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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 06:33

Bonjour les amis,

J' avais écrit il y a quelques mois une critique de LA COLERE D' UN HOMME PATIENT de Raul Alevaro.

Ce film est aujourd' hui sur vos écrans, et j' en profite donc ( et de manière très exceptionnelle) pour  republier mon article sur le lien ci-dessous afin de vous donner envie d' aller le voir maintenant que vous en avez la possibilité.

Le film a reçu une bonne critique en France également.On salue sa rigueur, sa tension dramatique et aussi son originalité ( l' ambivalence du héros  dont on n' est plus très sûr qu' il en est un).

J' aimerais juste ajouter au billet que j' avais fait que des histoires de vengeance vous en avez tous vu déjà 50 000, mais l' éclairage d' Arevalo est original dans la seconde partie du film.

En effet, tous les films sont souvent construit sur un schéma.

Un héros qui va vivre une situation extrêmement cruelle et  injuste dans une première partie et auquel le public s' identifiera quand sonnera l' heure de la vengeance: le schéma du comte de Monte Cristo.

Ce schéma est hérité du théâtre grec et de sa fonction cathartique: le public qui souffre avec un héros et purge sa peine à travers une représentation sur scène.

Mais cette fois-ci le spectateur va prendre de la distance par rapport au héros, et s' interrogera sur le sens d' une vengeance qui 8 ans plus tard vient frapper des personnages qui, pour certains d' entre eux, ont opéré une telle transformation qu' on se demande si celle-ci n' est tout simplement pas absurde, vide de sens, voire monstrueuse.

Une belle réflexion que nous propose ce film, sans discours, ni morale, mais simplement en nous projetant dans des situations réalistes,extrêmement dures, moches et violentes et en nous laissant juges de savoir si ce que nous voyons possède encore du sens.

Alors ce qui est assez intéressant, c' est que lorsque je parle de ce film avec ceux qui l' ont déjà vu, j' ai des retours à la fois unanimes et très différents.

Tous ont aimé le film et chacun en a une perception assez personnelle.

Preuve que le cinéma d' Arevalo est subtil....et n' est pas coincé dans des schémas binaires et manichéens.

 

 

A voir sur vos écrans: LA COLERE D' UN HOMME PATIENT de Raul Alevaro

A lire également, cette critique assez pertinente chez les inrocks

PS:Hors-sujet. Je continue mon journal de campagne.

Hier soir J.L Mélenchon est venu expliquer sur tf1 son positionnement pour les futures législatives et a maintenu son appel à ne pas voter LE PEN, mais toujours en se refusant de faire un appel personnel à voter Macron au 2 ème tour.

Chacun appréciera ses contorsions intellectuelles dans un moment aussi grave.

Il s' estime victime d' attaques vulgaires,et n' admet pas qu' on tente de lui tordre le bras.

Alors, il est libre de faire ce qu' il veut le camarade Mélenchon qui est fort d' un résultat très méritoire de 7 millions de voix.

Moi, je ne lui donne pas de leçons.Je l' écoute justement par respect pour ces 7 millions de voix qui m' intéressent et je prends acte de ce qu' il dit.Je suis allé sur son site facebook écouter patiemment  32 minutes d' explications qui sont intéressantes et instructives mais au bout desquelles il ne m' a pas convaincu sur ce point précis du non-appel.Voici le lien.Je vous engage à l' écouter vous aussi: ça vaut la peine pour comprendre son positionnement et comment il envisage le futur des insoumis et de la gauche.

https://www.youtube.com/watch?v=HcMV4Fa51Cs

Alors face à Mélenchon et ses louvoiements, j' ai trouvé une très belle réponse de Thomas Piketty pleine de bon sens, et avec un message clair.

Plus le vote MACRON sera massif au 2 ème tour et moins ce sera un bulletin d' adhésion à son programme , mais simplement une riposte citoyenne et républicaine contre la montée du FN, y compris pour les législatives à venir.

PS nº 2. Hier Bernard Tapie est venu expliquer sur BFM TV que la classe politique ne savait pas répondre de manière adaptée au risque LE PEN.

Il s' est enfermé dans un discours vasouilleux expliquant que les leaders politiques victimes du dégagisme ne peuvent être aujourd' hui ceux qui appellent à faire barrage contre le FN car ils n' auraient plus le crédit moral pour le faire et qu' ils devraient laisser ce travail-là à d' autres.

Pas d' accord Bernie.Les victimes du dégagisme doivent faire leur mea culpa, reconnaître qu' elles sont responsables de la montée du FN, mais ne peuvent éluder leur responsabilité et ne pas  émettre un appel clair à voter Macron.On ne leur demande pas de défiler dans la rue, ni d' en faire des tonnes, mais au moins d' accomplir cette formalité citoyenne comme l' a fait immédiatement Fillon, par exemple.

Hier,en écoutant Tapie je me se demandais pourquoi il n' appliquait pas à lui-même ce silence qu' il préconise pour les autres. J' avais justement envie de lui rappeler qu' il fait partie de ceux qui ont perverti l' esprit de la gauche dans les années 80 et qui l' ont amenée dans l' état de décrépitude actuelle, mais ça, c' est une autre histoire.

PS nº 3 Pour terminer sur une note d' humour, je donnerai un dernier conseil à mes lecteurs.

Faites gaffe où vous garez votre porsche le jour du 1 er Mai

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 19:14

Bonjour les amis,

Samedi dernier s' était tenue en Espagne la cérémonie des GOYA ( équivalent hispanique des CESARS français).

Le GOYA du meilleur film espagnol a été attribué à La colère d' un homme patient,de Raúl Arévalo qui sortira en France aux alentours du 26 Avril prochain. 

Ce film avait été présenté au festival de Venise et avait bénéficié d' une très bonne réception de la part de la critique.

 

Acteur Raul Arevalo dont c' est la première réalisation

Acteur Raul Arevalo dont c' est la première réalisation

Voici le synopsis du film

Curro sort de prison au bout de huit ans : il est le seul à avoir été coincé lors du braquage d'une bijouterie à Madrid, et n’a pas dénoncé ses complices.A sa sortie, il est contacté par un mystérieux José, un homme solitaire et taciturne...

Ce film est un thriller d' une facture classique.Il commence par un mystère.Qui est José ? quelles sont ses motivations ? Et on comprendra rapidement qu' il s' agit d' une histoire de vengeance.

Alors, ce que j' ai apprécié dans ce film, c' est d' une part son classicisme, sa rigueur dramatique,l' originalité du scénario,sa simplicité et le rythme de la narration.Le film n' est pas trop long et ne se perd pas en méandres inutiles. On avance de manière intriguée avec nos trois héros Curro, sa copine Carmen et José, en se demandant ce que les manoeuvres de ce dernier vont  provoquer.

Mais j' ai surtout adoré dans ce film son REALISME DUR.On est scotché par certains personnages qui crèvent l' écran.Leur violence souvent contenue ( mais pas toujours) installe un climat et une tension à couper au couteau.Les personnages secondaires sentent la rue, la survie en milieu urbain...On est bien dans le Madrid des années de crise et il n' y a pas de héros glamour ici.Ça sent la sueur,les gueules mal rasées et les couteaux qui peuvent jaillir à tout instant.

Le film nous propose une vraie plongée dans différentes couches de la société espagnole:des quartiers populaires de Madrid jusqu' à l' ambiance joyeuse d' une fête villageoise dans la région de Ségovia.

Tous les personnages secondaires sont très bien caractérisés et authentiques.Ils sont plus vrais que nature.Que ce soit les petits loubards de banlieue qui s' entraînent dans une salle de boxe, ou les petites mamies qui connaissent les noms de tous les habitants du village depuis 3 ou 4  générations,ils sont tous criant de vérité.

Arévalo qui est un acteur très populaire en Espagne, s' est essayé pour la première fois derrière la caméra , et c' est plutôt une réussite.Il vient de signer un bon polar.

Il nous embarque dans une mortelle randonnée.Parfois on pense à Hitchtcock, à La nuit du chasseur,au Vieux fusil, et parfois on pense au film La Balance et à ses personnages secondaires si authentiques.

C' est du cinoche qui cogne, avec des personnages crédibles qui en ont et qui nous attrapent par les tripes.

Curro et Carmen forment un couple en crise qui nous émeut.Carmen qui est en plein doute...et Curro, lui, est un personnage très entier,au caractère impulsif,un loser, mais prêt à aller très loin pour tenter de ne pas perdre sa Carmen.

Arévalo sait aussi créer de belles montées de tensions dramatiques durant lesquelles le spectateur s' interroge, s' angoisse et imagine plusieurs issues possibles...

Les scènes de violence ne sont pas kitsch, ni complaisantes,ni gratuites, et nous saisissent d' effroi et d' horreur.

C' est un film où les "méchants" réapparaissent quelques années plus tard transformés par la vie, sous un visage parfois très humain, repenti ou très fragile.C' est la partie la plus originale du film.Le spectateur se demande si la vengeance a encore du sens,s' il s' identifie toujours au héros , et si celui-ci va finalement renoncer partiellement à son projet...Le film maintient le suspense.

Ira t' on jusqu' au bout ou non ?

"La colère d' un homme patient" de Raúl Arévalo...Une mortelle randonnée ibérique...
"La colère d' un homme patient" de Raúl Arévalo...Une mortelle randonnée ibérique...
"La colère d' un homme patient" de Raúl Arévalo...Une mortelle randonnée ibérique...
"La colère d' un homme patient" de Raúl Arévalo...Une mortelle randonnée ibérique...

Je ne vais pas parler de la fin,mais, alors que le film semblait se diriger vers une conclusion assez conventionnelle, Arévalo relance la tension dramatique et nous réserve quand même une petite surprise...

TARDE PARA LA IRA, c' est plutôt pas mal pour un premier film.Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde et j' ai beaucoup aimé les trois personnages principaux.

"La colère d' un homme patient" de Raúl Arévalo...Une mortelle randonnée ibérique...
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Published by alea-jacta-est - dans Espagne Cinéma Thriller
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 08:57

Bonjour les amis,

Suite à l' article de Fatizo, j' attendais avec impatience de voir COMANCHERIA, le film américain de l' écossais David Mc Kenzie. 

Notre ami résume très bien dans son article toutes les qualités de ce grand film.

L' interprétation des personnages principaux et secondaires, le contexte de crise sociale et économique, les paysages omniprésents du Sud profond,la photographie extraordinaire accompagnée d' une musique de Nick Cave aussi obsédante que celle de Ry Cooder dans Paris,Texas.

C' est souvent filmé en plans successifs très travaillés qui forment des véritables tableaux.

Tout simplement magnifique !

Je ne suis jamais allé au Texas mais là, pas de doute: on y est !

 

 

Comancheria...Du grand Art !

Le duo formé par les deux frangins est très attachant.Tanner, l' aîné qui a l' expérience des armes ( et de la taule) va filer un coup de main à Toby le jeune frère pour mener à bien son projet d' attaques de succursales bancaires pour sauver la propriété familiale.

L' aîné, qui est sympathique mais un peu impulsif, annonce la couleur dès le départ.Ces histoires-là ne finissent jamais bien.Il ' agit donc de faire quelques coups vite faits bien faits et de se retirer définitivement avant d' être repérés...

C' est un moment-clé du scénario qui va expliquer l' engrenage dramatique qui suivra:

Le jeune frère demande à l' aîné pourquoi, dans un tel contexte de risque, celui-ci accepte de l' aider.Tanner lui répond:

" parce que tu me l' as demandé frérot..."

Vraiment , ce film, c' est du grand art.Une histoire simple mais très bien construite avec beaucoup de soin, avec en contrepoint du duo formé par les frangins, un duo de rangers lancé à leurs trousses formé par Jeff Bridges, à deux doigts de la retraite, et de son acolyte commanche Alberto.

Il y a pas mal d' humour décalé dans le film dû au caractère particulier des texans qui sont bien sympas, mais tous un peu excités de la gâchette.

Par exemple, lors d' une attaque bancaire tous les otages restent généralement au sol et attendent gentiment la fin du hold-up.

Au Texas c' est pas pareil.Tout le monde a une arme, et rêve de s' en servir un jour ou l' autre...même les vieux papis rabougris !

Pendant le film je pensais à cette citation de JF Kennedy.

Il avait dit à Jacky le jour de l' attentat de Dallas:

" Aujourd' hui on va chez les dingos ! "

Revenons au film.

Jeff Bridges, amène beaucoup d' humanité, de bon sens et d' humour et c' est à lui que revient de tout faire rentrer dans l' ordre.Il est comme Dieu en personne...C' est lui qui donne au film une dimension et une fin shakespearienne.Il est LA CONSCIENCE même.La dernière scène du film, le dernier dialogue est simplement grandiose...J' ai a-do-ré !!!

On est passé peu à peu d' un bon film d' action, un peu western, un peu thriller à un drame en 4 actes qui n' a rien à envier aux plus grandes oeuvres du théâtre classique et où la force du destin s' abat de manière implacable sur chacun des personnages.

Comancheria c' est vraiment du grand Art !

Comancheria...Du grand Art !

PS: Il y a un détail du scénario qui est quand même assez savoureux.Les voleurs utilisent le cynisme des banquiers qui ne collaborent pas toujours avec la justice , et qui sont prêts à laisser fuir un délinquant pour ne pas perdre un futur  bon client...bien vu !

Je n' en dis pas plus...ceux qui auront vu le film me comprendront.

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 08:53

Bonjour les amis,

Je viens de découvrir ( avec un certain retard ) un auteur espagnol que je ne connaissais pas  à travers son dernier livre et best-seller, intitulé CICATRICE.

Alors, pour vous mettre dans le bain, je vous traduis les toutes premières lignes du roman.

Ça commence comme ça:

IRINA:

La jeune fille ne sentit aucune douleur quand le clou lui entailla le visage, en dessous de l' oeil gauche

SIMON:

Ma première erreur fût de tomber amoureux d' elle.

Ma deuxième erreur fût de ne rien lui demander au sujet de cette cicatrice.

La mauvaise nouvelle, c' est que je suis sur le point de commettre la troisième erreur qui va être bien pire que les deux premières...

Voilà une belle entrée en matière comme je les aime.On est tout de suite projeté dans la problématique du héros dès les premières lignes.

Que vous dire de plus ?

C' est une histoire qui va mêler Simon un jeune anti-héros américain un peu asocial mais petit génie de l' informatique qui a à sa charge la garde et protection de son frère atteint d' une maladie mentale avec Irina, une belle russe dont Simon tombe amoureux via le net et qu' il fait venir aux Etats-Unis.Simon, après des années de galère, est sur le point de devenir millionnaire grâce à une application informatique qui intéresse une grande société de software.

Les ennuis commencent pour Simon, notamment avec un meurtre qui le touche de très près et qui l' affecte...

Pendant que notre héros essaie de comprendre ce qui lui arrive, l' auteur nous conte d' autres épisodes antérieurs qui se sont déroulés en Russie et aussi en Afghanistan.On se doute, tout au long du bouquin que ces évènements ont une relation avec les déboires de Simon mais sans vraiment tout capter.

Ce que j' ai vraiment aimé dans ce livre c' est la façon bien rythmée qu' a Gomez-Jurado de nous raconter une histoire sans temps morts.C' est du bon polar à l' anglo-saxonne, bien construit.

Contrairement à beaucoup de romans policiers le lecteur en sait plus que le héros qui,ici, ignore tout des épisodes russes et afghans.

Tout l' art de l' auteur est de nous en dire plus que ce que sait Simon mais finalement le lecteur n' arrive pas à juger et à savoir si celui-ci prend de bonnes initiatives ou non...

Comme dans de nombreux bons polars , il y a aussi une dimension tragique et inéluctable.On sent que le destin de certains personnages va être irrémédiablement guidé par leur passion, et non par leur raison.

Gomez-Jurado est écrivain mais c' est aussi un journaliste et ça se sent dans son écriture car les péripéties qui se déroulent aux Etats-Unis, en Russie et les épisodes de guerre en Afghanistan sont décrits avec précision et de manière très réaliste.

On sent qu' il a bâti son histoire en utilisant de nombreux faits réels. D' ailleurs à la fin du bouquin  il nous livre en post-face le nom de certains personnages réels qui l' ont inspiré.

La fin du roman amène bien, et sans entourloupes, les réponses que le lecteur attendait et arrive à échapper à une issue trop conventionnelle.

J' étais ravi...complètement ravi...

 

Couverture du livre original qui, à mon avis ne tardera pas à être traduit en français

Couverture du livre original qui, à mon avis ne tardera pas à être traduit en français

Photo de Gomez-Jurado

Photo de Gomez-Jurado

J' étais tellement ravi que j' ai tout de suite repris cet auteur à zéro en commençant la lecture de son premier roman, L' ESPION DE DIEU

Encore une fois l' auteur m' a accroché dès les premières pages.

Je ne vais pas vous en raconter trop car je n' en suis qu' au tout début, mais je vais juste vous dire qu' il s' agit d' une espèce de SILENCE DES AGNEAUX mais au Vatican avec un personnage inquiétant qui nous fait plonger au coeur des ténèbres et du Mal...Ça parle de pédophilie, de centre médical américain de traitements pour prêtres déviants,avec une galerie de personnages très intéressants, notamment l' enquêtrice italienne, assistée par un colonel en retraite de l' US air force qui est également prêtre !

Même si l' histoire semble conventionnelle il y a l' art de la narration de l' auteur et la qualité des dialogues.La justesse psychologique aussi ...tout y est...pour l' instant je le lis avec beaucoup de plaisir et de délectation.

Voici une critique de ce roman.

Le polar se porte donc bien outre-pyrénées, et Juan Gomez-Jurado est le digne successeur d' auteurs comme Manuel Vasquez Montalban ( et son personnage fétiche le détective catalan Pepe Carvahlo) et Lorenzo Silva ( avec son couple  d' enquêteurs de la Garde civile Bevilacqua et Chamorro ).

Ces deux derniers  auteurs nous proposaient des personnages bien ancrés dans la réalité politique et sociale espagnole ( un peu comme Maigret l' était pour pour la France) tandis qu' avec Gomez-Jurado, on a affaire à une nouvelle génération de jeunes auteurs qui écrivent des histoires à l' américaine qui n' ont rien à envier à leurs illustres modèles anglo-saxons.

CICATRICE est bien meilleur, par exemple, que le roman anglais LA FILLE DU TRAIN de Paula Hawkins dont on a fait grand bruit et qui, après un bon début très alléchant, se révèle finalement bien décevant à la lecture ( NB: il parait que le film adapté du livre qui vient de sortir sur les écrans est assez moyen-moyen...je vous en reparlerai dès que je l' aurai vu).

PS: j' ai pratiquement tout lu de Lorenzo Silva qui est un grand auteur mais malheureusement ses livres n' ont pas été traduits en français...et il y en a au moins un qui a reçu le prix Planeta et qui mériterait une traduction pour tous ceux qui s' intéressent à l' Espagne d' aujourd' hui. Il s' agit de La marca del meridiano qui propose. à travers une enquête de Bevilacqua, une vraie réflexion sur la corruption qui mine le pays.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lorenzo_Silva

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 06:50

Bonjour les amis,

Je n' avais jusqu' à ce jour jamais rien lu de Guillaume Musso mais c' est maintenant chose faite.

Tout d' abord, je dois vous expliquer que j' avais des réticences avec l' auteur car ses livres sont presque tous des best-sellers, et comme souvent dans ces cas-là, la qualité littéraire n' est pas au rendez-vous.

Je suis donc allé vérifier par moi-même, sur la pointe des pieds, et j' ai lu un de ses derniers romans intitulé DEMAIN.

Demain...un page-turner qui va à mille à l' heure

Vous ne m' en voudrez pas de ne rien révéler de l' histoire mais elle contient tant de surprises pour le lecteur que ce serait vraiment un pêché que d' en dévoiler le moindre élément.Voici ce qu' on peut lire dans la présentation au dos du livre:

Elle est son passé...... il est son avenir.
Emma vit à New York. À 32 ans, elle continue à chercher l'homme de sa vie. Matthew habite à Boston. Il a perdu sa femme dans un terrible accident et élève seul sa petite fille.
Ils font connaissance grâce à Internet et, désireux de se rencontrer, se donnent bientôt rendez-vous dans un restaurant de Manhattan.
Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte de l'établissement, sont conduits à la même table et pourtant... ils ne se croiseront jamais.
Jeu de mensonges ? Fantasme de l'un ? Manipulation de l'autre ? Victimes d'une réalité qui les dépasse, Matthew et Emma vont rapidement se rendr
e compte qu'il ne s'agit pas d'un simple rendez-vous manqué...

C' est un roman qu' on peut classer dans la catégorie thriller fantastique.Ce livre est un page-turner, c' est à dire que dès qu' on le commence on le feuillette nerveusement jusqu' à la fin.On ne le lâche pas...Je l' ai lu en moins de 48 heures.

Il faut donc reconnaître à son auteur un sens certain de la narration, l' art de relancer l' attention presqu' à chaque page,et de maintenir le rythme de manière haletante jusqu' au bout..A aucun moment je n' ai été tenté d' abandonner ce roman, trop curieux d' en connaître le dénouement ( que j' ai bien aimé).

Le style de Musso est simple, clair , précis, fait de phrases courtes.Le récit est découpé en scènes successives qui ressemblent à un scénario de film.On peut parler d' écriture cinématographique.D' ailleurs, j' avais l' impression de voir un film se dérouler sous mes yeux en le lisant.J' imaginais même le nom des acteurs qui pourraient l' interpréter: Ben Afflleck du côté de Matthew, Jeanne Tripllehorn du côté d' Emma, et Charlize Theron pour Kate ou alors Nicole Kidman ou Sharon Stone quand elles étaient jeunes....

Il y a tant de rebondissements qu' on pourrait se dire que c' en est trop, mais en même temps, c' est ce qui fait tout l' intérêt de cette histoire qui possède une trame drôlement bien ficelée.

Par ailleurs, j' aime les brèves descriptions de Musso car on sent qu' il connaît bien les endroits qu' il décrit.Il sait nous installer rapidement, avec réalisme et précision, dans chacun des lieux où se déroule l' intrigue.Il ne se perd pas en longues digressions inutiles.

Un seul bémol toute fois.Ses personnages sont souvent des êtres exceptionnels, un peu trop même, des " wonderful people " qui nous font rêver, un peu comme au cinoche.Certains d' entre eux cumulent tant de compétences diverses qu' ils manquent un peu de crédibilité.

Leur psychologie est bien définie mais assez sommaire également.Certaines situations sont à la limite de la vraisemblance, mais ce n' est finalement pas ce qui importe le plus.

Ce n' est pas non plus une analyse psychologique du couple et de l' amour qu' il nous propose mais plutôt une histoire endiablée qui va à mille à l' heure.On s' accroche à ses personnages de la même manière qu' aux mille et une péripéties de ces couples romantiques qui nous ont tant séduit dans les films d' Hitchcock.

C' est finalement un livre tout simplement réjouissant.

Par ailleurs, il est à noter que de nombreux auteurs européens comme Joel Dicker nous présentent des récits à l' américaine avec un vrai savoir-faire qui n' a rien à envier à leurs maîtres d' outre-atlantique.

En ce qui concerne Guillaume Musso, comment ne pas penser à Stephen King. L' une des seules différences que j' ai trouvé entre les deux auteurs c' est que les personnages de Stephen King ont des petites faiblesses, des talons d' Achille, qui nous les rendent humains et plus proches de nous tandis que ceux de Musso sont un peu plus au dessus du lot du commun des mortels.On les admire mais on peut moins facilement s' identifier à eux.Ce sont des vrais héros !

Voici comment j' imagine le personnage d' Emma

Demain...un page-turner qui va à mille à l' heure

Et celui de Kate...

Demain...un page-turner qui va à mille à l' heure

Et celui de Matthew

Demain...un page-turner qui va à mille à l' heure

Alors si vous avez envie de vivre une histoire extraordinaire qui fait un peu rêver sans se prendre la tête, n' hésitez pas les amis.

Je vous recommande chaudement DEMAIN De Musso.

PS: J' ai raconté à ma fille l' histoire du roman et elle a reconnu dans l' un des éléments-clé du récit une idée principale qui apparaît dans un film américain que je n' ai pas vu mais qui est antérieur au roman.Musso réadapte l' idée donc, mais en utilisant avec brio les nouvelles technologies de notre siècle.

PS nº 2: Conformément à ce que je vous avais annoncé dans mon article au sujet de 22-11-63, le roman de Stephen King a été adapté à l' écran dans une série télévisée

http://alea-jacta-est.ex-posteur.over-blog.com/2015/10/22-11-63.html

Appréciez le teaser ! De quoi mettre l' eau à la bouche, non ?

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 17:33

Bonjour les amis,

Je viens de voir un polar espagnol intitulé CIEN AÑOS DE PERDÓN qui vient de sortir sur les écrans.Un film réalisé par Daniel Calparsoro qui raconte une histoire de braquage dans le contexte actuel d' une Espagne secouée par les affaires de corruption.

Tout commence par un récit conventionnel d' une bande de malfrats ( 3 argentins et un gallegue) qui vont braquer une banque à Valencia ( capitale de ma région) pour s' attaquer aux coffres et emporter rapidement le plus gros butin possible.

L' attaque se fait avec prise d' otages et on apprend très vite que l' équipe a un plan pour s' échapper et tromper la vigilance de la police.Comme toujours dans les bons polars, il y a un élément imprévu qui va compliquer le scénario initial prévu par les malfrats.Il se trouve que justement , le jour de l' attaque, tombe une pluie torrentielle sur Valencia ( phénomène rare et violent que j' ai connu plusieurs fois et qu' on appelle ici la gota fria, la goutte froide...).Cette pluie torrentielle va rendre impossible le plan de fuite par les égouts de la ville.

Rapidement on apprend que l' un des membres du groupe a été chargé d' une mission par un mystérieux commanditaire appartenant à un parti politique: récupérer le contenu du coffre 311 qui contient un ordinateur dans lequel sont stockés des informations qui pourraient faire tomber le gouvernement en place...

Je n' en dis pas plus mais tous ceux qui vivent en Espagne reconnaitront des éléments extraits de notre actualité politico-judiciaire, notamment l' affaire Barcenas.

La réalisation est très nerveuse, rythmée,et les acteurs interprètent très bien les personnages de braqueurs.Ils sont plus vrais que vrai...

Le film commence avec un premier négociateur, qui sera ensuite remplacé par un autre dont le motivations sont plus troubles.Tout se complique donc, tant au sein de l' équipe de truands où apparaissent des tensions qu' en ce qui concerne les forces de l' ordre dont on ne sait plus si elles ont intérêt à laisser s' échapper les truands ou, au contraire, si elles doivent les arrêter par tous les moyens même au risque de mettre la vie des otages en danger.Un jeu de bluffs mutuels s' installe entre les truands et le négociateur.

Il y a aussi dans ce film beaucoup d' ironie.On apprend par exemple que le chef des truands argentins avait réussi à faire sortir son fric d' Argentine ( le fameux corralito) pour venir se réfugier en Espagne, mais que là, ce sont les banquiers espagnols qui vont le déposséder avec les fameux produits toxiques ( preferentes) dont je vous avais déjà parlé.C' est le comble ! Dans ce film les banquiers y apparaissent encore plus voleurs que les casseurs de coffre-forts ( et là, je suis très bien placé pour vous dire que le film n' éxagère pas...).Donc il y a aussi dans ce film tendu et nerveux de gros éclats de rires et une certaine auto-dérision.

Enfin, je ne sais pas si ce film va être distribué dans quelques mois à l' étranger mais il est clair qu' il va beaucoup perdre à la traduction.En effet, les dialogues sont savoureux, notamment ceux des argentins qui parlent avec un accent très particulier et avec des expressions très imagées qui leur sont propres.Ils sont vraiment géniaux, ils crèvent l' écran, et tout le charme de ces dialogues est difficilement traduisible...

Je pense que c' est la part la plus réussie du film: ces dialogues très enlevés...Rodrigo de la Serna interprète le rôle de chef du gang de façon magistrale.Il m' a subjugué pendant toute la projection.Il y a aussi un des truands qui est sympa mais un peu simplet et gaffeur magnifiquement interprété par Joaquin Furriel, un jeune acteur argentin.

L' action se poursuit avec un rythme qui ne retombe jamais jusqu' à la dernière seconde.

C' est un film que je conseillerais à tous ceux qui comprennent l' espagnol, et aux autres, je leur dirais que je ne sais pas si c' est un bon film mais qu' il ressemble à l' Espagne d' aujourd' hui.Ce sont des personnages d' après-crise...Même la Directrice de l' agence bancaire trahit les siens et se met du côté des braqueurs car elle a elle-même été lâchée par sa hierarchie après avoir trompé sa clientèle pour eux.

Ça, c' est vraiment pas inventé...et ça s' inscrit très bien de manière très naturelle dans la narration.

Le contexte de l' Espagne actuelle est donc très bien retranscrit mais ça reste malgré tout un film d' action, et on se demande jusqu' à la fin comment tout ça va se terminer...

Au début du film on est très pris par la violence de la situation et par l' ambiance très tendue du braquage, mais à la fin du film le spectateur a plus de sympathie pour les braqueurs que pour les autorités.Il se produit une inversion des valeurs...d' ailleurs l' affiche le dit bien en sous-titre: qui vole qui ?

En sous-titre du film on peut lire: Qui vole qui ?

En sous-titre du film on peut lire: Qui vole qui ?

A L' Hatem: si tu as l' occasion de le voir en VO, ne le rate pas mon ami...tu vas te régaler avec les argentins !

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