Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 07:42

Bonjour les amis,

Après la pluie de récompenses qui vient de tomber sur LA LA LAND de Damien Chazelle ( sans compter les 14 nominations aux Oscars ), il était difficile de résister davantage sans aller voir ce film.

Donc j' y suis allé, et force est de constater que la magie du grand cinéma américain opère toujours.

Ce film ne tient pas la comparaison avec certaines des grandes comédies musicales des années 50 si on s' en tient aux grandes choréographies millimétrées, à la perfection technique, et aux grands numéros époustouflants des acteurs-danseurs de l' époque mais le propos du réalisateur n' est pas de rivaliser avec ces grandes productions du passé.

Son film est plutôt un hommage  à ce cinéma qui nous a fait rêver et Damien Chazelle nous invite à chanter et à danser d' une manière naturelle et sensible en recréant un univers magique.

LA LA LAND...ou quand la magie d' Hollywood opère toujours !

Pour le reste, et par rapport à ce qu' on peut attendre d' une comédie musicale,tout y est.

- L' histoire entre ces deux personnages romantiques qui veulent réaliser chacun leurs rêves. Mia qui désire être actrice et Sébastien, talentueux  pianiste qui veut ouvrir une boîte de jazz qui remette à l' honneur ce genre musical.

- La musique du film , fondamentale dans une comédie musicale,qui emprunte beaucoup au Jazz.Elle est parfois très rythmée mais offre aussi des passages  très romantiques et nostalgiques.

- Le rythme.C' est le plus important dans une comédie musicale.Ne pas perdre le rythme, et c' est le cas dans ce film.On se laisse porter , au rythme des saisons, par les déboires, aléas et péripéties que traverse ce couple.

- Le charisme du couple formé par Emma Stone et Ryan Gosling. Ils sont tous les deux top classe.

- Le Cadre.La ville de Los Angeles est magnifiquement photographiée, avec ses ciels magiques et irréels,aux couleurs saturées.Son ambiance urbaine restylisée de manière romantique.On en redemande !

- La photo.Encore une fois c' est du grand art.Les couleurs dominantes et les lumières très travaillées.On pourrait extraire une grande photo de chaque scène.C' est un régal des sens.

LA LA LAND...ou quand la magie d' Hollywood opère toujours !

Bref, je suis bon public et je me suis laissé emporter avec délice par cette histoire très romantique, totalement séduit par le glamour des deux protagonistes.

Jusque là, tout allait très bien donc, mais je ne m' attendais pas à une surprise finale avec un élément narratif non conventionnel ( dont je ne peux parler).

Il y a à la fin du film une scène vraiment magique, magique, magique....une scène inoubliable, tout comme la scène des baisers de Cinéma Paradiso.

Une scène filmée avec virtuosité qui, à elle seule, mérite qu' on aille voir ce film.Une scène qui va vous parler à vous tous, et qui vous rejettera forcément à un moment ou à un autre de votre vie.

Je n' en dis pas plus !!!!

Cette scène, elle est GEANTE et elle restera dans l' histoire du cinéma !

Je suis sorti de la salle de cinéma avec les pieds qui ne touchaient plus vraiment le sol...Le charme d' Hollywood avait frappé encore une fois !

 

Repost 0
27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 16:16

Bonjour les amis,

Comme d' habitude j' ai un petit métro de retard, et je viens de voir cette semaine " Frantz" de François Ozon.

Voici un bref résumé de l' argument dramatique.

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

Ozon signe un film très académique, avec une reconstitution soignée de l' époque de l' immédiate après-première guerre mondiale,en utilisant de manière judicieuse le noir et blanc ( et en réservant l' usage de la couleur à certaines scènes).

Son film commence sur un mystère car on sent bien, dès le début, que le personnage d' Adrien n' est pas seulement qu' un ami de Frantz.

On se doute qu' il y a une situation fausse, ce qui génère un vrai malaise chez Adrien ( et aussi chez le spectateur).L' interprétation de Pierre Niney est assez époustouflante, tout en retenue, pleine de pudeur...Tout est dans le non-dit, dans le regard, dans les expressions. Ozon arrive à créer des ambiances tendues sans qu' il ne se passe pratiquement rien à l' écran.

Anna, la fiancée de Frantz essaie vainement de surmonter son deuil.Sa beauté suscite des convoitises dans le village. Paula Beer interprète avec beaucoup de justesse et de charisme la souffrance de cette jeune fiancée qui vient de perdre l' homme à qui elle s' était promise.Son visage rayonne et exprime à la fois la douleur,l' espoir et le désir de vivre.Elle est tout simplement sublime.

Dans la première partie du film, le spectateur souffre avec nos deux héros jusqu' à ce qu' Adrien finisse par libérer sa conscience.

Et à partir de ce moment-là,on quitte l' Allemagne et on revient en France où  le film s' engage dans une direction qui désoriente et intrigue le spectateur.

Adrien, sans le vouloir, a inversé une situation psychologique.Adrien est à la fois artiste, poète, et pacifiste tout comme Frantz l' était et il s' est produit une forme de transfert dont sera victime Anna.

Finalement c' est elle, Anna, la grande héroïne du film, elle qui va connaître deux grandes histoires d' amour complètement frustrées.

Quand le film se termine, on ressent un profond sentiment de déchirement...On est bouleversé.

Revenons à la facture de ce film.

Ozon a eu la bonne idée de faire des dialogues en allemand quand le film se déroule en  Allemagne , et en français lorsqu' il se déroule en France.C' est parfait et ça nous plonge de manière authentique dans chacun de ces deux pays.Au début du film, je trouvais que les dialogues allemands sonnaient un peu faux, froids et artificiels, mais ça s' arrange très vite dès que les liens entre Adrien et la famille de Frantz se resserrent.

Je n' insisterai pas sur les péripéties, et sur les autres personnages du film.

"Frantz" nous replonge dans une époque absurde de xénophobie, de patriotisme exacerbé,débile et criminel...

Le film dénonce les mensonges et les responsabilités des générations plus âgées qui ont envoyé leurs propres enfants à la grande boucherie.Mais tout ça, on le savait déjà...

Le film nous interpelle également sur le fait que deux pays qui sont culturellement si proches,  et qui ont tant de richesses artistiques à partager en sont venus à s' entre déchirer en sacrifiant leur jeunesse de la manière la plus absurde.

Mais ce qui émeut vraiment dans ce film c' est le personnage d'  Anna.C' est un magnifique rôle féminin qu' Ozon a offert à Paula Beer.

Anna, victime de la bêtise et de la barbarie humaine qui l' amputent de l' amour de sa vie...Anna qui se reprojette avec Adrien qui ne se rend pas compte qu' il est en train de provoquer des sentiments qui lui échappent.

Cette partie-là du film est la plus réussie de mon point de vue et nous rappelle des épisodes que nous avons tous vécu ou dont nous avons tous été témoin.

En effet, parfois, certaines personnes agissent comme Adrien,sont prostrées au fond de  leurs affres,ne voient plus qu' elles-mêmes, essaient de résoudre leurs graves dilemmes personnels et ne se rendent pas compte qu' elles sont en train de provoquer des bouleversements dans la  vie des autres.

Anna,c' est une héroïne magnifique,sensible,élégante,féminine,pudique,courageuse,forte et fragile,rayonnante,aimante,délicate et si belle ...C' est un personnage qui marque.C' est Anna qui permet à ce film d' être un grand film et qui lui donne un véritable souffle romantique.

 

 

 

 

 

A propos de "Frantz" de François Ozon
Repost 0
6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 17:54

Bonjour les amis,

Je viens de lire la nouvelle de Chateaubriand intitulée le dernier des Abencerages suite au billet que Rosemar lui a consacré ICI.

Au début du texte Chateaubriand fait référence à une phrase historique très connue en Espagne, une phrase que la sultane Aixa,mère du Roi Boabdil, avait prononcé à son fils qui avait perdu le royaume de Grenade.Voici un extrait:

Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d'abandonner le royaume de ses pères, il s'arrêta au sommet du mont Padul. De ce lieu élevé on découvrait la mer où l'infortuné monarque allait s'embarquer pour l'Afrique ; on apercevait aussi Grenade, la Véga et le Xénil, au bord duquel s'élevaient les tentes de Ferdinand et d'Isabelle. A la vue de ce beau pays et des cyprès qui marquaient encore çà et là les tombeaux des musulmans, Boabdil se prit à verser des larmes. La sultane Aïxa, sa mère, qui l'accompagnait dans son exil avec les grands qui composaient jadis sa cour, lui dit :

" Pleure maintenant comme une femme un royaume que tu n'as pas su défendre comme un homme ! " .

Cette phrase historique, je l' avais entendue en Espagne.Elle est reprise parfois de manière imagée pour caractériser des comportements faibles de responsables politiques ou de groupes sociaux qui n' ont pas su lutter comme il fallait pour préserver leurs biens ou leurs acquis.

Il y a juste un petit problème en 2015: cette phrase est très sexiste et elle est devenue politiquement assez incorrecte.Effectivement un professeur de lettres ou d' histoire pourra la citer en classe mais en la resituant dans le contexte historique d' une société où les hommes étaient censés être forts et défendre les femmes appartenant au sexe dit " faible"...C' est d' autant plus gênant que la phrase est prononcée par la mère de Boabdil, et que c' est donc une femme qui propage cette idée reçue et ce préjugé contre les femmes...

Malgré tout la phrase garde une certaine valeur intéressante et on pourrait la réactualiser de la manière suivante.

"Ne pleure pas comme un lâche ce que tu n'as pas su défendre avec courage"

" N' ajoute pas l' indignité à la honte"

Bon,entre nous, là je la trouve très très sévère Maman Boabdil.C' est déjà suffisemment pénible de perdre une guerre et d' être contraint à l' exil mais si en plus Maman vient traiter son fils comme la dernière des mauviettes, il y a de quoi ne plus jamais s' en remettre...

Pauvre Boabdil !

Allez les amis,revenons à Chateaubriand. Je vous remets un extrait de ce texte romantique avec une très belle description de ces danses andalouses qui envoûtent....

Une des jeunes femmes commence à jouer sur la guitare l'air de la danse étrangère. La fille de don Rodrigue ôte son voile et attache à ses mains blanches des castagnettes de bois d'ébène. Ses cheveux noirs tombent en boucles sur son cou d'albâtre ; sa bouche et ses yeux sourient de concert ; son teint est animé par le mouvement de son coeur. Tout à coup elle fait retentir le bruyant ébène, frappe trois fois la mesure, entonne le chant de la Zambra et, mêlant sa voix au son de la guitare, elle part comme un éclair.
Quelle variété dans ses pas ! quelle élégance dans ses attitudes ! Tantôt elle lève ses bras avec vivacité, tantôt elle les laisse retomber avec mollesse. Quelquefois elle s'élance comme enivrée de plaisir et se retire comme accablée de douleur. Elle tourne la tête, semble appeler quelqu'un d'invisible, tend modestement une joue vermeille au baiser d'un nouvel époux, fuit honteuse, revient brillante et consolée, marche d'un pas noble et presque guerrier, puis voltige de nouveau sur le gazon. L'harmonie de ses pas, de ses chants et des sons de sa guitare était parfaite. La voix de Blanca, légèrement voilée, avait cette sorte d'accent qui remue les passions jusqu'au fond de l'âme. La musique espagnole, composée de soupirs et de mouvements vifs, de refrains tristes, de chants subitement arrêtés, offre un singulier mélange de gaieté et de mélancolie. Cette musique et cette danse fixèrent sans retour le destin du dernier Abencerage : elles auraient suffi pour troubl
er un coeur moins malade que le sien.

Ces citations historiques devenues politiquement incorrectes

Bonne fin de soirée les amis

PS: si vous avez quelques citations intéressantes ou assez justes mais devenues un peu incorrectes, n' hésitez pas à me les faire partager...

Vous vous souvenez de Charles de Gaulle parlant du peuple juif comme un peuple d' élite !

...politiquement incorrect mais il n' avait pas tout à fait tort...

Repost 0