' est pas au rendez-vous.

Je suis donc allé vérifier par moi-même, sur la pointe des pieds, et j' ai lu un de ses derniers romans intitulé DEMAIN.

Demain...un page-turner qui va à mille à l' heure

Vous ne m' en voudrez pas de ne rien révéler de l' histoire mais elle contient tant de surprises pour le lecteur que ce serait vraiment un pêché que d' en dévoiler le moindre élément.Voici ce qu' on peut lire dans la présentation au dos du livre:

Elle est son passé...... il est son avenir.
Emma vit à New York. À 32 ans, elle continue à chercher l'homme de sa vie. Matthew habite à Boston. Il a perdu sa femme dans un terrible accident et élève seul sa petite fille.
Ils font connaissance grâce à Internet et, désireux de se rencontrer, se donnent bientôt rendez-vous dans un restaurant de Manhattan.
Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte de l'établissement, sont conduits à la même table et pourtant... ils ne se croiseront jamais.
Jeu de mensonges ? Fantasme de l'un ? Manipulation de l'autre ? Victimes d'une réalité qui les dépasse, Matthew et Emma vont rapidement se rendr
e compte qu'il ne s'agit pas d'un simple rendez-vous manqué...

C' est un roman qu' on peut classer dans la catégorie thriller fantastique.Ce livre est un page-turner, c' est à dire que dès qu' on le commence on le feuillette nerveusement jusqu' à la fin.On ne le lâche pas...Je l' ai lu en moins de 48 heures.

Il faut donc reconnaître à son auteur un sens certain de la narration, l' art de relancer l' attention presqu' à chaque page,et de maintenir le rythme de manière haletante jusqu' au bout..A aucun moment je n' ai été tenté d' abandonner ce roman, trop curieux d' en connaître le dénouement ( que j' ai bien aimé).

Le style de Musso est simple, clair , précis, fait de phrases courtes.Le récit est découpé en scènes successives qui ressemblent à un scénario de film.On peut parler d' écriture cinématographique.D' ailleurs, j' avais l' impression de voir un film se dérouler sous mes yeux en le lisant.J' imaginais même le nom des acteurs qui pourraient l' interpréter: Ben Afflleck du côté de Matthew, Jeanne Tripllehorn du côté d' Emma, et Charlize Theron pour Kate ou alors Nicole Kidman ou Sharon Stone quand elles étaient jeunes....

Il y a tant de rebondissements qu' on pourrait se dire que c' en est trop, mais en même temps, c' est ce qui fait tout l' intérêt de cette histoire qui possède une trame drôlement bien ficelée.

Par ailleurs, j' aime les brèves descriptions de Musso car on sent qu' il connaît bien les endroits qu' il décrit.Il sait nous installer rapidement, avec réalisme et précision, dans chacun des lieux où se déroule l' intrigue.Il ne se perd pas en longues digressions inutiles.

Un seul bémol toute fois.Ses personnages sont souvent des êtres exceptionnels, un peu trop même, des " wonderful people " qui nous font rêver, un peu comme au cinoche.Certains d' entre eux cumulent tant de compétences diverses qu' ils manquent un peu de crédibilité.

Leur psychologie est bien définie mais assez sommaire également.Certaines situations sont à la limite de la vraisemblance, mais ce n' est finalement pas ce qui importe le plus.

Ce n' est pas non plus une analyse psychologique du couple et de l' amour qu' il nous propose mais plutôt une histoire endiablée qui va à mille à l' heure.On s' accroche à ses personnages de la même manière qu' aux mille et une péripéties de ces couples romantiques qui nous ont tant séduit dans les films d' Hitchcock.

C' est finalement un livre tout simplement réjouissant.

Par ailleurs, il est à noter que de nombreux auteurs européens comme Joel Dicker nous présentent des récits à l' américaine avec un vrai savoir-faire qui n' a rien à envier à leurs maîtres d' outre-atlantique.

En ce qui concerne Guillaume Musso, comment ne pas penser à Stephen King. L' une des seules différences que j' ai trouvé entre les deux auteurs c' est que les personnages de Stephen King ont des petites faiblesses, des talons d' Achille, qui nous les rendent humains et plus proches de nous tandis que ceux de Musso sont un peu plus au dessus du lot du commun des mortels.On les admire mais on peut moins facilement s' identifier à eux.Ce sont des vrais héros !

Voici comment j' imagine le personnage d' Emma

Demain...un page-turner qui va à mille à l' heure

Et celui de Kate...

Demain...un page-turner qui va à mille à l' heure

Et celui de Matthew

Demain...un page-turner qui va à mille à l' heure

Alors si vous avez envie de vivre une histoire extraordinaire qui fait un peu rêver sans se prendre la tête, n' hésitez pas les amis.

Je vous recommande chaudement DEMAIN De Musso.

PS: J' ai raconté à ma fille l' histoire du roman et elle a reconnu dans l' un des éléments-clé du récit une idée principale qui apparaît dans un film américain que je n' ai pas vu mais qui est antérieur au roman.Musso réadapte l' idée donc, mais en utilisant avec brio les nouvelles technologies de notre siècle.

PS nº 2: Conformément à ce que je vous avais annoncé dans mon article au sujet de 22-11-63, le roman de Stephen King a été adapté à l' écran dans une série télévisée

http://alea-jacta-est.ex-posteur.over-blog.com/2015/10/22-11-63.html

Appréciez le teaser ! De quoi mettre l' eau à la bouche, non ?

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 20:40

Bonjour les amis,

ma fille a été obligée de lire un roman français pour se présenter à un examen de l' école officielle de langues.

Un court roman de Philippe Claudel intitulé " La petite fille de Monsieur Linh".

J' ai jeté un bref coup d' oeil sur le début du texte et, dans un premier temps, je n' ai eu aucune envie de continuer et de lire ce livre.

Ma fille l' a lu et n' a pas aimé.

Ma mère qui n' est pas une grande lectrice l' a lu elle aussi et m' a dit qu' elle a été bouleversée.

Alors, du coup, et bien que le thème ne m' attirait pas, et comme le livre n' était pas très épais, je l' ai lu moi-aussi...

Voici une belle présentation que j' ai trouvé sur le site critiques libres.

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/9302


Monsieur Linh a quitté un pays en guerre, un village en ruine et ravagé pour un ailleurs autrement plus étrange. Une ville, immense, bondée de gens qui vont et viennent, où l'on parle une langue différente de la sienne. Qu'importe pour ce vieil homme, il a auprès de lui sa petite fille, Sang Diû. Un bébé de quelques semaines qu'il a sauvé, après la mort de ses propres parents, dont le fils de Monsieur Linh. Homme seul et égaré, il s'est réfugié dans un dortoir avec d'autres exilés mais il ne s'intègre pas auprès d'eux. C'est en se baladant dans les rues de la ville qu'il fait la connaissance d'un homme, gros et imposant, Monsieur Bark. Entre eux deux, une bienveillante relation s'établit...

L'histoire de Monsieur Linh entraîne le lecteur d'entrée de jeu ! C'est la magie des mots, du style de Philippe Claudel, c'est la puissance d'une histoire sans tralala. Tout passe par l'émotion et la pureté. C'est ouah ! Au coeur du roman, la personnalité de Monsieur Linh est lumineuse, bien qu'étant un être marqué et désamparé. Pourtant cet homme est d'une grande noblesse, sa petite fille nichée dans le creux de ses bras, calme et silencieuse et on souhaite au vieillard des jours meilleurs. L'auteur, fidèle à ses proses écorchées, n'en reste pas là... et c'e
st un "ravissement" qui laisse sans voix !

La petite fille de Monsieur Linh...

Je ne peux pas en dire plus sans révéler un élément important de l' histoire, alors j' ajouterai simplement que le personnage m' a complètement habité.

J' ai vécu , senti ,et respiré avec lui. J' ai partagé ses angoisses , ses préoccupations,ses joies et espérances, page après page.

Ce roman parle du déracinement des réfugiés bien sûr, mais aussi de l' amitié et de la communication qui ne passe pas que par les mots...Il m' a fait la même sensation qu' un autre roman très fort intitulé Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit où tout est vécu à travers les yeux du protagoniste.

L' auteur nous raconte ce que son héros perçoit, et le lecteur imagine ce qui se passe...

Quand j' ai refermé la dernière page, j' ai été aussi bouleversé que ma maman, frappé par l' abnégation, la dignité et la noblesse du héros.

Je n' oublierai jamais Monsieur Linh et sa petite fille.

Bonne fin de soirée les amis

PS: Voici ce que dit un des intervenants du site critiques libres.

Je finirai cette critique par une phrase tirée de la chanson de Michel Berger, Mademoiselle Chang, qui m’est venue à l’esprit après avoir refermé ce livre si intense et bouleversant car elle correspond en tous points à ce que doit ressentir Monsieur Linh : « Loin de ses origines, de son histoire, Elle cherche à perdre la mémoire. Loin de la mousson et du ciel bleu noir, Dans un monde qui n'a rien à voir, Déracinée par le hasard... »

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 12:37

Bonjour les amis,

Le trentième anniversaire de la trilogie RETOUR VERS LE FUTUR me donne l' occasion de vous parler du roman de Stephen King intitulé 22-11-63.Le titre original américain est 11-22-63 car, comme vous le savez depuis les attentats du nine-eleven, aux Etats-Unis on met le mois avant le jour.

Stephen King fait le pari ( réussi) de reprendre le thème du voyage dans le temps alors que celui-ci a déjà été abondamment traité au cinéma et dans la littérature fantastique, notamment par H G Wells ( la machine à explorer le temps), René Barjavel ( le voyageur imprudent), Philip K Dick ( En attendant l' année dernière) et un très long etcétéra...Ce thème a été abordé tant de fois qu' on pourrait presque le considérer comme un sous-genre de la littérature fantastique.

Bien évidemment, vous pouvez imaginer que si notre ami Stephen King a voulu revisiter ce sujet hyper-rebattu, c' est pour y ajouter son petit grain de sel personnel et quelques idées originales.

Son héros,un professeur de lettres nommé Jake Epping, découvre une faille spatio-temporelle et peut voyager dans le temps mais il n' a qu' une seule porte d' entrée dans le passé, très exactement en 1958.Il peut revenir dans le présent mais s' il repart dans le passé il retournera systématiquement à la case "1958" et annulera les changements qu' il a provoqués lors des précédents voyages.A chaque voyage on efface tout et on recommence !

Imaginez, cher lecteur, qu' on vous donne la possibilité de vous transporter en 1933 et que vous vouliez éviter la 2 ème guerre mondiale.Que pourriez vous faire malgré toutes vos connaissances actuelles pour éviter la déflagration de ce conflit majeur ? Probablement rien !

Vous auriez beau prévenir tous vos contemporains, personne ne vous écouterait ni ne vous croirait.La seule vraie solution serait d' essayer d' éliminer physiquement Hitler...

Et bien Jake, lui, a la possibilité d' entrer dans l' année 1958.Que peut-il faire ?

Il pense qu' en évitant la mort de Kennedy il pourra mettre un terme plus rapide à la guerre du Vietnam et que, par ailleurs, l' Amérique ne souffrira pas la profonde crise morale qui a suivi le conflit armé.

22-11-63

Jake va d' abord faire quelques petits voyages-tests et utiliser ses connaissances actuelles de l' année 2011 pour éviter une agression dont a été victime 50 ans plus tôt une personne qui lui est proche.Le test semble fonctionner mais en revenant en 2011 Jake se rend compte que si son intervention a bien réussi à éviter le drame, elle en a créé un autre qui aura lieu plus tard et qui sera encore plus terrible.Il prend conscience que les altérations du temps ne sont pas innocentes, et qu' il y a des effets papillons ( une cause insignifiante qui finit pas causer de gros changements).

Finalement Jake prend la décision de tenter la grande aventure quand même et s' embarque donc en 58 pour éviter un attentat contre JFK qui aura lieu en 63....Il a 5 ans devant lui pour le déjouer.Pendant ce temps il tombera amoureux et l' un de ses problèmes sera de maintenir sa mission sans perdre son amour...Comme toujours Stephen King sait créer des personnages très humains et attachants qui nous accrochent et dont les problèmes nous touchent.Même si le point de départ de l' action est complètement fantastique la psychologie de ses personnages est toujours aussi juste et finement observée.

L' intérêt du livre réside aussi dans la plongée dans les années 60.King s' est abondamment documenté sur cette époque pour écrire ce bouquin.Il nous rappelle la façon de parler des gens.Les jeunes de l' époque qui sont assez respectueux...qui finissent leurs phrases par "M' sieur" ou "M' dame".

Jake redécouvre la vraie saveur qu' il avait oublié de certains aliments.King nous replonge aussi dans l' atmosphère d' innocence et de naïveté du peuple américain alors que leur société est déjà profondément cynique et corrompue.Les mafias de toutes sortes étaient déjà bien présentes et très actives...Cette partie du livre n' est pas sans rappeller l' excellente trilogie noire de James Ellroy UNDERWORLD composée de american tabloïd, american death trip et underworld USA.

22-11-63 ce sont plus milles pages bien denses...Il y a plein de personnages, certains historiques, et d' autres pas...des histoires en parallèle.King maitrise l' art du récit..et puis la fin est tout simplement magistrale.

Le livre aborde plusieurs genres: le fantastique, le roman noir,le roman historique, le roman d' amour...et il propose aussi une réflexion philosophique sur notre perception du temps et sur le désir que nous avons tous de rectifier les erreurs du passé.

Enfin, et ce n' est guère étonnant, le roman est en cours d'adaptation sous la forme d'une mini-série de neuf épisodes qui sera diffusée en 2016. James Franco a été choisi pour interpréter le rôle de Jake Epping.

Voici ci-dessous la couverture du livre où apparaît la Une du journal annonçant l' attentat, tandis que sur le verso on voit l' alternative " happy end" avec JFK ayant échappé de justesse à une tentative d' assassinat.

22-11-63

La même couverture en français cette fois-ci

22-11-63

Un dernier détail assez marrant.Je vous mets en lien les opinions de plusieurs lecteurs sur un site dédié aux critiques de livres.Impressionnant de voir des perceptions aussi différenciées du même bouquin.Il y a ceux qui se sont plongés dedans avec délectation jusqu' à la dernière page ( comme moi) et d' autres qui ont été déçus dès le départ.Même si les critiques sont très majoritairement élogieuses, voire très élogieuses, je ne peux donc vous conseiller l' achat de ce roman mais je peux vous assurer que les fans de Stephen King s' y retrouveront et apprécieront...C' est l' un de ses meilleurs romans et j' étais triste d' en arriver au bout.

Par ailleurs je suis en train d' en relire des passages en version originale, histoire d' améliorer un peu mon niveau d' anglais....

PS: j' ai lu aussi Mr MERCEDES le dernier Stephen KING qui est un polar non fantastique, et il est très bien aussi...C' est le premier tome d' une trilogie et j' attends la suite...

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Published by alea-jacta-est - dans science-fiction roman
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